- janvier 21, 2026
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Le parlement européen se range du côté des agriculteurs
Plus de 7 000 agriculteurs venus de toute l’Europe et près de 1000 tracteurs ont fait entendre leurs voix à Strasbourg, du mardi 20 au mercredi 21 janvier. Par leur mobilisation massive avec le soutien de nos collègues européens du COPA-COGECA et du CEJA, déterminée et responsable, mais aussi grâce aux actions syndicales des Jeunes Agriculteurs et de la FNSEA menées depuis plusieurs semaines dans l’ensemble des départements et territoires de France, les agriculteurs ont su mener un combat qui a porté ses fruits.
Avec 334 voix pour, le Parlement européen a voté en faveur de la résolution visant à saisir la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) sur l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur Il s’agit d’un signal politique fort, clair et sans ambiguïté, de la part du Parlement européen, pour questionner la CJUE sur le bien-fondé du mécanisme de rééquilibrage, qui permettrait à chaque pays du Mercosur de réclamer des compensations financières si l’application de nouvelles normes sociales ou environnementales venait à pénaliser leurs entreprises. Un dispositif qui pose une question fondamentale d’équité et de souveraineté.
C’est une victoire syndicale importante pour la FNSEA et Jeunes Agriculteurs, après deux mois de mobilisations dans toute la France, ponctués par une grande manifestation à Bruxelles, avec plus de 10 000 agriculteurs européens. Aujourd’hui, le Parlement européen a fait un choix clair : celui de se ranger du côté des agriculteurs, de celles et ceux qui nourrissent les citoyens européens au quotidien, qui respectent des normes exigeantes et qui refusent une concurrence déloyale organisée. Par cet acte politique, les députés européens affirment leur volonté de se saisir pleinement des enjeux agricoles, et de questionner les orientations portées par la Commission européenne. Ils exercent pleinement leur rôle institutionnel en exigeant que la conformité de cet accord soit examinée au regard des traités européens.
Enfin, cette décision vient balayer les discours défaitistes et les postures de façade entretenus depuis des mois par certains courants syndicaux agricoles, plus prompts à commenter l’action qu’à la mener. Ceux-là expliquaient que le combat était perdu d’avance, que l’accord UE–Mercosur s’imposerait quoi qu’il arrive, et qu’il ne servait à rien de se battre.
La FNSEA et Jeunes Agriculteurs ont démontré aujourd’hui exactement l’inverse. Par un travail syndical constant, structuré, mené sur le terrain comme dans les instances européennes, nous avons fait bouger les lignes. Ce résultat n’est pas le fruit de slogans ou de coups médiatiques, mais celui d’une stratégie claire, d’une détermination sans faille et d’un engagement total au service exclusif des agriculteurs.
Désormais, notre vigilance se tourne vers la Commission européenne. En l’état, toute application unilatérale, même provisoire, de cet accord serait inacceptable. Les agriculteurs européens ne peuvent pas être la variable d’ajustement du commerce international. Certes, cette victoire est une étape, et non un aboutissement. Mais elle envoie un message politique clair : lorsque Jeunes Agriculteurs et la FNSEA s’engagent dans un combat, nous allons jusqu’au bout.
