Il s’agit de Ambrosia artemisiifolia, l’ambroisie à feuilles d’armoise, communément appelée Ambroisie. C’est une plante très nuisible pour les cultures et elle possède un pollen émis en fin d’été, très allergisant. Elle est classée comme espèce envahissante, dont la prolifération constitue une menace pour la santé humaine. Agir contre l’expansion de cette plante est un enjeu majeur de santé publique qui requiert l’implication de tous.

L’ambroisie est une plante pionnière, qui colonise préférentiellement les terrains remaniés : sols nus, lits de rivières, chantiers, bords de routes… Sensible à la concurrence, elle est pratiquement absente des milieux fermés (prairies, forêts…).
Ces différentes caractéristiques font que, en milieu agricole, elle se développe surtout dans les systèmes de cultures annuelles, et plus particulièrement dans les cultures de printemps et les chaumes d’été.
Comment participer à la lutte contre l’ambroisie :
1 – Repérez là
Les feuilles : Larges, minces, très découpées, elles sont du même vert sur chaque face. Pas d’odeur quand on froisse la feuille entre les doigts.
La tige : généralement poilue, solide et fortement ramifiée d’une hauteur de 70 cm en moyenne.
Les fleurs : Petites et verdâtres, elles sont disposées à l’extrémité des tiges. Les fleurs mâles et femelles d’une même plante sont séparées.
Les fleurs mâles sont groupées en longs épis bien visibles,
les fleurs femelles sont très discrètes, insérées à l’aisselle des feuilles à la base des épis « floraux », isolées.
2 – Signalez sa présence
Grâce à votre téléphone portable (application téléchargeable)
ou sur le site http://www.signalement-ambroisie.fr
ou par email : contact@signalement-ambroisie.fr
ou par téléphone : 0 972 376 888
Votre signalement est reçu et validé par le référent de la commune concernée (ou à défaut, par le CPIE Quercy Garonne pour l’année 2019).
L’objectif est de disposer d’au moins un référent par commune afin d’assurer une gestion rapide des signalements.
3 – Détruisez là rapidement pour ne pas qu’elle prolifère
Les possibilités de destruction de l’ambroisie sont peu nombreuses. De plus, cette plante a une grande capacité à faire beaucoup de graines persistantes. Néanmoins, il est indispensable d’utiliser en préalable, les leviers agronomiques avant de concevoir une stratégie pluriannuelle de désherbage chimique :
– Rotation des cultures :
Dans les parcelles contaminées, il faut éviter le retour de cultures à risque (tournesol et soja) qui en cas de mauvaise maîtrise de l’ambroisie par les herbicides vont favoriser la production de nouvelles graines.L’introduction de plus de cultures d’hiver limite la progression de l’ambroisie notamment le colza qui couvre bien le sol jusqu’à la récolte et empêche les levées avant la moisson.
– Gestion de l’interculture : Déchaumage et faux semis
Les graines d’ambroisie restent aptes à germer pendant de longues années, l’enfouissement par le labour, même occasionnel, n’a donc aucun effet sur la maîtrise de cette adventice. L’ambroisie lève souvent dans les céréales ou le pois protéagineux, un peu avant la récolte ou après la moisson. L’interculture d’été est donc une période propice à la mise en œuvre de déchaumages superficiels qui peuvent détruire les adventices levées et viser un rôle de faux semis. Sur les parcelles les plus sales, plusieurs faux-semis réalisés à 10-15 jours d’intervalle, toujours à la même profondeur ou de plus en plus superficiellement et rappuyés en surface (pour avoir un bon contact terre/graine) permettent de faire germer un maximum de graines. Les conditions météorologiques et l’humidité du sol sont toutefois déterminantes pour la réussite de cette technique. Les meilleurs outils sont ceux qui travaillent le plus superficiellement, en particulier les herses de déchaumage, les bêches roulantes , les vibro-déchaumeurs et les déchaumeurs à disques indépendants, voire les herses étrilles sur sol déjà travaillé. Des faux-semis soignés permettent d’épuiser une partie du stock semencier.
Cette intervention doit être réalisée juste après la récolte ou lors d’une période favorable, toujours avant la floraison des ambroisies. Un second déchaumage est parfois nécessaire pour détruire les relevées qui peuvent encore fleurir. Les parcelles infestées d’ambroisies ne se prêtent pas bien à la mise en place d’interculture. Dans ces situations, il est toutefois possible d’envisager des semis de couverts à partir de mi-août après des déchaumages pour détruire les ambroisies.
– Décalage des dates de semis des cultures de printemps
Le retard des dates de semis après une préparation anticipée ou un faux semis peut limiter la pression des ambroisies dans le tournesol et le soja
– Éviter la contamination des parcelles
Les adventices, comme l’ambroisie, ne sont pas présentes dans toutes les parcelles, il est donc primordial de veiller à ne pas «contaminer» les parcelles propres.Si possible, détourer les zones sales et les récolter en dernier. Nettoyer soigneusement la moissonneuse après la moisson.Veiller également à nettoyer les outils de travail du sol en passant d’une parcelle «contaminée» à une parcelle indemne d’ambroisie. En bordure de parcelle, le retard des 1er broyages ou fauche au stade boutons des ambroisies limite l’émission de pollen. Un broyage trop précoce peut favoriser l’émission de nouvelles tiges rampantes difficiles à détruire et aptes à fleurir et produire des graines.
Se protéger
Il est préférable, pour limiter l’exposition aux pollens, que toutes les actions d’arrachage soient réalisées avant la floraison de l’ambroisie, le port de gants est alors fortement conseillé.
Si une intervention doit avoir lieu pendant la floraison, il est conseillé de porter un masque P3, des lunettes, des gants et des vêtements recouvrant tout le corps. Après les opérations de gestion, retirer les vêtements ayant été en contact avec le pollen et pensez à se laver les cheveux.
Quand la plante est arrachée, il faut la laisser sur place et surtout ne pas la mettre au compost, car il peut y avoir des graines sur les racines qui se propageraient ailleurs.
Contacts :
Chambre d’Agriculture du Lot, Christelle LACOMBE Tél. 05 65 23 22 22
DDT du Lot, Jean-Marie MASSERON Tél. 05 65 23 62 14
ARS Occitanie – Délégation dép. du Lot, Sylvia BAQUÉ Tél. 05 81 62 56 25

SANTÉ

L’allergie aux pollens d’ambroisie est fréquente : 6 à 12% de la population générale est sensibilisée et chez l’allergique il suffit de 5 grains de pollen par mètre cube d’air pour que les symptômes apparaissent. L’allergie au pollen de l’ambroisie peut concerner n’importe quel individu, pour peu qu’il ait subi une exposition suffisamment intense et prolongée. Le potentiel allergisant de l’ambroisie est un des plus élevé. Depuis environ 20 ans, elle est en pleine expansion et colonise une grande partie de la France. Les pollens sont libérés d’août à septembre avec généralement un pic vers la mi-août. Carte de prévision de risque allergique d’exposition aux pollens d’ambroisie (RAEP) pour la semaine à venir. Elle est basée sur l’outil de modélisation développé par Air Rhône-Alpes et l’expertise du RNSA. L’échelle de RAEP définie par le RNSA comporte 6 niveaux. A partir du niveau 3 (en jaune sur la carte), toutes les personnes allergiques présentent des symptômes. http://www.signalement-ambroisie.fr/risque_allergique_encours.html Recommandations du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) Les principales recommandations de prévention aux personnes allergiques sont rappelées dans l’avis du Haut Conseil de la Santé publique (HCSP) du 28 avril 2016. Ces comportements permettent de réduire l’exposition aux pollens allergisants et d’atténuer les symptômes des personnes sensibles :

  • éviter les activités extérieures qui entraînent une surexposition aux pollens ;
  • éviter de faire sécher son linge à l’extérieur ;
  • fermer les vitres des véhicules (et changer chaque année le filtre à pollen) ;
  • se rincer les cheveux le soir (pour éviter de dormir la tête dans les pollens) ;
  • aérer son habitation tôt le matin et tard le soir.

Pour toute information sur les ambroisies : www.ambroisie.info

Que faire en zone vulnérable Nitrates ?

Si vous exploitez des parcelles en zone vulnérable Nitrates, vous êtes dans l’obligation de couvrir vos sols pendant la période d’interculture. Si vous constatez la présence d’Ambroisie sur les parcelles implantées en cultures intermédiaires pièges à nitrates, vous avez la possibilité de déroger à leur présence minimale de 2 mois, c’est à dire les détruire avant ce délai réglementaire. Il ne s’agit pas d’une dérogation à l’implantation mais à la destruction. Vous devez alors respecter la procédure suivante :

  • signaler la présence d’ambroisie sur la plateforme dédiée
  • compléter et signer le formulaire de demande de dérogation avant de le transmettre à la DDT avec la localisation cartographique des zones infestées

Attention ! Ne pas oublier de joindre le plan cadastral (ou à défaut le RPG 2019) en délimitant précisément la (les) zone(s) infestée(s) par les ambroisies.

-> à voir : http://www.lot.gouv.fr/7-couverture-des-sols-pour-limiter-les-fuites-d-r3968.html – Attendre la réponse de la DDT (1 semaine max) (en cas de silence de la DDT au-delà de 7 jours, la dérogation sera réputée acquise)