• mars 25, 2022
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Foie gras : Le « tsunami » de la grippe aviaire

Foie gras :  Le « tsunami »  de la grippe aviaire

Lors d’une conférence de presse le 16 mars, le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog) a fait part de son inquiétude sur l’approvisionnement en foie gras d’ici la fin de l’année. Car la grippe aviaire sévit toujours.

« C’est un tsunami, un raz-de-marée. Nous traversons l’une des plus graves crises de notre histoire », s’est ému, Eric Dumas, le président du Cifog, le 16 mars. Car à peine le Sud-Ouest, première région productrice, sort-elle tout juste de la grippe aviaire, que l’épizootie vient toucher le deuxième bassin de production en France : les Pays de la Loire. Une situation inédite pour cette région qui fournit 20 % du foie gras français mais « surtout 72 % des canetons à engraisser », a précisé Marie-Pierre Pé, directrice du Cifog. Cette région détient aussi les deux seuls sélectionneurs de France ainsi que de nombreux élevages de reproducteurs, essentiels pour la reprise de la production. Celle-ci est toujours prévue dans le Sud-Ouest pour le 29 mars mais « le feu n’étant pas éteint dans l’Ouest », selon l’expression de Marie-Pierre Pé. Il reste quelques incertitudes quant à l’approvisionnement en jeunes volailles.

« Crise de trop »

Pour les producteurs de foie gras, cette nouvelle vague du virus H5N1 est la « crise de trop ». C’est en effet la quatrième crise que connaît la filière en sept ans : 2015-2016 ; 2016-2017, 2020-2021 et 2021-2022. A chaque fois, des mesures drastiques ont été prises pour limiter la circulation du virus : mise en place de bandes uniques, sécurisation des transports (avec désinfection) ; mise à l’abri et dépeuplement préventif… Mais le virus continue sa progression sur le continent asiatique, en Europe et même aux Etats-Unis (lire encadré). L’Anses a été saisie pour enquêter sur les manières dont ce virus a pu se propager. Des défauts de sécurité ne seraient pas à exclure

Chute de la production

Comme un malheur n’arrive jamais seul, les éleveurs sont aussi confrontés à une flambée des coûts de production. « Sur une base 100 en 2014, nous avons atteint 138 en 2021 », a précisé Marie-Pierre Pé. Contrainte supplémentaire : « Certaines grandes surfaces refusent de répercuter cette hausse globale », s’agace-t-elle. « Cette somme de difficultés inédites » amenuise encore plus une offre de foie gras qui pourrait être réduite en fin d’année. Les stocks de 2021 sont au plus bas voire épuisés la production de l’an dernier a atteint l’un de ses plus bas niveaux historiques depuis 2017 : 11 674 tonnes en 2021 (11 630 tonnes en 2017). « Notre production 2021 a chuté de 20 % en comparaison de 2020 et de 30 % par rapport à 2019 », a souligné la directrice de l’interprofession. Il y a seulement huit ans, en 2014, la production française atteignait 26 600 tonnes.