• juin 1, 2024
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LETTRE ÉCONOMIQUE DE MAI 2024 – L’AMBIVALENCE D’UNE CÉLÉBRATION

LETTRE ÉCONOMIQUE DE MAI 2024 – L’AMBIVALENCE D’UNE CÉLÉBRATION

Pour les adeptes des célébrations d’anniversaires, ils auront l’embarras du choix cette année. Il y aura notamment celle du 300ème anniversaire de la naissance du philosophe allemand Emmanuel Kant (né en1724 et mort en 1804 à Königsberg, l’actuelle enclave russe de Kaliningrad) qui, dans un opuscule daté de 1795, traitait d’un Projet de paix perpétuelle. Le retour de la guerre sur le continent européen contrecarre assurément la noble ambition de Kant. Concernant la partie Est de l’Europe, une seconde célébration est envisageable, celle de l’élargissement en 2004 de l’UE à plusieurs pays fraîchement sortis de la tutelle soviétique. Mais là encore, les bougies d’anniversaire seront soufflées par le vent de la guerre, et aussi, bien que plus ancien, par celui de la rivalité concurrentielle qui s’est abattue sur les marchés agricoles. Vingt ans après, l’UE navigue entre deux eaux.

 

Protéger la marge des éleveurs laitiers : un aperçu par le cas des Etats-Unis

Nous sommes revenus le mois dernier sur les dispositifs de soutien contracycliques aux producteurs améri-cains de grandes cultures (entre autres), qui constituent autant de filets de sécurité pour faire face à l’alternance de prix hauts et de prix bas (programme ARC), aux périodes de prix bas (programme PLC), ou encore de dispositifs de type prix plancher (dispositifs MAL et LDP).
Les éleveurs laitiers américains ne sont pas quant à eux démunis d’outil de protection. Le Dairy Margin Coverage (DMC), qui a remplacé le Margin Protection Program for Dairy depuis la réforme de 2018, leur apporte un filet de sécurité contracyclique qui s’est avéré très utile pour les éleveurs ces derniers mois.

 

Importations ukrainiennes : comment l’Union Européenne prévoit-elle de les gérer ?

Quelques mois après le déclenchement de la guerre en Ukraine, en juin 2022, l’Union européenne (UE) avait décidé de suspendre les droits et les quotas d’importation d’importations de plusieurs matières premières agricoles en provenance d’Ukraine, afin de soutenir le pays dans son effort de guerre et pour limiter les effets de la guerre sur les marchés mondiaux. L‘afflux important de matières premières agricoles, notamment dans les pays frontaliers de l’Ukraine, a alimenté les manifestations d’agriculteurs et a conduit certains Etats à prendre des mesures unilatérales de restrictions des importations en provenance d’Ukraine. L’UE a alors proposé des mesures pour freiner les importations ukrainiennes en cas de volumes très élevés, tout en ménageant l’Ukraine dont l’économie dépend fortement des exportations agricoles. Ce « frein d’urgence » a été largement médiatisé et le texte final devrait être validé avant le 5 juin prochain. Revenons sur ce que prévoit ce texte et quelles en seront les conséquences pour les matières premières concernées.

 

Et si l’on reparlait du Brexit ?

Alors que les précédentes élections se sont déroulées dans 28 Etats membres, celles de 2024 livreront leurs résultats sans la participation des britanniques. Londres n’ayant pu finaliser sa sortie effective de l’UE avant le 30 juin 2019, les britanniques avaient conservé des sièges au Parlement européen. Ce n’est que le 1er janvier 2021 que le Royaume-Uni a quitté l’UE, après cinq longues années de négociations, ce qui signifiait le rétablissement de tarifs et de contrôles douaniers, ainsi que des mesures de vérifications sanitaires et phytosanitaires. Bien que le Brexit ait disparu des écrans radar de l’actualité économique, quel bilan peut-on dresser de ce retrait, en particulier sur le plan des échanges de produits agricoles et alimentaires ?

Consulter la lettre économique de mai 2024