Le GDS en partenariat avec la Chambre d’Agriculture et Lot Conseil Elevage a organisé début avril 3 journées de formation avec Chantal Philippe de 5Mvet, sur la santé des sols, des plantes et des animaux.
Nous vous proposons un retour de ces journées en deux temps, avec dans ce numéro, la partie gestion de la prairie et la partie mesures pratiquées sur le sol dans le numéro suivant.

1/ Le sol

Il est important de réaliser des amendements pour maintenir au pH optimal à la vie du sol et des plantes.
En sol acide, comment choisir son carbonate ?
1/ S’assurer qu’il se dissout dans l’eau. Mettre du carbonate au fond d’un verre, rajouter de l’eau et regarder si les granulés fondent. Le carbonate doit être soluble dans l’eau pour se déliter facilement.
2/ Test à l’acide chlorhydrique. Tous les carbonates doivent réagir à l’acidité

2/ Quelles espèces implanter ?

Les plantes font 2 reproductions : une par les graines et une par tallage. Laisser monter les graminées en graines pour laisser une prairie se renouveler exige une dépense d’énergie très importante à la plante. La conséquence directe sera un épuisement de ses talles. Le tallage est donc recommandé apportant l’avantage de couvrir ses sols pour limiter l’impact du soleil et avoir une meilleure résistance à la sécheresse.

Exemple de mélanges à semer

Pour le pâturage 
Les espèces qui tallent sont à privilégier donc il faut prévoir une base de Ray-Grass Anglais.
La règle de base :
Prévoir au moins 3-4 graminées dans un mélange et respecter la proportion de 70% de graminées et 30% de légumineuses pour avoir un fourrage équilibré à l’auge.

Pour le foin 
Choisir des espèces qui se sèchent facilement. Par exemple, le Ray Grass hybride est difficile à sécher.

Les graminées sont appétantes pour les animaux. Les légumineuses ne sont jamais à l’équilibre comme les graminées. En général, elles ont beaucoup de MAT et peu de sucre. Aussi, dans une prairie, la qualité des graminées est primordiale.

Gestion des prairies

Ne pas attendre qu’il y ait des trous importants dans la parcelle pour faire des sursemis car il est déjà trop tard. L’effet du sursemis se perçoit 18-24 mois après.
La fertilisation après un sursemis doit être raisonnée : pas d’engrais, de lisier ou de fumier pendant 2 mois.
Quelles espèces à utiliser pour du sursemis : fétuque élevée, sainfoin ou brome. Leurs grosses graines sont un avantage.

3/ Les plantes indicatrices

  • Le pissenlit ne gêne pas, il montre qu’il y a des trous. Une présence importante traduit la nécessité d’intervenir sur la prairie.
  • Rumex : quand il y en a dans une parcelle, faucher normalement les 2 premières coupes et la troisième au périgé de la lune. C’est une plante de régulation d’un milieu, elle permet l’aération.
  • Rumex, chardon : plantes indicatrices de tassement des sols.
  • Plantain : plante à racine pivot, signe de compaction car elle est présente naturellement. Les animaux ne le mangent pas bien quand il est présent naturellement.

4/ Les méteils

Il faut semer à 180 kg/ha. Avec un ratio de 2-3 graminées (70%) et légumineuses (30%)
Exemple :
Epeautre 80-90 kg et pois fourrager 50 kg
Orge tardive : 36 kg
1 peu de blé : 36 kg

On ne met pas d’avoine dans le méteil car derrière on sèmera une prairie sous couvert d’avoine et ce n’est pas possible de faire avoine sur avoine. La féverole est déconseillée pour une récolte en vert car elle s’oxyde et n’est pas digestible pour les animaux. Pour une récolte en grain, le triticale et le seigle sont sensibles à l’ergot et sont donc déconseillés.
5/Comment récolter les fourrages pour préserver les valeurs alimentaires des foins ?
Pour sécher les foins, il faut regarder le niveau d’humidité de l’air mais aussi du sol. Je me mets à genou ou je m’assoie dans l’herbe et je regarde si je suis mouillée. Une humidité excessive rendra le séchage du foin au sol difficile.

Source : 5mVet
On fauche le 2e jour de beau temps pour que la plante contienne des sucres.
On fauche et on fane juste derrière. Tant que le foin est vert, on ne perd pas les feuilles. On perd les feuilles quand on andaine quand le foin est sec.
Si on fauche à 11h, il faut faner derrière la faucheuse, refaner l’après-midi et faire des andains de nuit le soir.

Exemple de chantier de fenaison
  • Jour 1 : fauche fin de matinée + fanage derrière la faucheuse
  • Jour 1 soir : je fais des andains de nuit
  • Jour 2 : Je refane et je mets en andain
  • Jour 3 : je presse et je fais des balles rondes.

Il est important de faucher haut (hauteur de la main), pour laisser à la plante ses réserves. La prairie repartira plus vite. De plus, on ne ramasse pas de terre et on use moins vite le matériel.