L’Observatoire Agricole de la Biodiversité est un programme qui s’inscrit dans la Stratégie nationale pour favoriser la biodiversité et a pour vocation de qualifier le lien entre pratiques agricoles et biodiversité.
Il est basé sur l’observation de la biodiversité ordinaire en milieu agricole, à travers quatre protocoles choisis pour le lien avec l’agriculture :
Nichoirs à abeilles solitaires (Pollinisation / Lien au paysage et aménagements)
Placettes vers de terres (Fertilité des sols / Travail du sol)
Planches invertébrés terrestres (Régulation naturelle / Décomposition de la litière)
Transects papillons (Lien au paysage et aménagements / Lien à la végétation)
L’objectif est de mieux connaître cette biodiversité, mais aussi son évolution et ses liens avec les pratiques agricoles et pour cela, d’impliquer les agriculteurs en leur donnant les outils de description de la biodiversité sur leur exploitation. Dans le cadre de ce programme, les agriculteurs se mobilisent avec le concours de la Chambre d’Agriculture du Lot. 69 observateurs entrent en jeu, pour la pose de Nichoirs à abeilles solitaires répartis sur l’ensemble du département comme le montre la carte ci-dessous.
Ce protocole consiste à observer au minimum une fois par mois le nombre de loges occupées dans ces nichoirs, la nature du bouchon (terre, feuilles mâchées ou découpées, résines, coton…), la présence d’insectes visibles et leur nombre. Il permet d’avoir facilement un aperçu de l’abondance et de la diversité des Hyménoptères solitaires sur cet emplacement. Un nichoir à pollinisateurs est constitué de cavités qui pourront servir aux abeilles solitaires pour y déposer leurs œufs.

Payrac

Viviane QUAST
« MESURER LE RÔLE DES POLLINISATEURS »
Viviane Quast est installée à Payrac sur une exploitation qui compte 5 ha de noyers, des prairies permanentes pour la fauche, quelques brebis et un atelier d’engraissement porcin. Elle a décidé de se convertir en bio en 2010 « j’ai toujours été sensible au respect de l’environnement. Je m’intéresse donc aux méthodes de lutte alternatives à base de phéromones, de produits naturels. J’ai posé des nichoirs à mésange dans mes noyeraies afin d’avoir des oiseaux qui consomment les insectes nuisibles. Ici en Bouriane, nous avons encore une biodiversité riche, du moins nous le pensons, mais que se cache-t-il réellement derrière cette affirmation ? En fait, nous ne la connaissons pas vraiment !
C’est pourquoi j’ai répondu favorablement à la demande de la Chambre d’Agriculture qui cherchait des agriculteurs susceptibles de poser ces nichoirs à insectes volants. J’en ai positionné deux en bordure d’une noyeraie et je vais relever tous les mois leur occupation par les hyménoptères. C’est facile et rapide, il suffit de noter sur un cahier les alvéoles colmatées, signe de la présence de ces insectes. J’espère ainsi les connaître un peu mieux, notamment les pollinisateurs qui sont indispensables à nos cultures et à l’environnement végétal en général. J’ai hâte de voir les résultats de cet observatoire chez moi et sur toute notre région… »