La session de la Chambre d’Agriculture s’est tenue le 29 novembre à Cahors sous la présidence de Christophe Canal en présence du Préfet et du président du Conseil Départemental. Les membres ont assisté à une présentation de l’étude régionale Climagri présentant les scénarios d’adaptation de notre agriculture aux changements climatiques à venir pour 2050.

La Chambre d’Agriculture boucle son année 2019 avec un budget équilibré marqué par la stabilité des dépenses et des recettes, témoignant de la pertinence des efforts de gestion engagés. Elle prépare maintenant son prévisionnel 2020 dans un état d’esprit plus serein que cet été comme le soulignait Christophe Canal « le Gouvernement envisageait de nous porter un très mauvais coup en diminuant drastiquement nos ressources et en les régionalisant. Les conséquences auraient été catastrophiques sur nos moyens d’action au moment où les agriculteurs ont le plus besoin d’accompagnement pour s’adapter aux grands changements en cours. Je tenais à remercier la forte mobilisation de tout notre réseau ainsi que le soutien du Département qui ont permis de trouver les bons arguments pour faire revenir le Gouvernement à la raison en abandonnant ce projet. Nous travaillons maintenant avec le Ministère à mettre en place un contrat d’objectif pour répondre à ces nouveaux défis… »
Ce budget 2020 met en évidence notamment l’investissement volontaire de la Chambre d’Agriculture vers l’agriculture biologique, avec le recrutement d’un(e) conseillèr(e) qui sera en charge de l’animation d’une équipe technique pluridisciplinaire BIO.
Il remerciait ensuite Jean-Claude Coudon qui assure l’intérim de la direction, après le départ du directeur Philippe Revel, dans l’attente du renouvellement de ce poste.
Étude Climagri
La Région Occitanie est très consciente des conséquences majeures du changement climatique à l’horizon 2050. Elle a donc adopté un plan d’action ambitieux visant à la rendre autonome en énergie et à diminuer drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre. L’activité agricole représente aujourd’hui 30 % de ces émissions à travers trois gaz principaux : le méthane issu de la fermentation entérique des ruminants et des effluents d’élevage, le protoxyde d’azote issu des engrais azotés dans les sols et des effluents d’élevage, et enfin le gaz carbonique produit par les consommations énergétiques du secteur. On notera que ces émissions ramenées à l’hectare sont 35 % inférieures à la moyenne nationale car nous avons une agriculture moins intensive qu’au niveau national. Elle doit cependant adapter ses pratiques pour répondre à l’objectif fixé : diminuer ses émissions de 50 % à l’horizon 2050. La Chambre Régionale d’Agriculture pilote cette démarche avec l’aide de l’ADEME. Elle a chiffré quatre scénarios d’évolution de notre Agriculture d’ici 2050 : 1/ Transition énergétique, environnementale et alimentaire,
2/ priorité à la production agricole dans un contexte de crise alimentaire, 3/ libéralisation et métropolisation, 4/ Agriculture productive et territorialisée. Seuls les scénarios 1 et 4 respectent les objectifs de baisse des émissions. Par ailleurs, la région prévoit une augmentation de sa population de 1,1 million d’habitants en 2050 et souhaite que son Agriculture puisse la nourrir. Seul le scénario 4 y parviendrait car il permet de conserver un niveau de production agricole dynamique sur l’ensemble des territoires tout en adoptant des pratiques vertueuses au regard de ces enjeux.
Grandes orientations
Le scénario retenu s’appuie sur quelques grandes orientations :

  • sécuriser et développer l’irrigation (création de retenues, optimisation de l’eau…)
  • développer l’Agriculture de conservation des sols (couverts végétaux permanents, remplacement du labour, préservation contre l’érosion et augmentation de la captation du carbone dans les sols…)
  • favoriser l’intensification agronomique (3 cultures en 2 ans, cultures associées…)
  • optimiser la gestion des systèmes fourragers et diminuer de 50 % les importations de tourteaux de soja
  • développer les productions de qualité et atteindre 30 % en Agriculture Biologique
  • développer les circuits de proximité peu gourmands en énergie
  • développer les énergies renouvelables (méthanisation et photovoltaïque).

Cette présentation donnait ensuite lieu à un débat. Les responsables agricoles lotois ont exprimé leur adhésion globale à ces objectifs et souligné que ces pratiques font déjà l’objet de nombreuses expérimentations dans toutes les filières de production. Ils ont néanmoins pointé du doigt quelques contradictions comme la suppression du glyphosate, herbicide pourtant nécessaire à la suppression des couverts végétaux en Agriculture de conservation des sols ! De même, la création de nouvelles réserves d’eau se heurte à une réglementation bien trop compliquée. L’élevage de ruminants est pointé du doigt pour ses émissions de méthane mais contribue pourtant à l’entretien des prairies, véritables puits de carbone… Christophe Canal concluait les débats en soulignant que la Chambre d’Agriculture sera motrice dans ces changements en trouvant les solutions les mieux adaptées à notre terroir.
Actualité
Les membres abordaient ensuite quelques sujets chauds d’actualité. Christophe Bonnet dénonçait l’absence de retour des résultats des contrôles PAC de surfaces peu productives. Stéphane Pons critiquait l’inefficacité de la loi Egalim dont les producteurs attendent toujours les effets. Hervé Gauzin revenait sur les dossiers sécheresse 2018 et 2019 avec les problèmes de zonage et de retard de versement des aides. Sylvie Rauffet s’inquiétait de la disparition de la production tabacole avec toutes les conséquences économiques sur les exploitations. Lionel Fouché dénonçait le retard de versement de la deuxième partie des aides DJA dont les jeunes installés ont pourtant besoin. Enfin Christophe Canal demandait le maintien des aides pour les maîtres d’apprentissage accueillant des apprentis post bac.
Serge Rigal saluait les conclusions de l’étude Climagri en insistant sur la nécessité de maintenir l’élevage sur nos surfaces peu productives afin de préserver notre territoire des incendies.
Le Préfet Jérôme Filippini concluait la session en félicitant les responsables pour la bonne gestion de la Chambre d’Agriculture et en approuvant les grandes orientations prises pour rendre l’agriculture plus durable.