Les possibilités de destruction de l’ambroisie sont peu nombreuses. De plus, cette plante a une grande capacité à faire beaucoup de graines persistantes. Néanmoins, il est indispensable d’utiliser en préalable, les leviers agronomiques avant de concevoir une stratégie pluriannuelle de désherbage chimique.

Rotation des cultures :
Dans les parcelles contaminées, il faut éviter le retour de cultures à risque (tournesol et soja) qui en cas de mauvaise maîtrise de l’ambroisie par les herbicides vont favoriser la production de nouvelles graines.
L’introduction de plus de cultures d’hiver limite la progression de l’ambroisie notamment le colza qui couvre bien le sol jusqu’à la récolte et empêche les levées avant la moisson.
Gestion de l’interculture : Déchaumage et faux semis
L’interculture d’été est donc une période propice à la mise en œuvre de déchaumages superficiels qui peuvent détruire les adventices levées et viser un rôle de faux semis. Sur les parcelles les plus sales, plusieurs faux-semis réalisés à 10-15 jours d’intervalle, toujours à la même profondeur ou de plus en plus superficiellement et rappuyés en surface (pour avoir un bon contact terre/graine) permettent de faire germer un maximum de graines.
Décalage des dates de semis des cultures de printemps
Le retard des dates de semis après une préparation anticipée ou un faux semis peut limiter la pression des ambroisies dans le tournesol et le soja.
Éviter la contamination des parcelles
Nettoyer soigneusement la moissonneuse après la moisson. Veiller également à nettoyer les outils de travail du sol en passant d’une parcelle «contaminée» à une parcelle indemne d’ambroisie.
En bordure de parcelle, le retard des 1er broyages ou fauche au stade boutons des ambroisies limite l’émission de pollen. Un broyage trop précoce peut favoriser l’émission de nouvelles tiges rampantes difficiles à détruire et aptes à fleurir et produire des graines.

Rappel de la réglementation
Si vous exploitez des parcelles en zone vulnérable Nitrates, vous êtes dans l’obligation de couvrir vos sols pendant la période d’interculture.
La couverture des sols n’est pas obligatoire dans les îlots culturaux situés en zone à contrainte argileuse (une analyse de la teneur en argile du sol peut être demandée pour chaque groupe d’îlots contigus et homogènes d’une surface maximum de 25 ha ; cette analyse est à réaliser une seule fois et peut être datée de plusieurs années).
L’exploitant doit consigner la date de travail du sol préalable à l’implantation de la culture principale dans le cahier d’enregistrement des pratiques.
Il doit également appliquer les deux mesures compensatoires suivantes :

  • mettre en place une couverture des sols sur au moins 25% de la surface en inter-culture longue (les repousses denses et homogènes ne dépassant pas 20%),
  • mettre en place une bande végétalisée non fertilisée d’au moins 5 mètres de large le long de tous les cours d’eau.

Si vous constatez la présence d’ambroisie sur les parcelles implantées en cultures intermédiaires pièges à nitrates, vous avez la possibilité de déroger à leur présence minimale de 2 mois, c’est à dire les détruire avant ce délai réglementaire. Il ne s’agit pas d’une dérogation à l’implantation mais à la destruction.
Vous devez alors respecter la procédure suivante :
signaler la présence d’ambroisie sur la plateforme dédiée
compléter et signer le formulaire de demande de dérogation avant de le transmettre à la DDT46 avec la localisation cartographique des zones infestées.
Arrete prefectoral dérogation

Intérêts agronomiques des couverts

  • Enrichir les sols en matière organique pour stimuler la vie biologique
  • Protéger les sols contre l’érosion (pluie, vent)
  • Absorber les éléments fertilisants pour les restituer aux cultures suivantes
  • Participer à la structuration du sol
  • Lutter contre les adventices
  • Créer une rupture parasitaire
  • Fournir un complément fourrager