- mai 31, 2026
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Entretien. Nicolas Fournié est élu président de la ferme expérimentale d’Anglars-Juillac
Nicolas Fournié, 46 ans, a été élu président de la Ferme expérimentale d’Anglars-Juillac le 26 mai, pour une durée de trois ans. Auparavant, il occupait la fonction de vice-président depuis 2021. Il remplace Serge Bouyssou, président depuis 2018.
La ferme expérimentale d’Anglars-Juillac dispose d’une surface totale de 19 hectares, dont 15 de vignes. Depuis fin 2024, elle emploie Pauline Colin de la partie viticole. L’exploitation a aussi bénéficié du soutien du département les années précédentes, dont le nouveau président salue le travail, notamment celui d’Élisabeth Besnard, qui était la responsable technique de la ferme jusqu’au 31 décembre 2025. “J’ai voulu devenir président de la ferme d’Anglars-Juillac, car c’est quelque chose de très intéressant. Nous avons besoin de cette ferme expérimentale pour évoluer en viticulture, notamment concernant le changement climatique. La ferme a également une importante valeur historique liée au clone Malbec”, déclare Nicolas Fournié. La ferme expérimentale fournit une majorité des vignes de Cahors. “Elle joue un rôle important dans la viticulture du territoire”, assure-t-il.
Un nouveau départ
“En tant que président, je vais travailler dans la continuité des expérimentations en cours”, explique Nicolas Fournié. Cependant, il insiste sur la nécessité de repartir sur des bases solides concernant le fonctionnement de la ferme. Une initiative allant dans ce sens a d’ailleurs été prise en début d’année. “Depuis janvier, la chambre d’agriculture a mené un audit complet, pour voir si la ferme était encore viable, avec des perspectives d’avenir, car beaucoup de questions se posaient. Cela a duré quatre mois pour tout analyser et comprendre. La ferme existe depuis 1970 et il a été constaté qu’elle fonctionnait encore sur un modèle ancien, avec une charge administrative assez lourde et plutôt en vase clos”, détaille-t-il. Cependant, elle dispose encore d’atouts majeurs”, indique le président. “Il y a un matériel végétal en très bon état, un historique important d’expérimentations et elle dispose d’un conservatoire de vignes plantées avec des cépages historiques de Cahors. Mon équipe reprend une exploitation en bon état”, présente Nicolas Fournié. Il ajoute : “Au-delà de la viticulture et pour coller à la demande, la ferme va développer des ateliers de diversification pour donner envie aux viticulteurs de tenter d’autres productions avec suffisamment d’assurance et de repères technico-économiques.”
“Renouer le contact avec les vignerons”
La ferme expérimentale d’Anglars-Juillac entretient maintenant un lien très étroit avec la Chambre d’agriculture du Lot. “Christelle Lacombe, responsable du pôle environnement et végétal, chapeaute la structure administrativement. Julien Benier, conseiller viticole, s’occupera de toute la partie technique et Audrey Simao, technicienne viticole, sera là en appui administratif et technique aussi. Une personne nous aidera sûrement aussi pour l’aspect œnologique. De plus, je compte, avec mon conseil d’administration, formaliser des partenariats de développement avec les syndicats et coopératives viticoles comme avec certaines structures de R&D et des opérateurs privés”, décrit le président. En plus de ce renforcement humain, la ferme expérimentale a vocation à moderniser son fonctionnement, Nicolas Fournié poursuit : “Nous voulons accentuer la communication, pour renouer le contact avec les vignerons du territoire et susciter leur intérêt. Nous allons également développer des réunions techniques sur la viticulture, en s’appuyant sur les expérimentations réalisées à la ferme. Nous serons à l’écoute des attentes des vignerons lotois et mènerons un travail de recherches autour de cépages mieux adaptés au changement climatique. L’idée est d’arriver à reconnecter la ferme expérimentale avec le monde viticole et agricole lotois.”
“Pour 2026, nous sommes encore dans une phase de réglage, pour pouvoir mettre en place de réels changements en 2027”, explique Nicolas Fournié. Et d’ajouter : “Nous souhaitons travailler avec d’autres organisations, sur d’autres exploitations agricoles du département pour certaines expérimentations.”
