Depuis 4 ans, le GDS a investi dans différents outils, pour réaliser des mesures simples directement sur les animaux afin d’apporter des réponses rapides à l’éleveur et lui permettre d’être réactif pour mettre en place des corrections.

Nous mesurons, par exemple, beaucoup d’animaux en hypoglycémies. Ceci est lié à un déficit énergétique de la ration, souvent lié à un manque de sucres rapides. Ces derniers sont normalement apportés par l’herbe ou les foins.
Des analyses complètes de fourrages réalisées cet automne dans plusieurs élevages du département montrent :

  • Un manque de sucre dans les fourrages
  • Des valeurs alimentaires variables
  • Des valeurs minérales (potasse, magnésium, phosphore) faibles
  • Des fourrages parfois riches en métaux lourds (aluminium, fer)

Suite à ce constat, nous avons choisi d’investir dans des outils pour mesurer les sols et les plantes et ainsi comprendre l’origine de ces différentes carences, qui peuvent être responsables de différents problèmes sanitaires ou de production.

1/ Quel est l’intérêt de mesurer le taux de sucre des plantes ?
Le taux de Brix est un indicateur de la concentration en sucres et en nutriments de la sève d’une plante. Il permet d’évaluer le fonctionnement photosynthétique, le niveau énergétique et la santé d’une plante.
Il est recommandé de faire les mesures en fin de matinée ou dans l’après-midi en période d’ensoleillement. En effet, en absence d’acticité photosynthétique, la plante ne produit pas de sucre.

Pour mesurer le brix, je prends une poignée d’herbe que je malaxe en faisant une petite boule dans les mains pendant une minute. On la met ensuite dans un presse ail, on récupère le jus d’herbe qu’on dépose sur le réfractomètre et on lit dans la lunette sur l’échelle de gauche, à la limite entre le bleu et le blanc.

Un taux de brix supérieur à 16 traduit un état de stress de la plante (sécheresse ou froid). Sur une première coupe, il faut faucher à brix égal à 14%.
Dans les fourrages conservés, un taux de sucre optimal permet une bonne conservation du fourrage. Cependant, on ne doit pas retrouver du sucre dans les analyses d’ensilage ou enrubannage car ces derniers doivent être consommés par la fermentation.

Pour optimiser les sucres dans les fourrages, il est important de :

  • Commencer à faucher en fin de matinée. Pour les luzernes, les faucher en fin de journée.
  • Implanter des espèces qui font des sucres : ray grass anglais, fétuque, pâturin. Le dactyle, par contre, est peu sucré.

2/ Les testeurs laquatwin
Ces testeurs nous permettent de mesurer le pH de la plante, sa conductivité, le taux de calcium, de potassium et de nitrates à partir du jus d’herbe. Ce sont des tests rapides que l’on peut directement faire dans les champs. Les résultats sont immédiats.
Par exemple, un pH bas d’un jus d’herbe traduit un déficit d’absorption en Calcium et magnésium. On sait qu’avec ce type de fourrage, il faudra faire une complémentation en calcium et Mg aux animaux qui les mangent. On sait aussi qu’avec ces valeurs de pH, les plantes sont plus sensibles aux attaques de champignons et mycotoxines. Inversement, lorsqu’on a un pH élevé, on sait que l’on a un déficit d’absorption en chlore, souffre et phosphore. Pour des animaux pâturant ou consommant ce fourrage, il faudra prévoir une complémentation en sel, protéine et phosphore.
On sait également qu’une plante carencée en potasse est incapable de gérer l’eau, elle sèchera très vite dès qu’il fait chaud.

3/ Mesures du ph et redox du sol
Cela permet de mesurer le ph du sol de manière simple et rapide et d’ainsi pouvoir raisonner ses amendements afin d’avoir un ph optimal pour la croissance et le développement des plantes.
Le redox lui nous permet de voir si le sol fonctionne correctement ou non.

Extrait d’un article : Potentiel d’oxydoréduction, pH, résistivité 

Un nouveau regard sur le fonctionnement des systèmes cultivés, Nov 2012, Olivier Husson, Cirad

Le pH optimal du sol pour la plupart des plantes cultivées se situe entre 6,5 et 7, et les conditions favorables à la croissance des plantes entre 5,5 et 8. Le potentiel d’oxydoréduction optimal est de l’ordre de 400 à 450 mV ; en dessous de 350 mV, la croissance des plantes diminue rapidement. La limite supérieure de Eh est difficile à déterminer, mais, à un pH de 6,5 à 7, un potentiel de 450 mV à 500 mV est défavorable, avec un risque de carence minérale, de toxicité des métaux lourds et de développement des pathogènes. Le sol « idéal » pour une culture donnée est un sol dans lequel l’efficacité énergétique est à son maximum, où les produits photosynthétiques peuvent être utilisés pour la croissance des plantes et des micro-organismes associés, et où la production végétale est optimisée. Dans ces conditions, Eh et pH se maintiennent à des niveaux favorables et le système est stable.

Le potentiel Redox « La vie est un petit courant électrique alimenté par le soleil » AGRONOMIE, ÉCOLOGIE ET INNOVATION. TCS N°99. SEPTEMBRE/OCTOBRE 2018 Sarah SINGLA, avec la collaboration d’Olivier HUSSON (Cirad)

« Pour faire simple, et ne pas partir dans des explications qui engendrent plus de questionnements que de réponses, toutes les techniques agricoles qui favorisent le non-retournement du sol, la couverture végétale vivante et la restitution de fortes biomasses au sol favorisent le développement d’une structure stable et de conditions d’oxydo-réduction équilibrées et ainsi la production d’aliments sains, riches en antioxydants et pleins d’énergie… À l’inverse, une faible couverture du sol, un sol nu et travaillé, une faible restitution de biomasse, les brûlis, engendrent oxydation et fortes fluctuations, très néfastes aux plantes. La plupart des pesticides sont également oxydants, ainsi que de nombreux engrais chimiques. »

Tous ces outils sont faciles d’utilisation, ils permettent d’avoir des résultats immédiatement afin d’être le plus réactif possible. Ils sont une aide précieuse pour raisonner ses amendements, la fertilisation des parcelles et ainsi optimiser sa production, sa qualité de fourrage et indirectement d’améliorer la santé de ses animaux.

N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations.
Charlotte BAYLE 06.25.76.26.12. et Emilie LAFFONT 06.25.76.26.42.