La Chambre d’Agriculture a organisé une grande démonstration des nouveaux matériels de binage et autre désherbage mécanique. Dix outils ont montré leurs capacités, dont les nouvelles bineuses pilotées par caméras. L’innovation au service d’un désherbage durable sans produits chimiques, pour les producteurs bio mais aussi conventionnels.

En pleine transition vers des pratiques durables respectueuses de l’environnement, l’Agriculture Lotoise voit aujourd’hui arriver de nouveaux matériels. Avec de moins en moins de molécules herbicides utilisables, et de plus en plus d’exploitants qui se convertissent au bio, le désherbage mécanique devient un enjeu crucial pour vaincre les adventices et maintenir les potentiels de rendements. Heureusement, les fabricants de matériels commencent à bénéficier de nombreuses années d’expérience et proposent désormais toute une palette d’outils adaptés aux diverses cultures et conditions culturales.


Grande démonstration
La Chambre d’Agriculture a mené cet hiver une formation à la production de grandes cultures en bio. Pour compléter la formation, elle a organisé un après-midi de démonstration le 25 mars à Lendou en Quercy, démonstration ouverte à tous les agriculteurs qui étaient venus nombreux. Le président de la Chambre, Christophe Canal, a remercié les fabricants de matériels ainsi que Sébastien Lafargue de l’EARL de Monseigne qui avait mis sa parcelle à disposition. Avec le concours du conseiller spécialisé de la Chambre d’Agriculture du Gers, Jean Arino, des conseillers Lotois, Lucile Dréon et Vincent Audouit, ainsi que des fabricants et concessionnaires, les dix matériels ont été présentés au public. Puis ils ont réalisé quelques allers/retour sur la parcelle pour montrer leur travail en conditions réelles. Cette démonstration a suscité beaucoup d’intérêt et d’échanges entre agriculteurs et avec les fabricants. Ces matériels en pleine évolution constituent de véritables alternatives au désherbage chimique. Ils correspondent aux attentes des producteurs, mais ces innovations ont un prix souvent élevé. Leur acquisition mérite donc une grande réflexion préalable sur leur amortissement.

Trois types d’outils

Trois types de matériels sont disponibles sur le marché, les bineuses, les houes rotatives et les herses étrille. Ils sont dotés d’éléments mécaniques de travail du sol différents. Des caractéristiques qui leur permettent d’intervenir sur une grande diversité de cultures ainsi que dans des conditions d’état du sol variées.

  • Bineuses :
    Trois bineuses étaient présentes, Einboek (Autrichien), Schmotzer (Allemand) et Garford (Anglais). L’élément bineur est un soc monté sur dent vibro ou fixe et plus ou moins incurvé. Ce sont des matériels de dernière génération munis de caméras de guidage haute définition qui guident l’outil sur le rang. Elles sont polyvalentes et adaptatives avec des écartements variables leur permettant de se caler sur le type de culture. Plusieurs modèles sont disponibles en fonction du nombre de rangs. Leurs prix sont plutôt élevés, de 35000 à 50000 €, justifiés par leurs hautes technologies, les caméras…
  • Houes rotatives :
    Trois houes rotatives étaient également à l’essai, Carré (Français), Phenix (Français) et Treffler (français). Ces houes sont constituées d’éléments rotatifs munis de doigts en étoiles qui arrachent les adventices au passage. Ces outils permettent de travailler à grande vitesse, 12 à 15 km/h, et sont donc adaptés aux grandes parcelles. Leur travail de désherbage et d’écroutage est souvent complété par la présence de peignes plus ou moins repliables. Ces houes peuvent constituer un passage de préparation idéal avant l’intervention des herses étrilles notamment sur les céréales. Leurs prix varient de 14000 à 30000 €, selon la largeur et le nombre d’éléments présents.
  • Herses étrille :
    Quatre marques de herses étaient testées, deux herses étrille, Carré et Treffler, et deux roto étrilles, Einboeck et Apv. Les herses étrille sont les bineuses les plus anciennes, utilisées depuis longtemps, qui bénéficient de la plus grande expérience. Leurs derniers modèles en profitent avec des éléments bien conçus. Selon la largeur, elles ne nécessitent pas de grosses puissances de traction. Ces herses portées ou semi-portées sont repliables pour pouvoir circuler sur la route et passer partout. Equipées d’étrilles simples fixes ou d’éléments plus sophistiqués, elles sont utilisées à vitesse moyenne, 8 à 10 km/h sur céréales ou bien 4 à 6 km/h sur cultures d’été type soja ou maïs. Des matériels de 15000 € à 40000 € facilement adaptables et réglables en fonction des conditions culturales.