- mars 24, 2026
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Lavande du Quercy : quatre années d’étude pour mieux connaître un patrimoine local
Le mardi 3 mars, les partenaires techniques et financiers se sont réunis pour la restitution de l’étude expérimentale consacrée aux lavandes du Quercy. Lancée en 2022 pour une durée de quatre ans, cette étude vise à mieux connaître la diversité des populations de lavande présentes sur le territoire et à évaluer leur potentiel agronomique et aromatique.

Un patrimoine ancien redécouvert
La culture de la lavande dans le Quercy ne date pas d’hier. Dès les années 1930, des essais de culture de lavande de Provence sont menés sur le territoire. La production se développe progressivement et se maintient jusqu’aux années 1970, période à laquelle la production d’huile essentielle s’arrête. Les parcelles sont alors progressivement abandonnées.
Au fil du temps, certaines zones se réensemencent naturellement et donnent naissance à des « spots » de lavande de population. Aujourd’hui encore, ces lavandes sauvages subsistent à proximité des anciennes lavanderaies.
Dans les années 2010, des producteurs relancent la culture de la lavande dans le Quercy. Cette dynamique conduit à la création de l’association Quercy PPAM, avec notamment la volonté de valoriser ce patrimoine agricole. En 2022, l’association sollicite l’Iteipmai, afin d’étudier la diversité des anciennes lavandes du territoire.
Une étude pour caractériser les lavandes locales
L’étude, menée de début 2022 à fin 2025, poursuit plusieurs objectifs. D’abord, étudier la diversité des populations de lavandes présentes sur cinq territoires du Quercy : Martel, Rocamadour, Labastide-Murat, Cahors et Lauzerte, afin de déterminer si ces lavandes sont identiques ou présentent des différences. Le projet vise également à sélectionner la souche la plus intéressante sur les plans agronomique et qualitatif, notamment au regard de la composition chimique et olfactive des huiles essentielles. Enfin, des essais comparatifs et une analyse génétique des populations ont été réalisés.
Dans ce cadre, des récoltes de lavande sauvage ont été effectuées sur cinq sites différents. Les fleurs ont été analysées pour évaluer leur qualité olfactive et leur composition chimique grâce à des analyses chromatographiques. Des distillations ont également été réalisées afin de caractériser les huiles essentielles issues de chaque récolte.

Les graines ont par ailleurs été collectées pour produire des plants destinés à deux parcelles expérimentales. Les lavandes du Quercy ont aussi été comparées à plusieurs variétés de lavande de Provence, notamment la Carla, la Rapido et la Saralia. L’analyse génétique a confirmé une différence peu significative entre les lavandes du Quercy et ces variétés provençales.
Des essais au champ prometteurs
Deux essais agronomiques ont été mis en place : l’un chez Christophe Lompech, agriculteur à Quissac, l’autre chez Jean Audubert, producteur à Miers. Ces essais avaient pour objectif de comparer la reprise et la croissance des plants, le taux de mortalité ainsi que la quantité de matière récoltée. Pour chacun des cinq sites de collecte, des plants issus des semis ont été implantés sur les deux parcelles d’essai. Globalement, les résultats montrent un taux de mortalité faible et de bonnes reprises. Les essais se révèlent homogènes et le comportement des différentes lavandes est similaire sur les deux sites, sans différence notable de rendement.
Après les récoltes, la matière végétale a été séchée, distillée puis analysée par les équipes de l’Iteipmai. Les résultats de distillation ont toutefois mis en évidence quelques différences de teneur en huile essentielle sur certaines lavandes du Quercy dans l’essai de Quissac. La variété Saralia se distingue avec une teneur et un rendement en huile essentielle supérieurs, mais également un taux de mortalité plus élevé dès la première année. Les analyses chromatographiques révèlent par ailleurs des différences nettes entre les lavandes issues des parcelles d’essai et celles prélevées initialement dans les sites sauvages, avec des profils parfois plus ou moins proches de certaines variétés de lavande de Provence.
Des résultats encourageants et des perspectives
Après deux années d’observation au champ, il reste difficile de distinguer des différences agronomiques marquées entre les cinq populations étudiées. En revanche, les analyses chromatographiques montrent des différences très nettes entre les lavandes du Quercy et les lavandes de Provence, en cohérence avec les résultats de l’analyse génétique.
Les analyses olfactives pourraient désormais permettre de confirmer ou d’orienter le choix de développement d’une ou plusieurs variétés de lavande issues du Quercy. Les partenaires soulignent également l’intérêt de poursuivre les observations dans les années à venir afin d’évaluer l’évolution du comportement des plants et l’éventuelle apparition de différences agronomiques plus marquées.
Remerciements
L’association Quercy PPAM et la Chambre d’Agriculture du Lot ont tenu à remercier chaleureusement l’Iteipmai pour la conduite de cette étude, ainsi que Parc naturel régional des Causses du Quercy, pour son accompagnement. Ils ont également salué l’implication des producteurs Christophe Lompech et Jean Audubert, qui ont accueilli les essais sur leurs exploitations. Enfin, ils ont remercié les financeurs sans lesquels ce projet n’aurait pu voir le jour : Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées, Expressions Parfumées, GDA Causse Central, Région Occitanie et Union européenne via le programme LEADER.
GDA Causse Central

