L’agriculture de conservation du sol suscite de plus en plus d’intérêt chez les agriculteurs. Les techniques de semis direct et de couverts végétaux permettent de l’enrichir et d’améliorer sa capacité de production. La Chambre d’agriculture a organisé une formation pour les mettre en valeur.

Le changement des pratiques agraires intéresse les agriculteurs qui ont conscience que le sol, support de toutes les cultures, est la clé d’entrée de bons rendements. Pour cela, il doit être vivant, riche et maintenu dans un bon état de fonctionnement. Les conseillers de la Chambre d’agriculture, Léna Tanguy et Fabien Bouchet-Lannat, proposent donc cette formation destinée à mieux maîtriser ces pratiques.
Semis direct
La pratique du semis direct permet d’éviter le labour qui retourne le profil et casse les cavités réalisées par les vers de terre. Mais leur maintien est hautement profitable car tout ce travail d’aération favorise la transformation de la matière organique et enrichit le sol. Il faut donc préserver cette structure et cette biodiversité par des pratiques agraires douces. Les deux formateurs présentent ainsi les matériels de semis direct à utiliser, et les techniques d’emploi, dates de semis, espèces à privilégier… La rotation des cultures est également importante pour aider le sol à se régénérer. Ainsi, les prairies de légumineuses ou de mélanges laissées en place au moins cinq ans permettent à la structure du sol de se régénérer en vue de passer ensuite plus facilement au semis direct. En outre, elles améliorent les teneurs du sol en matière organique et en azote, deux atouts importants pour les cultures suivantes.
Couverts végétaux
Il a été mesuré qu’un sol nu exposé au soleil d’été peut dépasser les 60 degrés, température qui détruit la vie microbienne en surface ! Le même sol couvert ne monte qu’à 45 degrés maximum, ce qui préserve la vie et maintient l’activité biologique. L’intérêt des couverts végétaux estivaux a été démontré et est d’autant plus pertinent avec les étés caniculaires qui se multiplient. Mais il faut savoir choisir les plantes et mélanges à semer. Certaines ont un rôle structurant pour le sol, d’autres sont pourvoyeuses d’azote, d’autres encore propices à la faune sauvage ou fournisseuses de fourrages. Tout dépend donc de l’objectif que l’agriculteur veut fixer à son couvert végétal. En fonction des espèces, le semis sera réalisé en été ou au début septembre. L’idéal serait de semer juste après la moisson pour profiter de l’humidité résiduelle, en espérant une pluie d’orage pour faire lever. Mais les graines peuvent aussi attendre plusieurs semaines que la pluie arrive.
Visite de parcelles
Cette formation était organisée pour partie en salle mais aussi sur des parcelles pour montrer comment évaluer le niveau de richesse d’un sol. Bêche en main, les participants ont pu creuser dans différents types de sols de la prairie permanente au champs de maïs en passant par le verger de noyers. Ils ont appris à évaluer leur structure (niveau de compaction, présence ou pas de semelle de labour…), la présence de vie avec les vers de terres et autres insectes, ainsi que la vie microbienne. L’occasion de mettre en application les connaissances apprises en salle. Cette formation organisée sur le secteur nord du Lot, vallée de la Dordogne, est appelée à être renouvelée sur d’autres régions car elle intéresse tous les agriculteurs et toutes les filières de production.