• septembre 2, 2026
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Entretien des zones humides : Concilier gestion agricole et préservation des milieux

Entretien des zones humides : Concilier gestion agricole et préservation des milieux

Pour de nombreuses exploitations d’élevage, les zones humides constituent à la fois une richesse et une contrainte. Ces parcelles, souvent valorisées par le pâturage ou la production de fourrage, peuvent devenir difficiles d’accès lorsque les écoulements d’eau ne sont plus correctement répartis. Sols portants seulement une partie de l’année, passages impraticables, animaux qui évitent certaines zones ou développement excessif de la végétation : autant de situations qui compliquent leur exploitation.

Face à ces difficultés, certains travaux d’entretien peuvent être envisagés afin de restaurer ou de guider les écoulements naturels de l’eau. L’objectif n’est pas de drainer la zone humide, mais de favoriser une meilleure répartition des eaux pour maintenir l’accessibilité des parcelles et leur potentiel agronomique.
Ces interventions peuvent notamment prendre la forme de petites rigoles d’écoulement. Afin de préserver le fonctionnement de la zone humide, ces aménagements doivent rester limités à une profondeur maximale de 20 cm et une largeur maximale de 30 à 40 cm.
Il est important de distinguer ces travaux d’entretien d’une opération de drainage. La création de rigoles superficielles destinées à guider les écoulements naturels n’a pas pour objectif d’assécher la zone humide ni de modifier durablement son fonctionnement hydrologique. À l’inverse, le drainage vise à évacuer l’eau du sol afin d’en réduire l’humidité, ce qui entraîne un assèchement du milieu et une modification de ses caractéristiques écologiques. Les opérations de drainage sont soumises à une réglementation spécifique et doivent faire l’objet d’une déclaration, voire d’une autorisation, auprès de la Direction départementale des territoires (DDT) selon leur importance.
Les travaux de création des rigoles doivent être réalisés en période de basses eaux, généralement entre juillet et octobre. Cette période permet de limiter les perturbations du milieu tout en facilitant l’intervention des exploitants. Une attention particulière doit également être portée à la qualité des eaux en aval : les travaux ne doivent pas provoquer d’érosion ni entraîner de départs importants de matières en suspension.
Si les zones humides représentent parfois une contrainte pour l’exploitation agricole, elles remplissent également des fonctions essentielles pour le territoire. Véritables éponges naturelles, elles contribuent au stockage de l’eau, au soutien des débits en période sèche et à l’amélioration de la qualité des eaux. Elles constituent également des habitats remarquables pour de nombreuses espèces animales et végétales.
C’est pourquoi les travaux d’entretien doivent être conçus de manière à ne pas porter atteinte à la biodiversité présente sur le site. Avant toute intervention, il est important de vérifier l’absence d’espèces ou d’habitats sensibles susceptibles d’être impactés.

Anticiper les démarches administratives

Avant d’entreprendre ce type de travaux, il est recommandé de transmettre un porter à connaissance à la Direction départementale des territoires (DDT). Cette démarche permet de présenter le projet, ses caractéristiques techniques et les précautions prises pour préserver les fonctionnalités de la zone humide. Elle permet également à l’exploitant d’entreprendre les travaux plus sereinement. Le service Environnement de la Chambre d’agriculture peut vous accompagner dans ce sens.
La Cellule d’Assistance Technique aux Zone Humides du Lot peut également apporter un appui technique pour définir les travaux les plus adaptés à la situation de l’exploitation, préparer le dossier et sécuriser les échanges avec l’administration.
Un entretien raisonné des zones humides permet ainsi de concilier les besoins de l’exploitation agricole avec la préservation d’un patrimoine naturel indispensable à l’équilibre des territoires ruraux. Maintenir ces milieux fonctionnels, sans chercher à les assécher, contribue à préserver leur valeur agronomique, environnementale et paysagère sur le long terme.

Contacts

CATZH (Adasea.d’Oc)

  • Aurélie BONNETON – aurelie.bonneton@adasea.net 06 58 81 77 98
  • Aélys ARNAL aelys.arnal@adasea.net 06 48 23 58 51

Chambre d’agriculture du Lot

  • Clément MARTEL,
    Conseiller en gestion quantitative de l’eau
    06 25 76 26 28