Tous les Français ont été frappés par ces images de viticulteurs ou d’arboriculteurs luttant contre le gel qui s’est abattu brutalement sur la grande majorité des productions et des territoires français. Arboriculture, viticulture, productions de petits fruits, de plantes à parfums, cultures de colza, de betteraves, de céréales… les gelées brutales de la fin de semaine dernière auront des répercussions catastrophiques sur les récoltes comme sur les comptes de résultat des agriculteurs dont certains sont déjà fortement éprouvés par les conséquences de la pandémie. La stupeur est immense dans les campagnes.

Il est impératif aujourd’hui de mobiliser tous les outils à disposition : bien sûr actionner le fonds des calamités comme l’a annoncé le Gouvernement dès la première évaluation des dégâts, mais aussi les mécanismes de prise en charge de cotisations sociales, les dégrèvements fiscaux, les apports de trésorerie sous leurs diverses formes…
Mais au-delà des outils classiques, la mobilisation doit être générale et se traduire par un soutien massif de la Nation envers ses agriculteurs qui ont parfois tout perdu. Bien sûr par des aides financières à la hauteur des préjudices subis, mais aussi par des dispositifs d’accompagnement humain à la mesure du désarroi qui frappe les agriculteurs. Le réseau FNSEA, avec les MSA et les chambres d’agriculture, sera à l’écoute des agriculteurs les plus fragilisés pour les accompagner au mieux.
Ce grand plan de soutien national doit aussi trouver écho auprès de Bruxelles : les soutiens nationaux ne doivent pas être freinés par les règles européennes lorsqu’ils ont pour objet de remédier aux dommages causés par les calamités naturelles et de permettre aux producteurs de ne pas sombrer.
Mais enfin, cette nouvelle catastrophe doit être la dernière à devoir être gérée à postériori.
Donnons-nous les moyens, Europe, Etat, assureurs et agriculteurs de mettre enfin en place une politique de gestion des risques efficace ! Tout doit être mis en oeuvre pour favoriser les dispositifs de prévention, notamment par l’amélioration du volet gestion des risques du plan de relance. Par exemple, par une meilleure gestion de l’eau : l’aspersion a limité les effets du gel, comme l’irrigation ceux de la sécheresse de 2020 ! Tout doit également être organisé pour renforcer les outils assurantiels et de gestion des risques, notamment en utilisant les marges de manoeuvre européennes issues du règlement omnibus, en équilibrant leur financement par une contribution publique plus importante et indispensable et en mettant en place une gouvernance associant tous les acteurs.
Alors que les phénomènes naturels et climatiques extrêmes se multiplient, les travaux menés et les propositions qui en découlent, qu’il s’agisse de notre rapport d’orientation de 2020 présentant les actions de lutte contre le changement climatique ou du rapport qui va être déposé par le député Frédéric Descrozailles, doivent trouver une concrétisation ambitieuse.
Il en va une fois encore de la pérennité de la production agricole sur le territoire français. C’est tout l’enjeu de notre souveraineté alimentaire promue par le Président de la République.