Des rencontres autour des cours d’eau : c’est ce que va proposer la Chambre d’Agriculture aux riverains, aux élus, pour échanger, débattre et mobiliser les énergies pour encourager l’entretien des cours d’eau. Les agriculteurs en effet sont les premiers acteurs, souvent irremplaçables pour préserver ce bien commun.

Les cours d’eau sont des indicateurs forts de paysages. Leur entretien, s’il se révèle souvent indispensable souffre de nombreuses incompréhensions sur le terrain.
La Chambre d’Agriculture a pris l’initiative d’engager ou de réactiver au plus près du terrain, un dialogue entre les différents partenaires du ruisseau ou de la rivière : agriculteurs, autres riverains, élus administrations, syndicats de rivière… C’est à ce titre qu’elle a programmé une série de plusieurs rencontres autour de l’eau, dont les premières ont débuté en Bouriane sur deux secteurs : la vallée du Vert et le bassin du Tournefeuille en septembre dernier… Le principe de ces rencontres repose sur une présentation des principes qui gèrent les opérations réalisables sur les cours d’eau. A ce titre il est utile de rappeler qu’un guide des riverains illustre les méthodes et règles d’entretien réguliers des cours d’eau. Celui-ci est disponible sur le site des services de l’État dans le Lot : www.lot.gouv.fr
Sur ce même site une cartographie consultable recense les cours d’eau du département du Lot et permet d’identifier ce qui est identifiable à un cours d’eau des autres fossés, rigoles, biales qui n’en sont pas.
Lors de ces deux rencontres, il est apparu que de réelles solutions existent pour intervenir efficacement sur les cours d’eau, tous en respectant la réglementation en vigueur. Pour cela les services de la DDT (service de la police de l’eau) se tiennent à disposition des riverains pour les conseiller et les guider dans ces opérations.
Faire évoluer les a priori constitue un des axes majeurs de ces échanges qui se prolongent sur le terrain pour une observation « in situ » des méthodes à privilégier.
En complément de ces informations, Adasea.d’oc fait un état des lieux des zones humides, ainsi que les accompagnements techniques et financiers qui permettent de les préserver. Enfin la GEMAPI, qui constitue le récent transfert de compétences attribué aux collectivités est expliqué par les services de l’État . Une présentation accompagnée des commentaires et d’explication des élus locaux sur le type d’engagement de la collectivité concernée.
Sur le terrain exercices pratiques
Des riverains attentifs aux explications apportées par les agents des services de la police de l’eau.
Supprimer des embâcles : possibilité d’intervenir depuis la berge avec des engins (pelles mécaniques, griffes…)
Gestion des seuils : il est possible d’accélérer le cheminement de l’eau et améliorer l’assise du lit du ruisseau en ouvrant des brèches dans la partie centrale du seuil calcaire. Si une intervention manuelle est à privilégier rien n’exclut une intervention des engins depuis la berge.
Des agriculteurs engagés et responsables
Vallée du Vert : une association opérationnelle
Il y a 20 ans, à l’initiative de Claude Baldy, les agriculteurs et plusieurs riverains non agriculteurs ont entrepris de restabiliser leur rivière. Ils créent alors l’Association « Les riverains du Vert et ses affluents ». Elle mobilisait plusieurs partenaires autour de ce projet de restauration des berges, menée à bien au début des années 2000 sur 16 km de ruisseau de sa source à Catus.
La mobilisation des agriculteurs et de leurs engins a été déterminante pour la réussite de ce projet.
Vingt ans après ils veulent prendre un nouvel élan pour rétablir un bon fonctionnement du cours d’eau. Aussi dans la logique de la réunion à Gigouzac, ils ont tenu à apporter leur contribution pour déblayer deux embâcles : un au lieu dit « Moulin de Monsieur » et l’autre à l’aval de St-Denis avec des m³ de branchages et de troncs d’arbre dégagés pour rendre au courant sa liberté d’écoulement.
Tournefeuille : un agriculteur motivé et attentif à son ruisseau
Ce cours d’eau souffre sur une partie de son linéaire du développement intempestif de la ripisylve, et de la création d’embâcles souvent provoqués par des barres de tufs. Francis De Nardi, agriculteur à Lamothe-Fénelon est un passionné, de son métier d’abord avec des convictions solides, mais aussi de son territoire et du milieu dans lequel il exerce son métier. Le Tournefeuille est pour lui une ressource pour l’eau dont son activité a besoin, et à ce titre il veille à l’entretenir. Ainsi il assure l’entretien de 6 km de berges avec la gestion de la ripisylve, le dégagement d’embâcles. Il verrait d’un bon œil, que sa démarche soit accompagnée et prolongée au-delà des terres qu’il exploite. Dans ce domaine la collectivité s’est engagée dans un PPG (Programme Pluriannuel de Gestion des cours d’eau) qui peut aider à atteindre ces objectifs, en suppléant notamment un certain nombre de riverains défaillants dans leur responsabilité d’entretien du cours d’eau.