• octobre 29, 2026
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Entretien. « Il y a eu des coups de soleil, les pommes ont souffert », Jean-Luc Carrières, arboriculteur dans le Lot

Entretien. « Il y a eu des coups de soleil, les pommes ont souffert », Jean-Luc Carrières, arboriculteur dans le Lot

L’Agreste annonce une récolte de pommes en baisse de 15 % par rapport à 2025 en France. Les épisodes caniculaires sont en grande partie responsables de ces résultats. Les producteurs lotois n’ont pas été épargnés.

Selon le service de statistique du ministère français de l’Agriculture (Agreste), la production française de pommes de table est estimée à 1,365 million de tonnes, soit un repli de 15 % sur un an et de 10 % par rapport à la moyenne 2021-2025. Jean-Luc Carrières, 60 ans, est arboriculteur à Montcuq (Lot), installé depuis 1996. Les pommes représentent sa production principale, avec cinq hectares de verger et différentes variétés (Granny, Pink, Fuji, Gala…). Chaque année, il produit entre 20 et 40 tonnes à l’hectare. Il en vend une partie et transforme l’autre en jus de pomme. Il raconte comment les fortes chaleurs ont impacté sa production.

Coups de soleil 

« Avec les épisodes caniculaires depuis mai (températures supérieures à 20 degrés la nuit et 30 la journée), les pommes ont souffert, elles ont pris des coups de soleil », affirme Jean-Luc Carrières. Une situation récurrente, notamment depuis 10 ans. Il poursuit : « Quand la chaleur augmente subitement, l’épiderme brûle. La variété Chantecler a particulièrement été impactée, avec plus de 30 % des pommes touchées.» Dans ce cas, les pommes sont vendues à l’industrie, avec un manque à gagner pour le producteur. La chaleur provoque également la chute prématurée des fruits. « Cette année, presque toutes les variétés y ont été soumises. J’ai dû m’adapter et faire beaucoup plus de jus que prévu », explique l’agriculteur. Mais il relativise : « Comme je transforme mes fruits, j’ai moins de pertes, mais j’ai quand même 30 % de pommes de premier choix en moins. »

« Un calibre en dessous »

La chaleur a également eu une incidence sur la taille des fruits, dont le calibre est un cran en dessous d’une année normale. Un autre effet que Jean-Luc Carrières a constaté ; l’absence de coloration de certaines pommes rouges. Il détaille : « La chaleur et le manque d’écart entre les températures du jour et de la nuit les empêchent d’obtenir leur couleur. En début de saison, les pommes n’avaient pas la couleur commerciale alors qu’elles étaient mûres. » Il rappelle néanmoins : « Certaines variétés résistent mieux que d’autres. »

L’argile comme écran solaire 

Pour se prémunir au maximum des risques de coups de soleil, l’arboriculteur a une solution. « Je pulvérise du talc (pellicule blanchâtre) sur les fruits. Cela évite le contact direct avec le soleil et a un effet réfléchissant. » Mais cette technique présente une limite selon l’agriculteur : « Si on pulvérise trop et que le feuillage est blanchi aussi, l’arbre ne se développe plus correctement et produit moins. » Et d’ajouter : « Il faut aussi anticiper, le talc doit être appliqué au moins trois jours avant un épisode caniculaire. » Jusqu’à présent, les périodes de chaleurs extrêmes étaient suivies d’épisodes orageux. Ce n’est plus toujours le cas aujourd’hui. « Cet été a été très chaud et sec et comme je fais un calibrage à sec, la pellicule blanchâtre ne partait pas totalement et je devais brosser les fruits à la main. »

Les températures plus fraîches d’octobre sont favorables à la récolte qui prend fin en novembre, mais ne permettra pas de rattraper les pertes du début de saison.