Après un été riche en actualité pour le monde agricole (climat, hausse des prix des matières premières, etc …) le syndicalisme majoritaire est mobilisé sur de nombreux sujets. Parmi eux : la défense du revenu des producteurs dans un contexte de hausse des coûts de production, la refonte du système assurantiel et l’impact des politiques de décarbonation sur l’agriculture française et européenne.

La FDSEA du LOT et le réseau FNSEA attendent beaucoup de la prochaine session parlementaire, en particulier du projet de loi de finances 2022 qui devra acter le principe de solidarité nationale sur la gestion des risques, suite au rapport du député Frédéric DESCROZAILLE. Autrement dit pour les responsables syndicaux : « la réforme de l’assurance récolte devient urgente ».
« Un renoncement, une capitulation »
On ne peut pas demander aux agriculteurs de décarboner leur production si la conséquence de leurs efforts est le recours massif à l’importation insiste le syndicat. L’étude d’impact de la Commission européenne sur la stratégie « Farm to fork » est parue cet été. Cette étude se traduit par une baisse de 12 % de la production alimentaire européenne mais aussi par celle de 16 % du revenu des agriculteurs, et ceci uniquement pour répondre à l’objectif de baisse des gaz à effet de serre, s’insurge le réseau FNSEA. Pour les responsables agricoles, cette étude est largement incomplète.

« Qui va payer l’addition ? »
Parce que cette souveraineté doit aussi se concrétiser dans des prix rémunérateurs

Le volet Farm to Fork doit être adopté par le Parlement européen le 10 septembre mais le réseau FNSEA entend bien profiter de la présidence française de l’Union européenne à partir du 1er janvier pour réorienter « cette stratégie vers un objectif de souveraineté alimentaire ».
Produire moins pour importer plus, c’est un renoncement, une capitulation, ce n’est pas acceptable .
« Qui va payer l’addition ? »
Parce que cette souveraineté doit aussi se concrétiser dans des prix rémunérateurs, le syndicat présage déjà que les négociations commerciales qui s’annoncent entre transformateurs et distributeurs devraient être vives et « difficiles ». Rien que pour les volailles, le prix des céréales dont elles se nourrissent, a augmenté de 30 % depuis un an. Il faut ajouter les hausses d’autres matières premières comme le plastique, les emballages carton, le carburant etc, entre +5 % et +40 %. L’impact global correspond à une hausse de +12,5 % pour le prix des volailles. En contrepartie, les distributeurs ne veulent pas entendre d’augmentation de prix supérieur à 2 %.
Pour les responsables syndicaux,  la construction du prix en marche avant doit aller au bout de sa logique. L’agriculteur ne doit pas être la variable d’ajustement du pouvoir d’achat du consommateur !
Un manifeste pour des ruralités vivantes
Il n’y aura pas de relance économique en France s’il n’y en a pas dans les zones rurales.
« Manifeste pour des ruralités vivantes » sera l’une des pierres angulaires de la FNSEA en vue des prochaines échéances électorales : présidentielle et législatives de 2022. Dans ce manifeste, le réseau FNSEA formule dix propositions d’urgence parmi lesquelles, « faciliter l’installation et la transmission en milieu rural pour atteindre 100 000 entreprises durables reprises ou nouvellement implantées dans des communes très peu denses d’ici 2030 », « faire de nos exploitations agricoles et de nos entreprises rurales les moteurs de l’atteinte de la neutralité carbone dans nos territoires » ou encore « Revitaliser 10 000 centres-bourgs d’ici 2050. Encourager les investissements durables ».

Il n’y aura pas
de relance économique en France s’il
n’y en a pas dans
les zones rurales.

Un Conseil d’Administration de la FDSEA du Lot est réuni aujourd’hui même à Soulomes. L’occasion pour faire le point sur ces nombreux chantiers très importants. Un tour d’horizon des différentes filières est également prévu à l’ordre du jour ; un compte rendu vous sera proposé dans le prochain numéro de la Dpl.