• avril 6, 2023
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Filière caprine : Des enseignements pour assurer la durabilité des élevages

Filière caprine : Des enseignements pour assurer la durabilité des élevages

Le séminaire de clôture du programme régional caprin Cap&-Go s’est déroulé à Vaylats le 14 mars. Éleveurs et techniciens de toute la région ont pris connaissance des conclusions avancées pour améliorer l’autonomie fourragère des élevages et diminuer leur dépendance aux achats extérieurs.

 

La filière caprine est l’une des plus dynamiques dans notre région comme ailleurs, les consommateurs appréciant de plus en plus les produits à base de lait de chèvre. Les élevages se développent mais une étude a montré que ceux du sud-ouest ont un niveau d’autonomie fourragère de 79 %, niveau inférieur à celui d’autres régions. C’est pourquoi le GIE Elevage Occitanie a lancé ce programme de recherche qui est labellisé GOPEI et bénéficie des aides de l’Europe et de la Région. Son objectif est de dégager les pistes pour améliorer la durabilité des élevages en augmentant leur autonomie fourragère, et diminuer ainsi leur dépendance aux intrants dont les prix flambent. Cette démarche doit apporter des solutions à plusieurs niveaux, maîtriser les charges d’exploitation, s’adapter aux aléas climatiques ou rendre les élevages moins dépendants de la volatilité des prix des intrants. Elle passe par la mise en réseau de groupes d’éleveurs motivés qui ont expérimenté diverses méthodes de travail et échangent leurs conclusions afin d’en faire bénéficier toute la filière. 22 éleveurs ont ainsi participé à ce programme, avec des cheptels très variés de 50 à 400 chèvres, et des modèles multiples (laitiers, fromagers, mixte) dont 4 éleveurs caprins lotois et 1 éleveur aveyronnais en production de fromage AOP Rocamadour. Les techniciens caprins ont aussi été mis en réseau avec les conseillers spécialisés fourrage afin de valoriser la complémentarité de leurs connaissances.

 

Autonomie alimentaire

Ces élevages présentaient une forte hétérogénéité sur l’autonomie alimentaire avec une bonne autonomie en fourrages grossiers mais faible en concentrés, et une difficulté à obtenir des fourrages avec un bon équilibre énergie et matière azotée. L’objectif a donc été d’augmenter la part des protéines produites sur l’exploitation. La solution principale a consisté à développer les cultures de méteils et de légumineuses fourragères. Cela passe par la diminution des cultures de vente au profit de ces fourrages ou de concentrés produits sur la ferme à partir des méteils. Les élevages ont également travaillé sur l’amélioration de la qualité de leurs prairies. En effet, un fourrage de haute qualité présente tous les avantages : équilibre nutritionnel, résistance à la sécheresse, possibilité de le pâturer. Il doit être riche en fibres et en azote.

 

Ateliers d’échanges

Les participants ont pu échanger au cours de deux ateliers organisés sur place. Le premier était consacré à la valorisation du pâturage avec le choix des espèces de plantes les mieux adaptées, la définition du meilleur temps de retour des animaux, le suivi de la pousse des prairies notamment leur résistance à la sécheresse. Ce dernier point est aujourd’hui le facteur le plus limitant dans le contexte actuel de changement climatique. Plusieurs éleveurs ont témoigné sur leurs vécus et leurs résultats, engageant des échanges fructueux. Le second atelier, animé par Valérie Dufourg de la Chambre d’agriculture, était orienté sur l’obtention de fourrages de haute qualité, c’est à dire suffisamment fibreux et riches en azote. Il s’est penché sur l’obtention de ce type de fourrage équilibré, mettant en avant les solutions testées sur le terrain. Enfin, le volet agronomique a été approfondi par Fabien Bouchet-Lannat de la Chambre d’agriculture, qui a présenté le lien entre la fertilité du sol et la qualité d’un fourrage, en particulier la luzerne. Après cette matinée en salle, les participants ont pu visiter la ferme caprine du mas de Raounel chez Lilian Gouraud. Charlotte Bayle, du GDS46, a réalisé une démonstration des équipements testant la méthode d’approche globale santé reposant sur les mesures bioélectroniques. Elle a, par ailleurs, insisté sur l’influence des courants électriques dans les bâtiments. Les chèvres étant très sensibles, il convient de les détecter pour éviter leurs nuisances. Tous les éleveurs peuvent demander une intervention du GDS 46 sur le mesures en partenariat avec les conseillers d’élevage.