• octobre 26, 2026
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Trois IGP européennes pour protéger la filière de l’oie dans le Sud-ouest

Trois IGP européennes pour protéger la filière de l’oie dans le Sud-ouest

©StudioPrigentBordeaux

L’oie du Sud-ouest représente une micro-filière en France et dans le Lot. Elle n’en demeure pas moins un produit emblématique du Sud-ouest. Après plus de 25 ans de démarches, la filière a obtenu trois indications géographiques protégées (IGP) européennes en 2026.

Agnès Loth est la directrice de l’Association pour la promotion et la défense de produits de palmipèdes à foie gras du Sud-ouest (Palso) depuis 2024. Elle travaille pour cette structure, reconnue par l’État comme ODG (Organisme de défense et de gestion), depuis 2003, et a suivi le dossier de reconnaissance de l’oie du Sud-ouest depuis son arrivée. Les démarches avaient débuté à la fin des années 80. Elle explique : « Les délais sont très longs, car ils nécessitent notamment une entente générale au niveau du cahier des charges et des mesures qu’il impose à ses adhérents ». Après plus de 25 ans, l’oie du Sud-ouest a enfin obtenu trois IGP européennes : oie du Sud-ouest, foie gras d’oie du Sud-ouest et confit d’oie du Sud-ouest. Ces IGP garantissent une reconnaissance officielle au niveau de l’Union européenne.

Quels territoires ? 

La production de l’oie dans le Sud-ouest concerne 13 départements. Mais Agnès Loth précise : « Nous parlons plutôt de fédération des terroirs dans ce cas avec le Périgord, le Gers, les Landes et le Quercy. » Elle ajoute : « Dorénavant, pour pouvoir étiqueter un produit “oie du Sud-ouest Quercy”, il faut que l’animal ait été élevé, gavé et cuisiné dans le Quercy. » Pour le moment, une quinzaine d’opérateurs sont habilités en IGP sur l’ensemble des territoires et une dizaine sont en attente auprès de l’organisme de contrôle. Dans le Lot, un conserveur et un abattoir sont adhérents à une ou plusieurs IGP. Agnès Loth précise : « Il s’agit d’une micro-filière au niveau national et tout comme au niveau de l’IGP. À titre de comparaison, en canard, nous avons plus de 1 500 opérateurs. Et le canard représente 98 % du foie gras produit en France chaque année. » Avec cette reconnaissance, la Palso espère convaincre de nouveaux producteurs de rejoindre la filière et les IGP.

« Un gage de qualité »

L’obtention des IGP européennes avait plusieurs objectifs, à la fois pour les producteurs et pour les consommateurs. « D’abord au niveau juridique. Maintenant, pour dire que l’on produit une oie du Sud-ouest, il faut respecter plus de 150 points de contrôle. C’est un gage de qualité et l’origine est garantie pour le consommateur. Cela protège aussi le savoir-faire. La directrice de la Palso rappelle : « En France, on produit 50 tonnes de foie gras d’oie par an, mais 225 tonnes sont issues de l’importation, de Hongrie et de Belgique (201 tonnes de Hongrie et 19 de Belgique). Donc, il est extrêmement important, sur un produit premium, d’avoir cette garantie de l’origine et de la qualité. » Et d’ajouter : « Les origines Quercy et Sud-ouest sont beaucoup usurpées de par sa grande réputation. Donc cela permet maintenant de les défendre. »

L’obtention de ces IGP permet également la structuration collective de la micro-filière, un avantage pour les producteurs, car « L’oie est un animal sensible, et sa production est plus technique », conclut Agnès Loth.