Les représentants de la profession agricole Lotoise et de l’Association des Maires du Lot ont signé le pacte de bon voisinage proposé par la profession pour faciliter la médiation et la résolution des conflits de voisinage inhérents à l’activité agricole.

Le pacte a été signé le 23 novembre à Cahors en présence du Préfet du Lot, du directeur de la DDT, du représentant de la gendarmerie, des associations de consommateur, des représentants des ComCom et des membres du Conseil de l’Agriculture Lotoise. Une signature apposée par Alain Lafragette, président du CAL, Christophe Canal, président de la Chambre d’Agriculture et Jean-Marc Vayssouze-Faure, président de l’association des maires du Lot. Elle vient concrétiser une année de travail organisé techniquement par Adelaïde Van Der Ploeg, Christelle Lacombe et Pierre-Henry Mons, pour élaborer ce document destiné à mieux vivre les questions de voisinage entre agriculteurs et riverains.
Nouvelles attentes
Si la campagne était autrefois un espace à vocation quasi exclusivement agricole, elle est devenue aujourd’hui un lieu attractif habité par de nombreux ruraux non agriculteurs, résidents ou touristes. Cette utilisation partagée génère de nouvelles attentes en terme de compréhension réciproque et de cohabitation harmonieuse. Ici ou là, des contentieux peuvent naître, soit par méconnaissance de l’autre, soit par ignorance des contraintes liées à l’activité de chacun. Consciente de cette problématique qui prend de l’ampleur dans certains secteurs, la profession agricole Lotoise a imaginé ce pacte de bon voisinage. Il se veut un outil résolument positif, sans caractère réglementaire obligatoire, mais avec la forte volonté de faciliter le dialogue, jouer la pédagogie et l’ouverture pour désamorcer les conflits potentiels.
Faire vivre ce pacte
Le président du CAL, Alain Lafragette, insistait sur son utilité « ce pacte est un outil qui va permettre de mieux se connaître et de mieux dialoguer entre agriculteurs et autres habitants riverains de nos exploitations. Il peut aboutir à des choses très concrètes. Quand une tempête couche des arbres sur les routes ou que la neige bloque les habitants chez eux, ils sont heureux que les agriculteurs sortent leurs tracteurs pour dégager la voirie ou déneiger. Nous avons mené un long travail de réflexion au sein du CAL pour co-construire ce texte et rappeler les obligations des uns et des autres. Il faut maintenant le faire vivre dans les mairies et que chaque élu s’en empare pour organiser la médiation… »
Le président de la Chambre d’Agriculture, Christophe Canal, soulignait à son tour « je remercie le président des maires du Lot, Jean-Marc Vayssouze-Faure, d’avoir soutenu l’initiative et d’en assurer la promotion auprès de tous les élus Lotois. Ce pacte doit nous permettre d’expliquer nos pratiques, de les montrer en toute transparence et d’être plus réactif en cas de conflit. La démarche nous oblige à écouter toutes les doléances de nos concitoyens et à y répondre avant que les contentieux ne se durcissent. Il a donc une réelle dimension pédagogique pour améliorer le bien vivre ensemble… »
Les maires impliqués
Au nom des maires du Lot, Jean-Marc Vayssouze-Faure a donc appuyé cette initiative, en précisant « nous l’avons accueillie avec enthousiasme et approuvée à l’unanimité. Sur le Quercy, nous avons besoin des agriculteurs pour aménager le territoire et approvisionner les Lotois en denrées de qualité. Votre activité est également indispensable au maintien de l’environnement et de la biodiversité. La médiation est l’une des premières missions de l’élu local et ce pacte va nous aider à la mener à bien. Nous nous engageons donc à faire remonter les litiges auprès de votre cellule de veille à la Chambre d’Agriculture. Mais il nous faut aller plus loin en tenant compte de vos contraintes professionnelles dans les documents d’urbanisme ou d’aménagement du territoire. Nous nous appuierons sur ce pacte pour favoriser le mieux vivre ensemble et faire en sorte que chacun puisse bien vivre dans le Lot tout en respectant ses voisins… »
Soutien de l’État
Le préfet du Lot approuvait à son tour cette démarche volontariste « on a besoin d’une agriculture forte et comprise par tous. Mais votre métier est complexe et exige des explications pour être bien appréhendé. Beaucoup de vos pratiques subissent des commentaires qui relèvent parfois du fantasme ! Grâce à ce nouvel espace de dialogue, nous allons pouvoir y répondre avec pertinence. J’encourage tous les élus locaux à se l’approprier et à l’utiliser, et je vous remercie de l’avoir conçu et rédigé. Il a le mérite d’exister et est susceptible d’évoluer après la première année de retour d’expérience… »