La terre, le foncier, est le support de tous nos besoins, l’eau, en qualité et en quantité. La nourriture, l’air, la biodiversité, le logement, l’activité économique, le paysage, les loisirs…

Elle est pourtant une ressource non renouvelable, qu’il faut utiliser avec bon sens. Nous devons penser à l’avenir de nos enfants, à leur possibilité de s’adapter, de vivre sur le territoire que nous leur laisserons.
Malgré tout, nous continuons à artificialiser, à consommer ce foncier si précieux et non renouvelable.
Depuis 2008, nous alertons sur cette tendance qui semblait inexorable.
La volonté politique était là. Quelques lois et mesures ont traduit un éveil des consciences sur la nécessité de limiter la consommation. Malgré tout, nous constatons que la volonté et le « besoin » d’artificialiser sont toujours là.
Pourquoi ? Probablement parce qu’il ne faut pas se contenter de contraindre. Il faut maintenant inventer un nouveau modèle de développement, respectueux de la ressource terre. Des exemples le démontrent : il est possible de créer des logements où il fait bon vivre sans consommer à outrance du foncier ; le nombre d’emplois créés ou le dynamisme économique ne sont pas corrélés au nombre d’hectares consommés.
Il est encore temps d’arrêter cette course à l’artificialisation. La prise de conscience est là. Mais la protection de nos ressources ne se fera pas uniquement en multipliant les contraintes. Elle n’est pas une punition ni une régression. Nous devons au contraire accompagner les collectivités, depuis les communes rurales jusqu’aux grandes métropoles, vers ce nouveau mode de développement. Alors que la crise sanitaire confère un nouvel attrait aux territoires ruraux, il serait dangereux que cette chance se convertisse en une pression supplémentaire incontrôlée sur le foncier.
Emmanuel Hyest, Président de la Fédération Nationale des Safer
Les prix par marché foncier de l’espace rural en 2020