Une deuxième série de missions d’enquête est en cours sur tout le département pour constater les graves dégâts causés par le gel. Après les premiers constats de terrain effectués quelques semaines après l’épisode de gel, la profession agricole et la DDT réalisent actuellement de nouvelles estimations qui confirment des dégâts très importants. Arboriculture et viticulture sont extrêmement touchées.

Quercy blanc
La mission d’enquête composée des agents de la Direction Départementale du Territoire et de la Chambre d’Agriculture, a réalisé une tournée du Quercy Blanc le 18 juin. Elle s’est successivement rendue sur sept exploitations différentes en production fruitière et vigne pour faire une nouvelle estimation des dégâts liés au gel.
Concernant la vigne, deux exploitations ont été visitées. Laurent LUC (EARL LUC) à Montdoumerc et Emilien SIREJOL (GAEC de CAUQUELLE) à Flaugnac dressent un constat similaire avec des pertes estimées sur certaines parcelles à 70 %. En moyenne, la production pourrait être impactée entre 30 et 40 %.
La production de raisin de table est, elle aussi, touchée par ce gel d’une rare intensité. La délégation DDT-Chambre d’Agriculture s’est rendue sur l’exploitation de Jean-Pierre BORD à Saint Laurent LOLMIE. La parcelle expertisée présente un taux de perte supérieur à 70 %.
Chez Gilles DEVIERS et Xavier PRIVAT à St Cyprien, ce sont les abricotiers et les cerisiers qui ont subi les effets du gel. Les pertes varient de 70 % à 90 %.
Cette tournée s’est achevée par la visite de deux vergers de pruniers, à Montcuq chez Frédéric ANDRIEU et à Bagat chez Bernard VINCENT. L’évaluation de la première mission d’enquête dans le Quercy Blanc au mois de mai se confirme. Cette production est très durement touchée avec des niveaux de pertes rarement atteints . Plus de 80 % dans la plupart des secteurs visités et même 95 % de perte pour certaines parcelles.

Vallée du Lot et Vignoble de Cahors
La mission d’enquête s’est déroulée le 22 juin en visitant pas moins de 11 exploitations. Tout d’abord à Parnac où l’évaluation des dégâts réalisée pour l’EARL SOULAYRES confirme le constat établi fin avril-début mai : les pertes pour les pommes et autres fruits dépassent 50 %. Les parcelles de vignes visitées à proximité des vergers sont également très sévèrement touchées avec un niveau de pertes atteignant 80 %.
La délégation s’est ensuite rendue à Albas chez Serge BOUYSSOU et à Prayssac chez Jacques FROMENT : le constat est catastrophique. Des estimations à 5 ou 10 Hl/ha sur plusieurs parcelles montrent le caractère exceptionnel de cette gelée noire.
A Vire sur Lot au Domaine de Bénéjou et chez Sébastien BERNEDE, la situation est similaire. Les vignes ont souffert. Les pertes sont évaluées à plus de 70 %. Les Pruniers sont aussi très impactés avec des pertes de production s’élevant à plus de 80 %.
A Duravel, chez Valérie ROUSSILLE, la délégation poursuit sa mission en établissant à peu près le même constat.
La délégation a aussi observé au GAEC St BENOIT à Grézels des pertes très importantes dans un verger de noyers. Cette plantation (Fernor) de 8 ans devait produire à plein cette année ; la perte est de quasiment 100 %.
La suite de la mission s’est déroulée sur le plateau. Au Boulve chez Cyril DELMOULY, la parcelle visitée est plus impactée qu’en 2017. La machine à vendanger ne passera pas dans cette parcelle : « le coût de la récolte ne sera pas couvert par le peu de production évaluée ».
A Carnac Rouffiac, le constat n’a pas évolué depuis fin avril chez Laurent LAGARDE. Enfin à SAUZET, une partie de la commune a subi les conséquences du gel. Chez Jérôme CRIVELLARO, les pertes sur certaines parcelles atteignent plus de 70 %.

Procédure calamité agricole et autres dispositifs

Le rapport d’expertise établi à la suite de ces missions sera examiné en Comité Départemental d’Expertise fin juillet-début août. Le Comité National de Gestion des Risques en Agriculture se prononcera sur la demande de reconnaissance calamité fin septembre 2021. Les agriculteurs pourront donc déposer leur dossier de demande d’indemnisation en octobre pour un paiement de l’indemnité en fin d’année ou début 2022. Cette année à titre exceptionnel la viticulture, considérée comme assurable, pourra bénéficier du régime calamité agricole. Les viticulteurs assurés ou non pour perte de récolte pourront prétendre à une indemnisation du Fonds des calamités.

D’autres dispositifs d’accompagnement suite au gel du printemps sont déployés par le gouvernement.

  • le fonds d’urgence de l’État abondé par les collectivités qui va bénéficier à un peu plus de 200 exploitations pour 770 000 €. Les versements sont en cours.
  • le dégrèvement de la TFNB qui interviendra à l’automne
  • la prise en charge de cotisations MSA pour les exploitations spécialisées sera définie en fonction des taux de pertes validés par le Comité Départemental d’Expertise.

Nous reviendrons en détail sur ces mesures d’accompagnement dans un prochain numéro.