- septembre 16, 2026
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Des annonces, mais toujours pas à la hauteur de la crise !
Le Gouvernement a présenté son plan « Climat – Adaptation – Sécheresse – Incendies » (CASI), doté de plus d’un milliard d’euros pour soutenir les exploitations agricoles durement touchées par l’été exceptionnel que nous venons de connaître.
La FDSEA du Lot prend acte de ces annonces. Mais soyons clairs : le compte n’y est pas. Après un été marqué par des épisodes de chaleur et de sécheresse d’une intensité exceptionnelle, les pertes sont considérables. Dans les exploitations, les trésoreries sont fragilisées et la capacité à préparer la prochaine campagne est directement menacée.
Plus d’un milliard d’euros annoncé : que contient le plan ? Le plan gouvernemental repose sur plusieurs volets. 520 millions d’euros doivent être mobilisés au titre de l’Indemnité de solidarité nationale (ISN) afin d’accélérer l’indemnisation des pertes. Le Gouvernement annonce notamment une simplification des procédures et une hausse des acomptes, pouvant atteindre 80 % du montant prévisionnel pour les agriculteurs assurés. 30 millions d’euros supplémentaires sont prévus au titre des calamités agricoles (Pertes de fonds), tandis que plus de 300 millions d’euros de dégrèvements de taxe TFNB.
Autre mesure : la création d’un fonds de réarmement agricole de 235 millions d’euros. Celui-ci doit notamment permettre de financer l’achat de fourrages, semences, plants et autres intrants nécessaires à la remise en production, avec un volet spécifique consacré aux conséquences des incendies. Le Gouvernement prévoit également la prolongation de l’aide à l’achat d’engrais azotés et le soutien au GNR agricole, pour 251 millions d’euros. Enfin, 20 millions d’euros sont annoncés pour la prise en charge de cotisations sociales par la MSA, avec des échéanciers individualisés.
Sur le papier, les mesures sont nombreuses. Mais c’est leur traduction dans les fermes qui permettra de juger réellement ce plan. L’urgence, c’est maintenant dans les exploitations. Notre priorité est claire : des actes directs et rapides sur les exploitations pour permettre aux agriculteurs de passer ce cap. Les agriculteurs ne peuvent pas attendre plusieurs mois que les dispositifs soient précisés, que les dossiers soient instruits et que les aides arrivent. La trésorerie, elle, n’attend pas. Il faut pouvoir acheter les fourrages nécessaires, assurer l’alimentation des animaux, régler les cotisations et les charges, acheter les semences et les intrants indispensables et préparer la prochaine campagne malgré les pertes déjà subies.
C’est notamment sur ces points que nous sommes particulièrement vigilants. Son efficacité dépendra de sa capacité à répondre réellement aux besoins du terrain : quels montants pour les exploitations ? Quels critères d’éligibilité ? Quelle prise en compte des différentes productions ? Quels délais de versement ? Et surtout, combien d’euros arriveront effectivement dans les fermes lotoises ? Car entre une enveloppe nationale annoncée et une aide réellement perçue par un agriculteur, il peut y avoir un monde.
L’ISN : une accélération nécessaire, mais des questions restent posées. L’Indemnité de Solidarité Nationale constitue un élément central du dispositif. Nous prenons acte de l’engagement d’accélérer les indemnisations et de relever les acomptes. Mais la question de l’accès au dispositif et de son niveau d’indemnisation reste déterminante. Les dispositifs existants reposent notamment sur des seuils de pertes et des modalités de calcul différentes selon les productions et souvent déconnecté de la réalité. Nous poussons pour que les expertises et les remontées locales permette de faire reconnaître les situations réellement subies.
La trésorerie reste le grand angle mort. C’est l’un des principaux points de déception pour la profession. Le plan apporte des réponses sur les pertes, les charges sociales, la fiscalité. Mais l’accompagnement immédiat de la trésorerie des exploitations reste insuffisant. La FDSEA et les JA du Lot organisent régulièrement des rencontres avec les différents partenaires du monde agricole, afin de faire le point sur l’ensemble des difficultés rencontrées sur le terrain et de rechercher des solutions concrètes pour les exploitations. Des dérogations doivent être immédiates. La FDSEA sera également particulièrement vigilante sur les dérogations PAC et réglementaires. Lorsque la sécheresse empêche les agriculteurs de semer, de faire lever leurs couverts ou de respecter certaines obligations dans les conditions habituelles, il n’est pas acceptable qu’ils soient ensuite sanctionnés administrativement.
Le Gouvernement a annoncé vouloir mobiliser les dispositions permettant d’adapter certaines obligations de la PAC en cas de circonstances exceptionnelles, notamment concernant la couverture des sols et certaines obligations de rotation. Pour nous, ces dérogations doivent être simples, rapides et applicables partout où les conditions climatiques le justifient. Les agriculteurs ne doivent pas subir une double peine : celle du climat, puis celle de l’administration. La FDSEA du Lot ne jugera pas le dispositif uniquement à l’aune du chiffre affiché de « plus d’un milliard d’euros ». Nous allons analyser les mesures une par une, leurs conditions d’accès et leur traduction concrète pour les exploitations lotoises. Ce qui compte, ce sont les montants réellement mobilisables, les critères d’éligibilité, les délais de versement et la capacité de chaque agriculteur à accéder effectivement aux dispositifs. Dans les prochains jours, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs continueront donc à faire remonter la réalité du terrain et à porter les demandes des exploitants auprès des services de l’État et des responsables politiques. Notre ligne est simple : les agriculteurs du Lot ont besoin de mesures à la hauteur de leurs pertes, accessibles sans usine à gaz, et surtout rapides.
