Réunis en session le 11 mars à Cahors, les membres de la Chambre d’Agriculture ont débattu autour des grands programmes de transition vers l’agriculture durable. Les équipes techniques accompagnent les exploitants vers ces certifications Haute Valeur Environnementale, Agriculture Biologique et Label bas carbone, qui intéressent de plus en plus d’agriculteurs.

Cette session se tenait exceptionnellement à la salle de conférence de la Chambre des métiers pour pouvoir respecter les distances de sécurité en matière d’hygiène. Le Président, Christophe Canal, accueillait les membres et les personnalités, dont le préfet du Lot et le président du conseil départemental. Il soulignait que l’année 2020 restera atypique à cause de la crise sanitaire qui a touché tous les pans de notre économie, dont l’Agriculture. Il remerciait tous les responsables professionnels et les équipes techniques qui sont restés particulièrement mobilisés pour assurer les services aux agriculteurs sur le terrain y compris pendant les confinements.
Exercice positif
La présentation des résultats comptables faisait ressortir un excédent pour l’année 2020. En effet, la Chambre d’Agriculture a réussi à maintenir l’essentiel de ses prestations mais a réalisé d’importantes économies de fonctionnement liées au contexte de la crise sanitaire (moins de charges de personnels, de déplacements…). Elle dégage donc un excédent qui renforce son fond de roulement et va lui permettre de mieux supporter l’investissement prévu sur son siège à Cahors chiffré autour d’1 M d’€. Celui-ci va faire l’objet d’une rénovation au niveau du renforcement de son isolation thermique et de sa mise aux normes. Christophe Canal précisait que cet exercice 2020 est exceptionnel et qu’il convient de rester mobilisé pour maintenir l’équilibre financier sur les prochaines années.
HVE, bio, bas carbone
Les responsables des services présentaient ensuite les trois certifications.
Anne Couderc et Christelle Lacombe détaillaient la démarche Haute Valeur Environnementale, basée sur le volontariat, qui répond aux attentes sociétales. Cette certification officielle est accessible à toutes les filières et présente l’avantage de rendre les pratiques agricoles visibles. La Chambre d’Agriculture accompagne déjà plus de 120 exploitants par des formations et des diagnostics individuels, et beaucoup d’autres sont intéressés. Les vignerons et les arboriculteurs sont les plus impliqués alors que les éleveurs et les grandes cultures commencent juste à découvrir ce label. Les professionnels déploraient que cette certification soit encore très méconnue des consommateurs et qu’elle n’amène pas de réelle plus-value commerciale.
Henri Bonnaud et Pierre-Henry Mons présentaient ensuite la filière bio Lotoise. Le nombre de producteurs est en forte hausse, près de 600 aujoud’hui, répondant au formidable engouement des consommateurs pour ce créneau. La Chambre d’Agriculture a donc embauché une ingénieure spécialisée pour les suivre. Ils bénéficient de nombreux services : informations sur la transition, formations spécifiques par production, diagnostics d’exploitations, montage des dossiers, appui à la commercialisation via la plate forme Mangez Lotois. Henri Bonnaud déplorait cependant le manque de valorisation du label bio dans certaines productions comme la viande bovine ou ovine. Il alertait également sur les impasses du nouveau règlement bio Européen en préparation au niveau de la finition des animaux.
Alain Lafragette et Damien Lauprêtre expliquaient à leur tour la labellisation des élevages bas carbone. L’institut de l’élevage a élaboré un outil de diagnostic Cap2er qu’utilisent les conseillers de la Chambre pour diagnostiquer les élevages bovins. Cela leur permet de s’inscrire dans une démarche de réduction des gaz à effet de serre pour bénéficier de ce label. Les crédits carbone économisés peuvent être revendus à des entreprises d’autres secteurs. Cette démarche est opérationnelle depuis 2015, la Chambre d’Agriculture ayant déjà accompagné plus d’une vingtaine d’élevages bovins. Les professionnels souhaiteraient donc qu’elle s’ouvre maintenant aux élevages ovins et caprins.
Actualité
Les membres abordaient ensuite les sujets d’actualité. Christophe Canal se félicitait du plan de relance gouvernemental et des aides qui vont permettre de dynamiser nos filières de production. Gérard Lavinal remerciait tous les acteurs de la filière ovine qui se sont concertés pour élaborer un plan de relance commun afin de préparer activement l’avenir de notre élevage ovin. Il soulignait que tous les éleveurs en bénéficieront grâce à la modernisation des outils de la filière, notamment de l’abattoir de Gramat. Martial Brouqui saluait à son tour le plan de filière caprine du fromage rocamadour. Les producteurs veulent préparer les conditions de production à l’horizon 2035. Il alertait cependant sur la crise actuelle des chevreaux qui ne trouvent plus de débouchés. Alain Lafragette revenait sur la loi Egalim pour exiger son application afin de retrouver des marges positives au niveau de la production. Il souhaitait également l’aboutissement rapide du dossier sécheresse 2020 pour lequel le Préfet a garanti l’octroi de l’aide obtenue sur une enveloppe de 1,9 M d’€. Hervé Gauzin abordait la préparation de la future PAC 2023, en réclamant que la profession soit associée à la préparation du plan stratégique national. Il insistait sur la défense des spécificités Lotoises, les surfaces pastorales proratisées, les zones de piémont et sèches. André Delpech militait pour que les futurs éco-régimes reconnaissent la captation du carbone par les prairies naturelles déjà en place, et que les aides couplées soient maintenues. Les membres votaient donc à l’unanimité une motion réclamant que la profession soit associée à la construction du plan stratégique national structurant la future PAC 2023 – 2027. Enfin, Francis Andrieu remerciait tous les anciens qui se sont mobilisés pour porter la retraite agricole à 85 % du SMIC et soulignait les difficultés d’accès des retraités à la vaccination.
Le président du département, Serge Rigal, se félicitait des efforts engagés par la Chambre d’Agriculture pour répondre aux attentes des Lotois, en matière de respect de l’environnement comme les circuits courts avec la plateforme Mangez Lotois dont l’efficacité est remarquable. Le Préfet concluait la session en saluant également l’engagement de l’institution pour relever ces nouveaux défis d’adaptation malgré les difficultés du contexte sanitaire. Il renouvelait l’appui des pouvoirs publics pour continuer à œuvrer dans ce sens.