Le couvert semé après moisson permet de protéger le sol contre l’érosion (vent, orages d’été et pluies d’automne), les fortes températures estivales et nourrir la vie du sol. Selon les espèces semées, il peut aussi être une ressource fourragère de secours, utile en cas de manque. Le mieux est également qu’il coûte le moins cher possible !

Pour l’essai de Castelnau Montratier, l’accent a été mis sur la réduction du coût d’implantation avec deux modalités : Semoir combiné avec herse rotative sur chaumes et semis à la volée dans les chaumes d’orge au microgranulateur (épandeur à anti-limaces) monté sur un quad, suivi d’un broyage des chaumes, technique du « semis sous mulch ».
Le mélange à 30 kg/ha de sorgho sudan (15 kg/ha), moha (8 kg/ha) et trèfle d’Alexandrie (7 kg/ha) a été semé le 9 juillet, juste après la moisson de l’orge. Ces espèces ont été choisies pour leur capacité à supporter le semis à la volée, leur tolérance à la sécheresse et leur facilité à geler afin d’éviter une destruction chimique. Semer un couvert au début de l’été permet aux plantes de s’installer et de cumuler un nombre important de degrés jours avant l’hiver, plus de 2500 degrés jours (base 0°C) entre début juillet et fin novembre sur le Quercy Blanc. Ce cumul de température est indispensable pour atteindre une biomasse importante, surtout si le couvert contient des légumineuses qui ont besoin de de chaleur.
Lorsqu’on sème avec un microgranulateur, le réglage est un peu compliqué au départ entre la vitesse et la largeur et le débit, il faut faire plusieurs essais pour se caler sur la dose visée. Eviter les déflecteurs sur le microgranulateur, car les chocs sur les déflecteurs peuvent fissurer ou éclater les graines.
Il n’a pas plu après le semis, seul le sorgho a difficilement levé sur la partie implantée au semoir combiné. Ce n’est que vers le 20 août que la pluie (plus de 60 mm) a fait lever le moha et le trèfle et conforté la croissance du sorgho sur cette partie de l’essai. La modalité Semis à la volée au microgranulateur et broyage des chaumes est un échec cette année, c’est une technique plus risquée qui ne donne des résultats satisfaisant que si la pluie tombe rapidement après le semis. Le couvert a été pâturé une fois par les vaches, s’il avait levé plus tôt, deux pâturages auraient été possibles.
L’été 2020 a été difficile pour l’implantation des couverts après récolte, le sorgho sudan confirme une fois encore sa bonne capacité à lever et produire de la biomasse sur l’été en situation hydrique et thermique difficile. Le semis à la volée au micro-granulateur et broyage des chaumes, ou « semis sous mulch » reste une technique économiquement intéressante et rapide, déjà testée les années précédentes, mais à réserver aux situations où des pluies significatives sont annoncées dans les jours qui suivent le semis. Le semis avec un léger travail pour enfouir et recouvrir les graines est plus sûr.
Nous remercions particulièrement Philippe Daunac pour la mise à disposition de sa parcelle, de son matériel, de son temps et de ses vaches, ainsi que Caussade-Semences pour la fourniture des doses de semences.
Retrouvez la vidéo, de la mise en place du couvert jusqu’au pâturage sur le site internet de la Chambre d’Agriculture du Lot.
Fabien Bouchet-Lannat
Vincent Audouit