- août 29, 2025
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Le marché ovin britannique tangue

Durant le printemps, la production de viande ovine reprend quelques couleurs mais la consommation faiblit toujours. Or la croissance des importations n’est pas compensée par l’export.
Le marché britannique ovin viande montre des signes de faiblesse : depuis le début du mois de mars, les cours de l’agneau sont inférieurs à 2024. Depuis le mois de mai dernier, leur hausse ne modifie pas la donne. A 8,87 €/kg semaine 23 close le 8 juin dernier, l’agneau valait 0,67 €/kg de moins qu’en 2024. En France, la cotation stabilisée autour de 10 €, était alors supérieure de 0,8 €/kg à l’an passé. Au Royaume-Uni, ces signaux conjoncturels préfigurent-ils la fin d’une longue période de hausse des cours, entretenue par une offre disponible de viande structurellement déficitaire ? Durant le printemps, la production de viande ovine reprend quelques couleurs mais la consommation faiblit toujours. Par ailleurs, l’export de viande britannique ne parvient pas à compenser les importations croissantes de viandes néozélandaises.
Aussi le marché s’engorge et le cours de l’agneau évolue à contre-courant des marchés français et espagnol. « Au mois d’avril, le prix de l’agneau a chuté malgré la fin du Ramadan et Pâques, deux périodes fastes pour consommer de la viande d’agneau », souligne l’Institut de l’élevage (Idele). En détail, la situation était la suivante. Les abattages d’agneaux ont totalisé 4,7 millions de têtes entre les mois de janvier et mai derniers. Simultanément, les importations ont progressé de 11 %. Les 26 000 téc mises sur le marché proviennent de Nouvelle-Zélande (+5 % de hausse en rythme annuel), d’Australie (+34 %) et d’Irlande (-46 %).
Bonheur des éleveurs
A contrario, les exportations britanniques ont atteint 28 700 téc après avoir crû de 10 %. « Elles dépassaient ainsi de 6 % leur niveau d’avant Brexit et pandémie de Covid-19 (moyenne 2015-2019) », souligne l’Idele. Mais ces hausses ne compensent pas la désaffection persistante des Britanniques à l’égard de la viande ovine. Leur consommation a même chuté de 9 % en mai dernier comparée à 2024. Pour autant, les éleveurs sont partis pour produire plus d’agneaux puisqu’ils prolongent les carrières des brebis et qu’ils conservent davantage d’agnelles. Au cours du 1er quadrimestre, les réformes ont reculé de 7 %. En Nouvelle-Zélande, la conjoncture fait le bonheur des éleveurs. Le marché se tend. Au cours du premier quadrimestre, les exportations (181 000 téc) ont augmenté de 6 % comparées à 2024. Elles ont progressé vers la plupart des destinations. Mais la production de viande ovine (187 000 téc) a décliné de 3 %. La Nouvelle-Zélande pâtit de la période de sécheresse de 2024 et de la baisse de fertilité des brebis qui en a découlé. Aussi, le marché néozélandais réagit par les cours. Entre les mois de janvier 2024 et juin 2025, le prix de l’agneau a augmenté d’1,5 €/kgéc à près de 5 €/kgéc.
Actuagri
©Photo : iStock Donna MacKenzie.png