Réunis en session le 2 décembre, les membres de la Chambre d’Agriculture ont fait le bilan d’une année 2020 qui restera marquée par la situation exceptionnelle engendrée par l’épidémie de Covid-19. Responsables agricoles et personnalités se sont félicités de la mobilisation et de l’appui renforcé apporté par les équipes de l’établissement consulaire pour maintenir l’activité agricole et permettre d’alimenter normalement nos concitoyens. Ils ont aussi souligné les graves conséquences économiques qui touchent plusieurs filières Lotoises.

Cette première session depuis le début de l’épidémie avait un caractère particulier, se tenant dans le respect des gestes barrière, notamment du port du masque. Le président Christophe Canal ouvrait la séance en rendant hommage à Jean-Jacques Raffy récemment disparu, une minute de silence a été observée en sa mémoire. Il se félicitait ensuite de la mobilisation des équipes pour appuyer les agriculteurs pendant cette crise exceptionnelle « depuis le printemps, nous sommes confrontés à des défis inédits qui touchent tous les niveaux de la société. Les agriculteurs ont du se mobiliser dans des conditions difficiles pour continuer leur travail et assurer l’approvisionnement alimentaire des Français. Cette terrible crise a au moins permis de faire prendre conscience que l’alimentation reste fondamentale et que nous avons la chance d’avoir encore une production locale de qualité. Ce serait bien que nos concitoyens, parfois très critiques sur nos pratiques, ne l’oublient pas… »
Développement des prestations
La Chambre d’Agriculture présente un budget prévisionnel 2021 en léger déficit avec une stagnation de la recette de l’impôt, une diminution des subventions, mais une forte volonté de maintenir les prestations aux agriculteurs et de développer d’autres services en qualité de bureau d’études auprès des collectivités et des opérateurs privés. Ainsi, elle a embauché une conseillère en agriculture bio et va recruter un conseiller chargé de l’adaptation au changement climatique, partagé avec la Chambre du Tarn et Garonne. Elle va aussi embaucher un agent chargé de développer toutes les actions relatives au déploiement des énergies renouvelables. Elle a également la volonté de nouer des partenariats avec les collectivités locales comme les Communautés de Communes. Une stratégie déployée pour compenser la baisse régulière des subventions publiques et l’érosion des recettes fiscales due au gel du taux de prélèvement décidé par l’État depuis plusieurs années. Parallèlement, l’établissement travaille à réduire ses coûts de fonctionnement en régionalisant certains services, un service commun élevage Lot/Tarn et Garonne, une agence comptable commune avec le Tarn et Garonne et la Haute Garonne, une mutualisation des services administratifs.
Main tendue
Alain Lafragette, président du CAL, présentait ensuite la démarche de constitution du pacte de bon voisinage et de la charte phyto « la profession a élaboré ce pacte pour plusieurs raisons. C’est d’abord une main tendue à tous les ruraux riverains de nos exploitations pour expliquer nos pratiques, montrer nos contraintes et susciter aussi des vocations. Nous voulons positiver le métier et le montrer tel qu’il est. C’est également un outil de médiation au service des mairies pour encourager le dialogue et désamorcer les conflits. Nous allons maintenant le porter auprès de ces collectivités pour le faire vivre. Je remercie l’association des maires et le préfet d’avoir soutenu cette initiative. L’aménagement concerté de notre territoire passe par ce dialogue renforcé… ». Le président du département, Serge Rigal, et le préfet saluaient cette démarche en soulignant son aspect constructif.
Actualité de crise
Les membres abordaient ensuite les différents points de tension de l’actualité. Anne Couderc critiquait la révision envisagée de la zone vulnérable nitrate qui rajouterait une vingtaine de communes Lotoises sur des critères totalement incohérents et des communes où l’agriculture est très peu présente. Hervé Gauzin tirait la sonnette d’alarme sur l’effondrement des prix des broutards et la non application de la loi Egalim. Il soulignait la perte de marge des éleveurs qui sont contraints de conserver leurs animaux. Dans le même domaine, Philippe Rauly insistait sur la détresse des petites entreprises du secteur de la viande qui souffrent beaucoup et pourraient disparaître, privant la filière d’acteurs économiques. Concernant le lait, Stéphane Pons demandait lui aussi l’application de la loi Egalim car la crise sanitaire a fait baisser le prix de 20 €/ 1000 l, décrochant ainsi encore plus des coûts de production. Gérard Lavinal alertait à son tour le préfet sur la situation de la filière avicole, notamment les palmipèdes, qui subissent d’énormes pertes d’activité et doivent maintenant affronter le risque de grippe aviaire ! Cela aura un impact sur l’emploi local. Jean-Marie Laporte insistait sur l’effondrement des prix des noix qui plonge cette production dans la crise, ainsi que sur les problèmes d’irrigation avec le captage des eaux de la Dordogne et l’impossibilité de constituer des retenues. Alain Lafragette s’inquiétait de l’évolution du projet de future PAC, notamment de la prise en compte des spécificités Lotoises comme la zone piedmont ou les surfaces peu productives. Il s’interrogeait également sur la teneur du nouveau système de contrôle que le Ministère envisage de mettre en place. Enfin, Christophe Canal s’inquiétait de la déstabilisation de nombreuses filières agricoles qui voient leurs ventes s’effondrer, et souhaitait une reprise rapide des commerces et autres débouchés au plan national comme local.
Vincent labarthe, vice président de la région Occitanie, rappelait le plan de soutien massif engagé pour appuyer les acteurs économiques, dont les agriculteurs, à travers les dispositifs comme les Pass rebond et relance. Serge Rigal, le président du Conseil Départemental, se félicitait de la mobilisation de toutes les collectivités territoriales pour accompagner les entreprises dans cette période de crise aiguë. Enfin, le Préfet du Lot félicitait les agriculteurs pour leur mobilisation au cours de la crise et annonçait l’arrivée des aides du plan de relance gouvernemental. Il souhaitait qu’un maximum de projets Lotois puissent en bénéficier pour jouer un rôle de levier et relancer toutes les activités.