• octobre 1, 2026
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La Station expérimentale de Creysse : Laboratoire d’avenir de la filière noix

La Station expérimentale de Creysse : Laboratoire d’avenir de la filière noix

Au cœur du bassin nucicole du Sud-Ouest, la Station expérimentale de Creysse s’impose depuis près de quarante ans comme un acteur incontournable de l’innovation au service des producteurs de noix. Implantée dans le Lot, à la croisée des territoires de la Dordogne et de la Corrèze, cette structure professionnelle conjugue recherche appliquée, expérimentation en conditions réelles et diffusion de références techniques destinées à accompagner l’évolution de la filière.

Créée en 1987 à l’initiative des responsables professionnels du Sud-Ouest, la station répondait alors à un double défi : faire face à la concurrence internationale, notamment californienne, et améliorer la régularité ainsi que la qualité des productions françaises. Dès ses débuts, elle a joué un rôle majeur dans l’évaluation des nouvelles variétés issues des programmes de sélection de l’INRA de Bordeaux, contribuant activement à la modernisation des vergers français.
Aujourd’hui, la Station expérimentale de Creysse dispose d’un verger expérimental d’environ vingt hectares, complété par un réseau de parcelles de producteurs partenaires. Cette implantation au cœur de la zone de production permet de tester les innovations dans des conditions proches de la réalité du terrain. Les travaux conduits couvrent l’ensemble des problématiques rencontrées par les nuciculteurs : choix variétal, protection phytosanitaire, gestion de l’eau, fertilisation, taille, enherbement ou encore adaptation au changement climatique.
L’ambition affichée par la station est claire : développer une filière nucicole résiliente capable de relever les défis économiques, environnementaux et climatiques de demain. Pour y parvenir, elle s’appuie sur de nombreux programmes de recherche collaboratifs associant instituts techniques, organismes de recherche, universités et acteurs professionnels.

Des projets tournés vers les enjeux de demain

La protection des vergers reste un des domaines majeurs d’intervention. Le projet ParasiT explore ainsi l’utilisation de parasitoïdes oophages, notamment des trichogrammes, pour lutter contre le carpocapse du noyer et du châtaignier. Cette approche de lutte biologique vise à réduire la dépendance aux insecticides tout en maintenant une protection efficace des cultures. Les travaux portent à la fois sur l’identification des espèces les plus prometteuses, leur élevage et leur efficacité en conditions réelles.
Dans le domaine des maladies, le projet MAGIC, piloté par la station, a permis d’améliorer les connaissances sur les champignons responsables des pourritures noires du noyer. Ces maladies peuvent provoquer des pertes de récolte très importantes. Les recherches ont porté sur l’identification des agents responsables, l’étude de leur cycle biologique et l’évaluation de solutions de biocontrôle comme alternatives aux méthodes conventionnelles.
La station a également participé au projet PHAG-2S, consacré à la phagothérapie végétale. Cette technologie innovante utilise des bactériophages, virus spécifiques des bactéries, pour lutter contre les bactérioses du noyer. Les essais menés ont permis d’évaluer le potentiel de cette approche encore émergente dans les vergers français.
Parmi les projets actuellement menés, CANDIDE s’intéresse au phénomène préoccupant du dépérissement observé dans les vergers de noyers et de châtaigniers. Coordonné par SENuRA (Station expérimentale de la noix du bassin Sud Est), ce programme vise à développer un outil de diagnostic permettant aux agriculteurs et forestiers d’évaluer le risque de dépérissement de leurs parcelles en prenant en compte les facteurs climatiques, sanitaires, pédologiques et agronomiques. L’objectif est de mieux anticiper les situations à risque dans un contexte de changement climatique.
La diversification des systèmes de production constitue également un axe stratégique avec le projet FRENCH PECAN. Ce programme national ambitionne de structurer une future filière française de noix de pécan intégrée dans des systèmes agroforestiers. Les essais conduits à Creysse participent à l’évaluation de différentes variétés afin d’identifier celles capables de s’adapter durablement aux conditions climatiques françaises. Cette culture pourrait représenter une opportunité de diversification pour les producteurs confrontés aux évolutions du climat et des marchés.

Le matériel végétal, un levier d’avenir pour la filière noix

À la Station expérimentale de Creysse, le matériel végétal est au cœur des travaux de recherche menés pour préparer l’avenir de la nuciculture française. Les expérimentateurs évaluent de nombreuses variétés de noyers afin d’identifier celles qui répondent le mieux aux attentes des producteurs et aux évolutions du climat. Les essais portent notamment sur la productivité, la qualité de la noix, la résistance aux maladies et l’adaptation aux conditions pédoclimatiques du Sud-Ouest.
La station poursuit également l’étude de nouvelles variétés afin d’élargir le panel disponible pour les arboriculteurs et de renforcer la résilience des vergers face aux aléas climatiques. Héritière des travaux de sélection engagés dès les années 1980 avec les premiers hybrides issus des programmes de l’INRA, elle contribue depuis près de quarante ans à l’amélioration génétique du noyer.
Les recherches portent aussi sur les porte-greffes, dont le rôle est déterminant dans la vigueur des arbres, leur comportement face aux stress environnementaux et leur adaptation aux différents types de sols. Les références produites à Creysse permettent ainsi aux producteurs de disposer d’éléments techniques fiables pour sécuriser leurs choix de plantation et construire des vergers performants, durables et adaptés aux défis de demain.

Une référence technique pour la profession

Au-delà de l’expérimentation, la Station expérimentale de Creysse joue un rôle central dans le transfert des connaissances vers les producteurs. Journées techniques, portes ouvertes, publications, fiches techniques et essais d’homologation constituent autant de moyens de diffuser les résultats obtenus. Certifiée BPE (Bonnes Pratiques d’Expérimentation) depuis 2006, elle réalise également des prestations d’évaluation de produits et de méthodes pour ses partenaires.
Face aux défis croissants liés au changement climatique, à la réduction des intrants et à la compétitivité des exploitations, la Station expérimentale de Creysse apparaît plus que jamais comme un outil collectif stratégique. En faisant le lien entre recherche scientifique et réalité du terrain, elle contribue à construire les références techniques qui façonneront l’avenir de la filière noix française.
Source : https://www.stationexperimentaledecreysse.fr/

 

Crédit Station Creysse

Doriane ATCHADE

Un regard neuf pour faire rayonner la station de Creysse

Arrivée à la station expérimentale de Creysse le 1er décembre 2025, Doriane Atchade en assure aujourd’hui la coordination avec une ambition claire : préparer la station aux défis de demain. Originaire des Pyrénées et ayant grandi dans les plaines de l’Adour, elle nourrit depuis l’âge de 14 ans le projet de devenir agronome. Après un parcours scientifique, une classe préparatoire, un IUT puis AgroParisTech, elle s’est spécialisée dans les questions d’agriculture urbaine et périurbaine, avec une réflexion de fond sur la souveraineté alimentaire et les liens entre ville et campagne.
Attirée par la filière noix pour son fort ancrage territorial et sa capacité à créer de la valeur, elle apprécie particulièrement la diversité des acteurs qui la composent. Mise à disposition de plusieurs structures, dont la Station expérimentale, l’interprofession A2NF et l’AOP Noix du Périgord, elle revendique une vision à 360° mêlant recherche, qualité sous signe officiel, médiation et développement territorial. Son rôle consiste à construire des bases solides pour l’avenir, en mettant en place des outils de pilotage, des indicateurs d’aide à la décision et une démarche d’amélioration continue. Convaincue que performance et dimension humaine doivent avancer de concert, elle souhaite apporter un regard neuf tout en préservant l’identité de la station. Son objectif : faire rayonner davantage ce centre de référence et lui donner un nouvel élan au service de l’innovation et de la filière.

 

Jean-François Gazard-Maurel, co-gérant de la station expérimentale de Creysse. Crédit : Jean-François Gazard-Maurel

Jean-François GAZARD-MAUREL

Un homme au service de la noix

Né à Sarlat, Jean-François Gazard-Maurel a consacré près de quarante ans de sa vie à l’agriculture. Installé en 1984 en élevage bovin allaitant et en production de tabac, il a progressivement orienté son exploitation de Castel et Bézenac vers la nuciculture, développant également une activité touristique. Passionné par le noyer, il a planté 20 hectares entre 2010 et 2022 et préparé activement la transmission de l’exploitation à son fils, qui lui succède en 2022. Homme de collectif, il a présidé pendant 23 ans la fédération des CUMA de Dordogne. Ancien délégué noix à la Chambre d’agriculture de Dordogne, il connaît parfaitement les enjeux de la filière. Retraité mais toujours engagé, il revient en 2024 à la cogérance de la Station de recherche sur la noix. Convaincu que la recherche est le laboratoire et l’avenir de la filière, il œuvre pour trouver des solutions face aux maladies, ravageurs et aléas climatiques, tout en défendant une station indispensable aux producteurs et à la compétitivité de la noix française.

 

 

 

Crédit CA46

 

Grégoire MAS

Un représentant du Lot engagé pour l’avenir des fruits à coque

En 2024, Grégoire Mas s’installe et s’associe dans une exploitation diversifiée associant noix, châtaignes, vaches allaitantes et volailles. Élu à la Chambre d’agriculture du Lot et vice-président du Comité des fruits à coque du Lot où il y représente la filière castanéicole. Ancien conseiller spécialisé en noix et châtaigne puis conseiller territorial, il bénéficie d’une solide connaissance des enjeux techniques et économiques des productions arboricoles. En cette fin d’année 2026, il prend la fonction de cogérant de la Station de Creysse en succédant à Clément Delrieu et représente le département du Lot au sein de cette cogérance. Attaché au développement des filières noix et châtaigne, il entend s’appuyer sur la recherche et l’expérimentation pour répondre aux défis climatiques, sanitaires et économiques auxquels sont confrontés les producteurs.

 

Crédit Vanessa Buisson

Sébastien SOULIE

Un acteur de l’innovation au service de la noix

Producteur de noix à Altillac, en Corrèze, Sébastien Soulié exploite 26 hectares de noyers, aux côtés d’un atelier bovin viande et d’une production de fruits rouges. Engagé de longue date dans la filière, il retrouve en 2025 la cogérance de la Station de Creysse après y avoir déjà siégé lors de son mandat à la Chambre d’agriculture. Convaincu du rôle essentiel de la recherche, il s’investit particulièrement dans les travaux d’amélioration variétale. La station conserve une collection unique de plus d’une centaine de variétés de noyers originaires du monde entier, support précieux pour créer des génétiques mieux adaptées au changement climatique et aux territoires. Face aux difficultés sanitaires et économiques que connaît la filière, il défend une recherche appliquée capable d’apporter des solutions concrètes aux producteurs. Pour lui, l’innovation variétale et la recherche technique sont des leviers indispensables à l’avenir de la noix française.