Les moissons sont commencées et laissent les sols agricoles couverts de chaumes ou presque nus, sensibles à la dégradation par les températures estivales. C’est le moment de penser à l’implantation de couverts végétaux qui présentent de nombreux atouts.

Avantages

  • lutter contre l’érosion,
  • structurer le sol,

Le couvert permet de nourrir la vie du sol (vers de terre, insectes auxiliaires, champignons, bactéries), c’est un élément important qui assurera un bon fonctionnement et une bonne structure de sol.

  • rééquilibrer la matière organique et le C/N, qui doit être proche de 10
  • pour un bon fonctionnement du sol,
  • piéger les nitrates en automne et du carbone,
  • limiter le salissement des parcelles.

Critères de choix

  • optez pour des mélanges d’espèces sécurisant la réussite des couverts
  • évitez de choisir des espèces, surtout en pures, présentes dans la rotation

Semer ni trop tôt ni trop tard

  • L’implantation juste après la moisson permet de bénéficier de l’humidité résiduelle du sol.
    Les « espèces à couvert » particulièrement bien adaptées à ces conditions de semis précoce sont les espèces présentant un cycle assez long et résistantes aux conditions estivales chaudes comme le moha, le sorgho, la vesce pourpre, la gesse, l’avoine rude, le trèfle d’Alexandrie, le trèfle de Perse, le radis chinois et la moutarde d’Abyssinie (moutarde à cycle long qui ne produira pas de graines, même si semée en juillet).
  • L’implantation plus tardive réduit la production de biomasse et nécessite des mélanges d’espèces à cycle court, comme la moutarde blanche ou brune, l’avoine rude ou la phacélie.
    Eviter moha, fénugrec, nyger ou sarrasin, trop sensibles aux gels précoces.
  • Les couverts peuvent aussi être mellifères et fournir de la ressource aux abeilles sur l’automne, ils participent à la biodiversité.

Apporter une attention au semis
Ne pas trop réduire les doses de semis pour bénéficier de l’effet couverture du sol et concurrencer les adventices.
Crucifères et avoine peuvent se contenter d’un semis à la volée
Les graines plus grosses (fèverole, phacélie, moha, sorgho) nécessitent un bon positionnement dans le sol

Effet sur le rendement de la culture suivante
Il peut être positif ou négatif, en fonction notamment des espèces implantées, de leur développement, de la date de destruction, du type de sol et des conditions de l’année.
Un critère important à prendre en compte est le rapport entre le carbone et l’azote dans la biomasse du couvert (rapport C/N), qui va définir la vitesse de dégradation du couvert. Plus ce rapport est élevé, moins le couvert est facilement et rapidement dégradable, et plus il consomme d’azote pour se dégrader.

  • C/N faible
    Couverts jeunes, peu développés et légumineuses (pois, vesces, féverole, gesse, lentille…)
    Les couverts à C/N faible sont facilement et rapidement dégradables, pouvant restituer plus de 50 % de son azote au cours du cycle de la culture suivante.
    Ces couverts sont intéressants pour les sols dont le C/N est trop élevé.
    Sur un sol céréalier, où les pailles sont restituées régulièrement, un couvert riche en légumineuses, à C/N faible, rééquilibrera la « ration du sol » et améliorera son fonctionnement.
  • C/N élevé
    Couverts développés de céréales (avoine, seigle), moutarde, phacélie, sarrasin, nyger…
    Les couverts à C/N fort immobilisent de l’azote lors de leur décomposition (jusqu’à 30 unités). Les restitutions d’azote à la culture suivante sont donc faibles (attention à l’effet dépressif à la levée).
    Ces couverts sont intéressants pour les sols dont le C/N est faible.
    Sur un sol, où les pailles sont exportées ou qui reçoit régulièrement des engrais azotés de synthèse, du lisier, un couvert à base d’espèces riches en cellulose permettra d’augmenter le C/N du sol.

Des exigences réglementaires – Directives nitrates
Si, en 2022, une culture de printemps est implantée et la culture récoltée en 2021 est

  • un maïs grain, sorgho et tournesol alors il faut enfouir les résidus dans les 15 jours après récolte
  • un colza alors les repousses doivent être laissées en place au moins 1 mois
  • une céréale à paille, un maïs ensilage ou une autre culture alors il faut
    • mettre en place une couverture des sols sur au moins 25% de la surface en inter-culture longue, en zone à contrainte argileuse (pouvoir justifier d’analyses d’argile) dont 20 % maximum de repousses
    • mettre en place une bande végétalisée non fertilisée d’au moins 5 mètres de large le long des cours d’eau, non BCAE, si pas il n’a a pas de couverture des sols.

Contact : Fabien BOUCHET-LANNAT / 06 30 60 16 22 / f.bouchet-lannat@lot.chambagri.fr