Le nouveau règlement Européen bio 2022 risque d’impacter gravement la filière car il interdirait toute finition des animaux à l’étable, une pratique très répandue et indispensable.

Les responsables professionnels ont découvert avec anxiété le projet de nouveau règlement bio Européen en préparation pour 2022. Celui-ci obligerait les éleveurs bovins à conserver les animaux au pâturage jusqu’au dernier moment. Or, la phase finale d’engraissement est jusqu’à présent organisée en bâtiment pendant un maximum de trois mois afin de répondre aux exigences qualitatives de finition des carcasses demandée par les opérateurs de l’aval. Cette pratique courante a disparu du projet de nouveau règlement, ce qui soulève l’inquiétude des producteurs.
Viande bio
Rappelons que notre région, l’Occitanie, est la première productrice de viande bovine bio avec 1050 éleveurs labellisés dont 70 % nouvellement engagés dans la démarche depuis 2015. 24 abattoirs régionaux sont agréés pour traiter ces animaux aujourd’hui très demandés par les différents circuits de distribution. C’est donc toute une filière qui travaille dur pour se structurer et organiser la traçabilité et la qualité de cette viande, du producteur au consommateur. L’application de ce projet réglementaire Européen mettrait en péril toute cette organisation. On peut estimer que cette interdiction de finition en bâtiment entraînerait une sortie massive des éleveurs du label Bio et un impact dramatique sur les activités d’abattage, de découpe et de valorisation de ces viandes. Ce sera une perte de débouché majeure pour nos éleveurs mais aussi pour tous les producteurs de céréales bio destinées à l’alimentation de ces animaux.
Mobilisation professionnelle
Pour alerter les autorités, les responsables professionnels régionaux ont rencontré le directeur régional de l’alimentation, Florent Gulh, le 9 mars. Ils lui ont expliqué que cette mesure prise au niveau Européen aurait des conséquences désastreuses pour notre filière. Henri Bonnaud, représentant des éleveurs bio souligne « cette règle stupide serait un vrai coup dur pour notre filière, mettant en péril toutes ces années de travail pour structurer la filière. Il est consternant de voir que nos pratiques d’élevage pourtant respectueuses et durables ne sont pas prises en compte à Bruxelles. Nous faisons déjà face à de fortes contraintes sociétales et climatiques, alors ne fragilisons pas davantage nos élevages bio… »