- août 29, 2025
- Aucun Commentaire
- 4
Sécheresse et canicule : Les cultures fruitières et herbagères en souffrance

Les deux épisodes de forte canicule qui ont marqué cet été ont accentué la sécheresse et compliqué la pousse des cultures estivales, fourrages comme fruitiers. L’irrigation a démontré une fois encore son rôle indispensable.
Comme l’avaient annoncé les prévisionnistes météo, cet été a connu des températures anormalement élevées, signe évident du réchauffement climatique que personne ne peut plus ignorer. Les deux épisodes caniculaires de fin juin, début juillet puis celui de mi août, ont battu des records avec les quarante degrés régulièrement dépassés et jusqu’à quarante et un, voire quarante deux degrés lors de pics exceptionnels. Des conditions météo très préjudiciables aux végétaux comme aux animaux. Partout, sur les coteaux les plus arides, les arbres ont stoppé leur végétation, mettant leur feuillage au repos comme en fin d’automne, pour protéger leur survie. Ces températures extrêmes font souffrir tous les organismes vivants, dont les animaux d’élevage qui ne sont pas préparés à ces excès. Les espèces laitières, vaches, chèvres ou brebis, sont particulièrement impactées avec une chute notable de production. Les vaches allaitantes souffrent également et nécessitent un abreuvement important et régulier. Les brebis ont aussi besoin d’ombre et pâturent la nuit pour se reposer le jour. Les autres espèces, canards, volailles de chair, voient leur croissance ralentir à cause de ces fortes températures. Bref, la chaleur suffocante touche tout le règne vivant et a donc des conséquences profondes sur les élevages agricoles.
Cultures d’été
Ces conditions exceptionnelles ont malheureusement touché les cultures d’été dont la croissance et la fructification ont été contrariées. Le double effet de la sécheresse et des températures caniculaires a ralenti la pousse des végétaux. Les cultures non irriguées ont beaucoup souffert. Un impact accentué par le manque de pluie orageuse, à l’exception de certaines zones localisées du département qui ont été davantage arrosées. Les productions fruitières sont particulièrement touchées, les noyers, les châtaigniers et les pruniers non irrigués qui avaient bien fructifié au printemps, ont du mal à faire grossir leurs fruits. Les rendements vont s’en ressentir. Côté cultures, les tournesols et sojas en ont pâti. Le maïs a également beaucoup souffert tout comme les prairies qui se sont transformées en paillasses sèches. Les rendements s’annoncent donc en forte baisse par rapport à l’an dernier. Plus que jamais, l’irrigation a fait la différence en sauvant beaucoup de productions. Pour les agriculteurs, cet été vient donc confirmer la nécessité d’avoir accès à l’eau pour pouvoir s’adapter à ces nouvelles contraintes climatiques.
Témoignages

Sur la Bouriane, à Rampoux, Anthony Laborie est installé avec Pauline Carrié sur un élevage laitier de cinquante vaches doublé d’un cheptel viande de trente cinq blondes d’aquitaine. Il souligne « nous cultivons treize hectares de maïs pour l’ensilage à destination de l’alimentation des vaches laitières. Nous l’avons semé le 10 mai et il a bien poussé jusqu’à la canicule de fin juin qui est survenue au début de sa floraison. Les températures extrêmes ont brûlé le pollen et stoppé sa croissance. Bien que nous l’ayons semé sur des parcelles fraiches de fond de combe le long du ruisseau, une partie des pieds a séché et ne donnera rien. Le manque d’épis va sérieusement faire baisser sa valeur alimentaire. Heureusement, que l’année 2024 a été bonne et que nous avons pu faire des stocks car cette récolte 2025 va être très déficitaire… »

Sur le Ségala, Pascal Bories élève à Sousceyrac quatre vingt dix salers pour la production de broutards. Il constate également le dépérissement de ses prairies « la saison 2025 avait pourtant bien commencée avec de belles premières coupes de printemps tant en quantité qu’en qualité. Mais les deux épisodes de canicule ont tout arrêté. Nous avons eu quelques pluies d’orage éparses, mais bien trop faibles pour réalimenter les sols et faire repartir la pousse de l’herbe. La canicule d’août a fini de tout bloquer. J’avais pu réaliser des stocks en 2024 et je les utilise aujourd’hui pour nourrir mes animaux. Ils sont de moindre qualité mais c’est toujours mieux que rien. J’espère maintenant qu’il va réellement pleuvoir pour permettre aux prairies de reverdir et repartir… »