Le changement climatique, déjà à l’œuvre, impacte les pratiques agricoles. La Chambre d’Agriculture participe à un programme interrégional (à l’échelle du Massif Central) pour en mesurer les effets et travailler les pistes d’action possibles dans l’adaptation des exploitations agricoles.

Aussi, la Chambre d’Agriculture conduit en ce moment une série de réunions pour présenter aux agriculteurs les premières conclusions du programme AP3C mené à l’échelle du Massif Central depuis 2015. Celui-ci a pour objectifs de prévoir les évolutions climatiques à venir, d’en mesurer les conséquences sur les systèmes fourragers, de proposer des adaptations des pratiques et d’aller jusqu’à une prospective sur l’évolution des revenus des exploitations
Ces réunions sont l’occasion d’aborder une autre facette du changement climatique avec la réduction des rejets de gaz à effet de serre. Ce sujet concerne les élevages avec des démarches telles que Label bas carbone et la possibilité de revendre les quantités évitées.
La première rencontre se tenait à Gramat le vendredi 8 janvier et a suscité des échanges constructifs.
Horizon 2050
Fabien Bouchet-Lannat, ingénieur recherche et développement à la Chambre d’Agriculture, présentait les prévisions issues de ce programme pour notre département. Grâce aux données de Météo France, on constate une forte accélération du réchauffement climatique ces trente dernières années. Tous les modèles confirment qu’elle va se poursuivre et s’intensifier sur les prochaines décennies. Cela va se traduire par une augmentation estivale du nombre de jours très chauds, des gelées d’automne plus tardives, moins de pluies avec un changement de la répartition des précipitations et en conséquence l’aggravation du déficit hydrique des sols. Celui-ci va s’accentuer au printemps et en été. Ces changements vont avoir des conséquences sur la pousse de l’herbe: démarrage plus précoce au printemps, récolte plus précoce, diminution des rendements estivaux.
Premières modélisations
A partir de ces scénario d’évolutions climatiques, les conseillers Élevage de la Chambre d’Agriculture ont modélisé leurs conséquences (jusqu’à l’évolution du revenu) sur plusieurs exploitations bovines et caprines qui se sont prêtées à l’exercice. Charlotte Bayle et Valérie Dufourg ont ainsi démontré qu’à conditions de production égales (même nombre d’animaux, même conduite alimentaire…), la diminution des rendements fourragers devra être compensée par des achats d’aliments supérieurs à l’extérieur. Pour toutes valeur par ailleurs égales, ceci engendrera inévitablement une perte de revenu pour ces exploitations. Pour y remédier, plusieurs axes d’adaptation sont néanmoins envisageables, l’optimisation des fourrages et du pâturage (nouvelles espèces, remplacement des céréales par des méteils…), diminution du nombre d’animaux mais amélioration de leur productivité…

Rodolphe Puig, conseiller ovin, s’est livré au même exercice sur des élevages ovins, parvenant aux mêmes pistes d’adaptation : augmentation de l’autonomie alimentaire du cheptel, amélioration des résultats techniques des animaux (baisse de la mortalité des agneaux, augmentation de leur productivité…)
La première conclusion de cette étude montre l’incidence de ce changement (qui commence à être ressenti dans les exploitations) directement sur le revenu, Mais des voies d’adaptation sont possibles et ne sont pas toutes explorées à ce jour . Elle replace au cœur de l’exploitation le système fourrager et la technicité des ateliers. .
Élevages bas carbone
Thierry Gayral, conseiller Références Bovin Lait, présentait ensuite l’outil de diagnostic Cap2ER utilisé par la Chambre d’Agriculture pour mesurer les émissions de gaz à effet de serre des élevages et proposer des plans de d’action carbone. Les données montrent que les principales sources d’émission sont la fermentation entérique des ruminants, les effluents d’élevage, la fumure azotée et dans une moindre mesure les consommations d’énergie (fioul, électricité). Cet outil informatique Cap2ER permet de cibler les changements de pratiques à mettre en œuvre pour diminuer et quantifier les tonnes de carbone évitées. 20 élevages laitiers Lotois ont déjà engagé cette démarche de labellisation bas carbone dans le cadre de programme d’action des laiteries. Damien Lauprêtre, précisait que l’association France Carbone Agri met en relation les éleveurs avec les entreprises susceptibles de racheter ces tonnes de carbone évitées. Les premières moyennes indiquent une réduction de 300 tonnes sur cinq ans valorisables dans une démarche de cession des crédits carbone. . Il soulignait que cette démarche est appelée à s’étendre aux élevages ovins et caprins. Les éleveurs intéressés peuvent s’adresser à la Chambre d’Agriculture qui a crée un poste de conseiller « climat ». Colette Copin, nouvellement arrivée sera en charge notamment de l’animation de cette thématique et d’accompagner les appels à projet France carbon agri.

Réunion d’information : adaptation au changement climatique