• novembre 10, 2025
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Innov’action 2025 : un beau salon des énergies renouvelables à Labastide-Murat

Innov’action 2025 : un beau salon des énergies renouvelables à Labastide-Murat

Une quinzaine de prestataires, partenaires de la Chambre d’agriculture, étaient présents à cette deuxième édition du salon pour accueillir les agriculteurs et répondre à leurs questions sur les projets de développement d’énergies renouvelables. Du photovoltaïque de toiture aux trackeurs et à l’agrivoltaïsme de plein champs en passant par la méthanisation, toutes les techniques ont été abordées..

Le président de la Chambre d’agriculture, Stéphane Pons, a ouvert le salon en soulignant la mobilisation de son équipe pour organiser ce grand événement, l’institution étant très impliquée dans le développement des énergies renouvelables sur les exploitations agricoles. Il remerciait d’ailleurs les membres de l’équipe qui y travaillent au quotidien : « Je remercie tous les partenaires présents, des entreprises avec lesquelles nous travaillons en confiance pour apporter le meilleur service aux agriculteurs. Cet événement permet de créer du lien entre tous les partenaires, les entreprises du secteur de l’énergie, les collectivités territoriales (municipalités et communautés de communes), les agriculteurs et les services de la Chambre d’agriculture. Les projets de production d’énergie renouvelable font désormais partie des pistes de diversification importantes pour les agriculteurs. Plusieurs solutions techniques existent et sont maintenant éprouvées et fiables. J’encourage donc tous les exploitants à s’y intéresser, soit pour diminuer leurs consommations d’énergie soit pour devenir producteur au bénéfice de la collectivité… »

L’assistance attentive lors des conférences matinales. Crédit photo : DPL

Techniques et réglementation

Les conseillers de la Chambre d’agriculture ont présenté l’évolution des volumes de production d’énergie renouvelable dans la région Occitanie et dans le Lot, une production qui débute au tournant
des années 2010 et commence vraiment à décoller depuis cinq ans. Ils ont détaillé les différentes techniques de production et les solutions pour diminuer les consommations d’énergie sur les fermes. Chaque filière agricole peut y trouver des réponses opportunes adaptées à son modèle.

La direction départementale des territoires intervenait ensuite pour présenter le programme pluriannuel de l’énergie et la loi relative à l’accélération de production des énergies renouvelables (APER), qui donne la main aux collectivités locales, les communes, pour définir des zones prioritaires d’implantation et permettre de raccourcir les délais d’instruction des projets. La Chambre d’agriculture a également été amenée à travailler conjointement avec la DDT pour identifier les surfaces du département susceptibles d’accueillir ces projets de photovoltaïque au sol au sein d’un « document cadre ». Étant entendu que tous les projets qui ne rentrent pas dans ce zonage cadre sont considérés et traités selon les règles de l’agrivoltaïsme.

La DDT précisait aussi qu’elle a mis en place une unité « développement durable » pour suivre tous ces dossiers avec une instance consultative composée de techniciens pour analyser les projets et conseiller les porteurs afin de les orienter sur le bon choix en amont du dépôt des demandes. Cette unité qui regroupe les techniciens des différentes structures impliquées analyse une dizaine de projets par an.

L’équipe énergie de la Chambre d’agriculture. Crédit photo : DPL

Rôle de la Chambre d’agriculture

Julien Vielcazal, éleveur ovin et membre du bureau de la Chambre, précisait ensuite le travail des conseillers énergie de l’institution pour accompagner les agriculteurs qui envisagent de développer un projet d’énergie renouvelable. De l’information préalable à l’analyse du poste énergie au cadrage du projet puis à la mise en relation avec les entreprises prestataires, ils amènent leur expertise et leurs connaissances des besoins pour aider les agriculteurs à faire les bons choix. Il encourageait donc tous les exploitants qui envisagent ce type de projet à se rapprocher des conseillers de la Chambre pour être accompagné.

Il remerciait également les organisations agricoles qui contribuent à la réussite de ces initiatives, le Cerfrance pour le montage juridique et économique des projets, le Crédit Agricole pour leur financement, et Groupama pour l’assurance et la gestion des risques. Ces trois organisations tenaient d’ailleurs un stand d’accueil aux côtés des entreprises prestataires qui réalisent ces installations.
A noter que le repas de midi était offert par la Chambre d’agriculture avec un magnifique buffet préparé par l’association Mangez Lotois à base des produits fermiers des producteurs du département.
Un moment convivial qui a permis la poursuite des échanges.

le buffet, concocté par l’association Mangez lotois. Crédit photo : DPL

Trois ateliers thématiques

L’après-midi était ensuite consacré aux rencontres individuelles entre les agriculteurs et les entreprises présentes, ainsi qu’à trois ateliers thématiques : à 14 h, Enedis venait présenter un principe qui a explosé (avec 92 % de croissance pour l’année 2025) en France : l’autoconsommation collective (ACC). Elle consiste au partage de l’énergie produite par des particuliers (petites/moyennes/grandes entreprises, associations, collectivités) avec d’autres utilisateurs du réseau à l’échelle d’un immeuble, d’une copropriété, d’un quartier, d’une zone d’activités agricoles ou d’une collectivité. Cette solution constitue une potentielle source de revenus complémentaires pour les agriculteurs qui surproduisent de l’énergie et peuvent désormais la mettre à disposition d’autres usagers.

Puis, la DDETSPP, la SEMLEN et les équipes de Vertigo ENR (dont 95 % de l’activité sont dédiés à des projets agricoles), ont animé un atelier sur la méthanisation, en rappelant le fonctionnement du bioprocédé, mais surtout pour évoquer les nombreux avantages que peuvent bénéficier les agriculteurs en installant un méthaniseur sur leurs exploitations pour transformer les matières organiques abondantes (déjections animales, résidus de cultures, boues, graisses, mélasses, déchets de l’industrie agroalimentaire, déchets verts et biodéchets des ménages) en vue de produire du biogaz.

Enfin, la DDT et la Chambre d’agriculture ont animé l’atelier agrivoltaïsme. L’agrivoltaïsme consiste à développer le photovoltaïque au sol pour produire des énergies renouvelables sur des terres agricoles, tout en contribuant durablement à l’installation, au maintien ou au développement d’une production agricole. Il a été décliné les différents outils existants en fonction des types d’activités :
trackers surélevés, trackers biaxiaux, haies bifaciales pour les grandes cultures ou l’élevage ; monopieux pour l’élevage, abris photovoltaïques avicoles, serres photovoltaïques pour cultures sous abris, installations pilotées au-dessus des cultures, panneaux semi-transparents pour un meilleur partage de la lumière…).

Atelier thématique sur l’autoconsommation collective. Crédit photo : DPL

Zoom sur un visiteur

En phase d’installation avec un effet au 1er janvier, Anthony DELPECH (19 ans) reprend l’exploitation de ses grands-parents en production ovin viande qu’il fusionne avec une seconde qu’il vient d’acquérir hors cadre familial : « Le photovoltaïque est une solution qui pourrait m’intéresser, car je projette la construction d’une bergerie, ainsi que d’un hangar plus tard, et me demandais s’il ne serait pas judicieux de poser des panneaux photovoltaïques sur les toits. Le salon de l’énergie était l’occasion toute trouvée d’obtenir des réponses, d’avoir un premier contact avec les acteurs du territoire, de rencontrer les différents partenaires afin d’étudier la viabilité de ces projets, d’envisager des solutions techniques plus adaptées auxquelles je n’aurais pas pensé, ou de me faire une idée sur les montants d’investissement, les prix de revient de l’électricité ou les solutions de financement possibles. Au-delà, les bâtiments sont relativement anciens avec des toits probablement amiantés (faudra-t-il prévoir son recyclage ?) : l’adaptation d’un projet photovoltaïque dessus doit être sûrement plus compliquée, mais le salon est une opportunité locale pour trouver des réponses à toutes ses questions. »