- juin 9, 2026
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La station expérimentale de Creysse en première ligne pour lutter contre les maladies du noyer
La station expérimentale de Creysse (Lot) réunit producteurs et ingénieurs pour mener des recherches en lien avec la filière noix. Elle est notamment spécialisée dans la recherche de variétés plus résistantes aux maladies qui frappent les noyers.
Il existe deux stations expérimentales de ce type en France, celle de Creysse (Lot) et une autre basée à Chatte, en Isère, un autre bassin majeur de la production de noix. La station expérimentale de Creysse, créée en 1987, est un lieu de recherche, d’innovation et d’échanges au service de la filière nucicole. Les recherches sont menées sur place, sur un verger expérimental de 22 hectares, par deux ingénieures. La station est actuellement pilotée par deux personnes, Jean-François Gazard-Maurel pour la Dordogne et Sébastien Soulié pour la Corrèze. Tous deux nous parlent de la structure.
Jean-François Gazard-Maurel, 65 ans, co-gérant de la station

Jean-François Gazard-Maurel est un producteur de noix retraité qui a cédé son exploitation basée à Bézenac (Dordogne) à son fils, en 2022. Il s’est d’abord investi pour la station dans le cadre de son élection à la Chambre d’agriculture de Dordogne, de 2018 à 2022. Puis, il est revenu à la gérance en 2024.
Il présente : “Il s’agit d’une station de recherche qui essaye de trouver des solutions aux problématiques que rencontrent les producteurs de noix, notamment celles des maladies, qui touchent arbres, feuillage et fruits. Le but est de mieux les comprendre et de les combattre avec du chimique et des solutions alternatives.” La recherche sur les maladies (bactériose, anthracnose…), n’est pas la seule mission de la station, comme l’explique le co-gérant : “Nous menons aussi des recherches sur les ravageurs (mouche du brou, carpocapse et punaises diaboliques plus récemment).” Il poursuit : “Le troisième volet a vocation à trouver des variétés mieux adaptées au terroir, notamment plus tardives, pour éviter l’impact des gels printaniers.”
Concernant son engagement pour la station, Jean-François Gazard-Maurel déclare : “La noix est une culture qui m’intéresse forcément, j’ai travaillé dedans pendant 40 ans. J’ai accepté de porter le fardeau de la recherche autour des maladies, une démarche à travers laquelle je souhaite accompagner et aider les producteurs à trouver des solutions.”
Sébastien Soulié, 40 ans, co-gérant de la station

Sébastien Soulié est un producteur de noix basé en Corrèze, à Altillac, sur une exploitation de 26 hectares de noyers. Il est également éleveur de bovins viande et producteur de fruits rouges. Il est co-gérant de la structure depuis 2025, mais l’avait déjà été auparavant, dans le cadre de son élection à la Chambre d’agriculture de la Corrèze. Il raconte : “Nous menons tous les programmes de recherches en partenariat avec la station expérimentale de Chatte. Néanmoins, nous sommes plutôt portés sur l’aspect variétal à Creysse. Nous possédons toute une collection variétale amassée par un ancien professeur de l’INRA.”
La station dispose ainsi d’une cinquantaine de variétés. Sébastien Soulié complète : “Nous avons deux individus de chaque variété à chaque fois, cela permet de faire des croisements, pour créer de nouvelles variétés. Cela va un peu dans le sens de l’adaptation au changement climatique et au territoire.”
Le producteur de noix donne les raisons de son investissement pour la station : “La filière est un peu en dents de scie, assez fragile, les recherches sont importantes et doivent toujours exister pour apporter des solutions aux agriculteurs. En tant que producteur, j’en rencontre aussi, notamment au niveau des maladies. Nous devons trouver des biostimulants ou des produits phytosanitaires pour réduire leur impact.”
Les deux co-gérants assurent le suivi des activités financières et techniques de la station, vérifient qu’elle répond aux attentes des producteurs de noix, prennent les décisions stratégiques et veillent à ce qu’elle continue d’être viable et rentable.
