• novembre 30, 2021
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Vins biologiques Un marché en évolution

Vins biologiques  Un marché en évolution

La Chambre d’agriculture a co-organisé une conférence sur le marché du vin bio, à l’issu d’un dialogue avec SudVinBio, l’AOC Cahors et l’IGP côte du Lot, à Anglars-Juillac le 28 octobre. Trois intervenants sont venus présenter leurs expériences et l’évolution du marché en plein essor.

Face à l’augmentation des conversions des vignerons en bio sur ces deux dernières années, on assiste à un bouleversement de la structuration du marché du vin. Le vin bio se développe fortement sur la région y compris dans le Lot. Un tiers du vignoble du Lot est en bio actuellement, proportion qui progresse au fil des ans. De nombreux vignerons se posent donc la question de savoir si le marché restera porteur dans les 10 ans à venir.

Pour tenter de répondre à cette question, la Chambre d’Agriculture a organisé cette conférence en invitant plusieurs spécialistes :

  • Gérard Bertrand, vigneron en biodynamie et consultant. Leader sur le marché du vin bio à l’internationale.
  • Thierry Duchenne, Président de Sudvinbio.
  • Olivier Jean, vigneron en bio à Gaillac.

Qualité du vin
Gérard Bertrand a expliqué la genèse de la production en vins bio et du marché du vin bio. Il a détaillé les techniques de production qu’il utilise et donné des conseils sur les modes de production en bio et biodynamie et sur l’insertion pour des viticulteurs en conversion sur les marchés les plus porteurs. Il a précisé que les études de l’INRA démontrent que le passage en bio ou biodynamie améliore considérablement la vie microbienne et bactériologique des sols.
Thierry Duchenne a balayé le contexte du marché du vin bio en France en Occitanie et dans le Lot, en précisant l’évolution des dernières cotations par appellation, des chiffres qui ont attiré l’attention des participants. En mettant l’accent sur la valorisation du vin en première, deuxième et troisième année de conversion. Sudvinbio a crée un label « CAB », permettant la valorisation du vin dès la première année de conversion. Il a précisé que le vin bio bénéficie d’une excellente segmentation de marché, permettant de se protéger des prix de la Grande Distribution et bénéficier de toute la plus-value liée au passage en bio.
Actuellement le marché s’avère porteur en terme de prix et de volume.

Olivier Jean a partagé son expérience de viticulteur en bio sur le vignoble de Gaillac, depuis plus de 10 ans. Il a détaillé avec franchise le passage en bio soulignant les contraintes comme les avantages. La viticulture en bio demande beaucoup de temps et une exigence technique supérieure pour être réussie. Olivier Jean a souligné la nécessité de créer de nouvelles gammes de produits et de sortir des propositions traditionnelles pour initier une nouvelle image et valoriser son prix. Selon lui, le passage en bio sur un domaine donné ne peut se faire dans une continuité. Pour lui c’était une réflexion structurelle à l’échelle de son entreprise, jusqu’à la remise à jour de la présentation de sa gamme de produits.

Les vignerons ont beaucoup apprécié la teneur des débats et la sincérité des témoignages. Cette conférence représentait un premier pas vers un travail mené par la Chambre d’Agriculture avec les partenaires, pour accompagner au mieux les viticulteurs lotois dans cette phase de transition. Un dialogue déjà engagé avec la cave coopérative Vinovalie et les syndicats AOP et IGP a permis de déboucher sur un plan d’accompagnement pour les mois à venir.