• janvier 4, 2024
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Convertir son élevage en bio : Les éleveurs découvrent les clés de la réussite

Convertir son élevage en bio : Les éleveurs découvrent les clés de la réussite

Un groupe d’éleveurs Lotois souhaitant se convertir en bio suivent une formation pour découvrir les clés de la réussite de cette transition. Pendant deux jours, ils approfondissent la démarche de certification et les nouveaux schémas à intégrer.

 

Les conversions des élevages en bio continuent sur notre département qui présente de nombreux atouts pour ce type de production sous ce signe officiel de qualité. Avec un territoire très préservé au niveau environnemental et un mode d’élevage pastoral assez extensif, franchir la pas de la filière bio s’avère envisageable pour de nombreux éleveurs. Malgré cette apparente facilité, il convient cependant de se poser les bonnes questions et de bien préparer cette conversion qui n’est pas anodine. C’est pourquoi la Chambre d’agriculture met en place avec l’appui de Vivéa cette formation qui permet aux participants de bien mesurer l’engagement qu’ils prennent et les nouvelles façons de travailler qu’ils vont devoir intégrer. Pour assurer cet enseignement, la conseillère bio de la Chambre d’agriculture, Georgia Saunders, fait appel à deux spécialistes, Camille Rougié, technicienne Ecocert (organisme certificateur),et Stéphane Doumayzel (conseiller bio à la Chambre d’agriculture de l’Aveyron).

 

Démarche de certification

La certification en élevage bio exige le respect d’un cahier des charges très strict qui est édicté au niveau Européen. Le principal organisme de certification, Ecocert, dont le siège est dans le Gers, envoie ses contrôleurs à l’improviste sur les fermes pour passer en revue tous les critères du cahier des charges (achats extérieurs de l’exploitation, produits utilisés, maîtrise des risques, des pratiques agricoles…). C’est une démarche extrêmement contrôlée qui nécessite une période de transition préalable dont la durée dépend du choix de l’éleveur, conversion simultanée des terres et du cheptel ou conversion progressive. Camille Rougié a présenté le contenu des obligations du cahier des charges puis l’audit réalisé pour vérifier leur application. L’étude d’un cas concret permet de bien mesurer tous les points analysés. Cette démarche doit donc être planifiée en amont et dans le temps sur deux à trois ans.

 

La formation se tenait à la mairie de Peyrilles

Points critiques

Stéphane Doumeizel creuse alors les points critiques de ce cahier des charges de l’élevage bio, notamment l’alimentation des animaux, leur prophylaxie, l’épandage des effluents, leur bien être (accès au pâturage, surfaces en bâtiment, aires d’exercice). Globalement, il s’agît d’adapter l’élevage au site en le liant au maximum au sol, et en renforçant l’autonomie alimentaire du troupeau. Pour l’achat des animaux à l’extérieur, il existe une base de données nationale des animaux certifiés bio dans laquelle l’éleveur doit piocher en priorité. Il soulignait que si l’éleveur envisage de changer de troupeau, il vaut mieux le faire avant d’engager la démarche de conversion de l’exploitation. Aujourd’hui, la tendance est à la conversion de la totalité de l’exploitation en bio, du sol au troupeau afin d’éviter les complications. Enfin, les semences utilisées doivent également être certifiées, qu’elles soient achetées à d’autres agriculteurs bio ou dans un groupement ou sur le site internet semences-biologiques.org.

 

Visite d’exploitation

Cette formation comprend aussi la rencontre d’éleveurs bio pour échanger et partager l’expérience. Le groupe s’est rendu à Payrignac au Gaec Bio loc du val chez Alban Capy et Catherine Gaydou. Une ferme convertie en 2013 et disposant d’un troupeau de vaches allaitantes, de poulailler de pondeuses, de pommes de terre. Des exploitants qui travaillent beaucoup en vente directe avec une clientèle locale de particuliers, de magasins et de restauration. Alban Capy soulignait la nécessité d’être au maximum autonome en alimentation car les aliments bio coûtent très chers. Il détaillait ses rotations culturales pour éviter le salissement des parcelles et nourrir convenablement le sol avec des engrais verts. Avec un chargement faible de 0,85 UGB à l’hectare, il minimise ainsi les frais d’achats de matières premières à l’extérieur. Cette visite a permis d’avoir des échanges très riches entre les participants dans une transparence totale.

 

Contact : Georgia SAUNDERS, Conseillère en AB

06.49.29.62.11.