• août 19, 2026
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Marchés mondiaux des ruminants. Production, exportations : les pays leaders peinent à tenir leur rang

Marchés mondiaux des ruminants. Production, exportations : les pays leaders peinent à tenir leur rang

Les contraintes climatiques et économiques auxquelles sont confrontés les pays exportateurs de viande ovine et bovine limitent leurs capacités d’expansion. Une nouvelle hiérarchisation apparaît au sein de l’organisation des marchés mondiaux des viandes. Et cela, alors que la demande ne faiblit pas.

 

La très grande majorité des pays producteurs d’ovins viande pourvoient à leurs besoins. La quasi-totalité de leur production est autoconsommée. Le marché mondial de la viande ovine n’est animé que par une poignée d’États en mesure d’exporter une partie (voire la majeure partie) de leur production. Ils approvisionnent une dizaine de pays structurellement déficitaires. La production mondiale de viande ovine a stagné en 2025 (18 950 millions de tonnes équivalent carcasse – Mtéc) alors que la demande des pays importateurs tend à s’accroître pour combler leurs déficits parfois abyssaux. Aussi, les prix battent des records. La Chine (5 080 Mt), qui détient un tiers du cheptel mondial, l’Australie (930 000 téc) et l’Union européenne (510 000 téc) sont les trois principaux pays producteurs de viande ovine au monde. Ces six dernières années, l’Australie a nettement accru ses abattages alors que l’Empire du Milieu et l’Union européenne ont vu les leurs décliner. Aussi, de nombreux pays ont davantage recours à l’import : la Chine, 420 000 téc, +30 000 téc en six ans, et l’Union européenne, 190 000 téc, +40 000 téc. En fait, les pays structurellement excédentaires en viande ovine ne sont pas de gros consommateurs. L’Australie mise à part, ce ne sont pas non plus des producteurs majeurs. A contrario, les principaux pays consommateurs de viande ovine dans le monde sont structurellement déficitaires. « Faute de production, les importations de l’Union européenne continuent à se développer (+ 12 % en 2025), surtout en provenance de Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni (+ 10 %), mais aussi d’Australie », souligne Jean-Paul Simier, un des contributeurs du Cyclope 2026. Les Etats-Unis et l’Arabie saoudite ne sont pas en reste : les premiers se sont faits livrer 150 000 téc de viande (+20 000 téc en six ans) et la seconde 50 000 téc (+ 30 000 téc).

La troïka de l’export 

Les pays importateurs ne peuvent compter que sur un nombre réduit d’Etats pour être approvisionnés : l’Australie (550 000 téc) très dépendante des conditions climatiques, la Nouvelle-Zélande (380 000 téc) et le Royaume-Uni (88 000 téc). Or la Nouvelle-Zélande n’est pas dans le top 3 des pays producteurs d’ovins ; son activité ovine est concurrencée par la production laitière et forestière. Et le Royaume-Uni (88 000 téc) reconquiert tant bien que mal les marchés perdus après le Brexit. Pour autant, ce dernier reste un « nain » comparé à ses concurrents océaniens. Il approvisionne essentiellement l’Union européenne autosuffisante à 87 % (et la France à 45 %) et dont la production n’en finit pas de décliner. En Union européenne, les pays membres déficitaires comptent de moins en moins sur l’Irlande pour pallier leurs déficits. « En 2025, sa production de viande ovine, cinquième de l’Union européenne, a reculé de – 18 %, analyse Jean-Paul Simier. Un déclin structurel semble enclenché, sous l’effet d’un cumul de facteurs : vieillissement des éleveurs, concurrence de la production laitière, bien plus rentable, maladies animales comme la FCO … L’Irish Farmers Association demande au gouvernement une aide de 30 euros/brebis pour stopper la chute ». En 2026, la production mondiale de viande ovine devrait évoluer en fonction des conditions météorologiques en Océanie et de l’intensité de l’El Niño. « Si les pluies sont au rendez-vous, les éleveurs d’Océanie recapitaliseront et, à court terme, la production diminuera, avant une remontée en 2027, affirme l’expert du Cyclope. En revanche, de nouvelles sécheresses inciteront aux ventes d’ovins ».

Actuagri