David Pradayrol s’est installé sur la petite exploitation familiale en la réorientant sur l’agroforesterie avec le pâturage ovin sous châtaigniers, et la diversification sur une culture de bourrache. Il mise sur la qualité et le respect du terroir pour valoriser ses produits.

Fils d’éleveur ovin, David Pradayrol a d’abord suivi des études non agricoles à Rodez puis Roubaix. En 2010, il décide de revenir à la ferme pour la reprendre car son père approche l’âge de la retraite. Il rencontre la conseillère du point accueil installation à la Chambre d’agriculture pour établir son parcours personnalisé. Il commence par passer un BPREA pour acquérir la capacité professionnelle. Puis, s’intéressant au châtaignier, il réalise son stage pratique chez des agriculteurs des Cévennes produisant et transformant des châtaignes. Il s’installe ensuite en 2015.
Projet d’installation
Accompagné par les conseillères d’installation de la Chambre d’agriculture, il élabore son projet. Avec une quarantaine d’hectares et un troupeau de 250 brebis, il prend conscience que c’est insuffisant pour pérenniser l’exploitation. Il décide alors de diversifier ses activités « j’ai compris que je devais innover pour trouver de la valeur ajoutée sur ma ferme tant sur le troupeau ovin que sur les châtaigniers. J’ai décidé de jouer l’autonomie maximale pour réduire autant que possible mes achats extérieurs. J’ai pensé à l’agroforesterie, planter des châtaigniers de façon extensive pour faire pâturer les moutons dessous tout en récoltant les châtaignes…». Sur ses terrains de ségala historiquement favorables au châtaignier, et déjà propriétaire d’un hectare de vieux châtaigniers, il plante alors progressivement neuf hectares supplémentaires avec une variété précoce ( Bétizac ) et une autre tardive ( Maridonne ). Ce sont des plantations extensives avec 50 à 70 arbres/ha, de façon à favoriser la lumière et la pousse de l’herbe. Elles ont bénéficié des aides de FranceAgrimer et des collectivités territoriales, Région et Département.
Conversion en bio
Son père produisait des agneaux basique mais David a choisi d’évoluer vers les signes officiels de qualité pour augmenter le prix de vente « nous vendions nos agneaux sur le marché d’Assier jusqu’à ce qu’il ferme en 2018. Je suis alors passé à ELVEA en adoptant le label rouge « lou paillol » pour tenter d’améliorer la plus value. Mais j’ai trouvé ce label très contraignant et le paiement à la grille assez punitif ! Après réflexion, j’ai décidé de l’arrêter pour convertir l’élevage comme toute la ferme au bio. Je suis en transition depuis 2020, ce qui exige une vraie stratégie alimentaire basée sur l’autonomie maximale. Aujourd’hui, je travaille déjà à 80 % en autonomie et j’ai même diminué légèrement le cheptel en revenant à 220 brebis. Mon objectif est de tendre vers 100 % d’autonomie. Je vends mes agneaux avec un prix annuel fixé, ce qui est plus sécurisant…»
Diversification innovante
Très attaché au respect de l’environnement et du terroir, David Pradayrol a également choisi de lancer une toute nouvelle production de bourrache avec un groupe d’agriculteurs du coin « Les laboratoires Nutergia de Capdenac fabriquent des cosmétiques et compléments à base de bourrache, plante qui connaît un grand succès. Plutôt que de l’importer, ils nous ont proposé de la cultiver ici. C’est une innovation totale, pas de références nationales, nous devons tout tester et expérimenter nous mêmes. J’en ai planté deux hectares et nous avons également créé notre propre marque « les jardins secrets du Quercy » pour transformer et commercialiser notre propre huile de bourrache. Pour les châtaignes, je compte également en transformer une partie en produits dérivés afin de les vendre moi même et d’en tirer une plus-value. Mon exploitation est donc orientée sur des productions de haute qualité garantissant l’origine et le respect de l’environnement…»