Les agriculteurs du GDA ont organisé une journée à destination des élus de leur territoire pour montrer les incidences du changement climatique et les nouvelles pratiques d’agroécologie qu’ils mettent en place pour y répondre. Deux exploitants ont ouvert leurs champs pour expliquer très concrètement ces pratiques et témoigner à la fois des avancées agronomiques et des contraintes rencontrées.

Le président du GDA, Bertrand Gouraud, également Maire de Vaylats, a ouvert cette journée en expliquant ses motivations « nous avons relancé le Groupement de Développement Agricole Lalbenque-Limogne avec l’appui de la Chambre d’Agriculture afin d’accompagner les initiatives des exploitants dans les grandes mutations du moment. Après avoir présenté l’an dernier notre territoire agricole aux élus, nous voulions aborder cette année la transition agroécologique et l’adaptation au changement climatique. C’est pourquoi nous avons invité les conseillers agricoles de la Chambre d’Agriculture et Mme Bodeau de la Chambre Régionale d’Agriculture qui vont détailler les enjeux de ce programme et les initiatives déjà engagées avant d’aller voir des réalisations concrètes chez deux agriculteurs. En effet, l’Agriculture est triplement concernée par ce sujet, étant à la fois victime du changement climatique, en partie responsable, mais surtout principale source de solutions pour limiter les gaz à effet de serre… »
Climagri 2050
Consciente des changements majeurs générés par le réchauffement climatique et la nécessaire transition énergétique à mettre en œuvre, la Région Occitanie a adopté un plan visant à diminuer ses rejets de gaz à effet de serre et à préparer l’autonomie énergétique à l’horizon 2050. L’Agriculture, qui représente 25 % de ces rejets, est appelée à changer ses pratiques pour y parvenir. Mme Bodeau présentait les différents scénarios possibles et celui retenu pour répondre à ces objectifs. Il s’appuie sur une agriculture territorialisée et productive qui met en œuvre de nouvelles pratiques comme l’Agriculture de conservation des sols, les bilans carbone des exploitations, la labellisation Haute Valeur Environnementale… La Chambre d’Agriculture du Lot a déjà pris en main cette orientation et accompagne plusieurs initiatives avec les agriculteurs du GDA de Lalbenque-Limogne.

Agriculture de solutions
La conseillère agricole Lénaïg Tanguy présentait alors les principes agronomiques de l’agroécologie basée sur la conservation des sols : couverts végétaux permanents, diversité des plantes, semis direct sans labour, meilleure efficience des intrants, augmentation de la matière organique des sols, valorisation des plantes légumineuses capables de capter naturellement l’azote de l’air… Elle soulignait que l’élevage a tout son rôle à jouer dans ce modèle en fournissant une bonne fumure organique aux sols via l’épandage des effluents. Elle faisait cependant remarquer la complexité de ces nouvelles techniques qui remettent en cause des millénaires de pratiques et nécessitent de nombreuses expérimentations et échanges de la part des agriculteurs. Les conseillers du secteur Pascal Hérin et Vincent Audouit soulignaient alors le rôle déterminant de l’accompagnement mis en place par la Chambre d’Agriculture sous différentes formes : formation de agriculteurs, appui technique, organisation des échanges, diagnostic bas carbone Cap2er… Les membres du GDA sont aujourd’hui moteurs dans ces évolutions.
Visites de terrain
Les participants se sont ensuite rendus sur la ferme de Matthieu Brunet, éleveur ovin à Lalbenque. Il a montré sa façon de travailler ses sols de causse très superficiels : semis direct, couverts permanents, entretien des parcours, bilan carbone de son exploitation… Il n’a pas hésité à justifier l’emploi de faibles quantités de glyphosate pour détruire les couverts avant de resemer. Quelques élus ont alors demandé les solutions alternatives à ce désherbant. Les agriculteurs ont expliqué l’absence actuelle de solutions aussi simples mais la recherche y travaille. Le groupe a ensuite visité la ferme de Manuel Lagarde à Limogne, un éleveur ovin et bovin revenu s’installer sur la ferme familiale après un début de carrière à l’extérieur. Il soulignait l’importance de l’Agriculture de groupe, notamment des CUMA, pour l’achat de matériels coûteux en commun et le partage d’expérience. Il teste des luzernes sans phyto, ni fongicides ni anti-limaces, mais souligne la difficulté à trouver les bonnes associations de plantes pour éviter les maladies et prédateurs. Ces deux éleveurs et les conseillers ont répondu sans tabou aux nombreuses questions soulevées par les élus présents. Des échanges directs très fructueux pour ces élus du territoire qui ne voient que l’aspect extérieur de l’Agriculture mais en connaissent peu les contraintes et le détail des pratiques. Bertrand Gouraud concluait la journée en leur demandant de jouer leur rôle de médiateur avec certains habitants parfois très conflictuels « notre agriculture représente une force pour s’adapter au changement climatique, elle mérite d’être soutenue pour aller vers ces nouvelles pratiques durables… »