• septembre 23, 2022
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Un partenariat agriculteur – chasseur depuis 20 ans

Un partenariat agriculteur – chasseur depuis 20 ans

Favorables à la biodiversité, la faune sauvage, les petits gibiers et les pollinisateurs, ces jachères sont implantées avec succès depuis vingt ans sur le Lot

 

En 2001, un groupe d’agriculteurs du canton de Montcuq et deux techniciens de la Chambre d’agriculture et de la Fédération Départementale des Chasseurs du Lot rédigent le premier cahier des charges d’une action agri-environnementale dénommée « Jachère Faune Sauvage » (JFS) avec pour objectif, d’implanter sur des parcelles gelées au titre de la Politique Agricole Commune un couvert pérenne, adapté au Quercy Blanc, favorable à la faune sauvage et notamment aux petits gibiers, mais bien évidemment aussi à la biodiversité. En 2012, cet objectif sera élargi aux insectes pollinisateurs, et un partenariat sera engagé avec les associations d’apiculteurs (Ruche du Quercy et GDS abeille

 

Un cahier des charges adapté

 

Le cahier des charges initial a été conçu pour être facilement contractualisé avec le plus grand nombre d’agriculteurs. Sur le terrain, ce sont les conseillers agricoles de la Chambre d’agriculture qui ont assuré sa promotion lors des réunions cantonales PAC, le contrat avec l’agriculteur étant finalisé par le technicien de la Fédération des chasseurs. Les principaux éléments du cahier des charges sont :

• Semis d’un mélange herbacé« luzerne – trèfle blanc – fétuque ovine – ray-grass anglais », mélange pérenne, adapté aux sols du Quercy Blanc.

• Une période de non-fauche (20avril au 31 août), afin de préserver les espèces nichant au sol (perdrix rouge, caille, alouette des champs, lièvre…. mais aussi œdicnème criard), de favoriser la floraison, de recréer des habitats favorables aux besoins des pollinisateurs.

• Pas de produit phytosanitaire.

 

Des agriculteurs volontaires

 

Dès 2001, 17 agriculteurs contractualisent la mesure sur 117 ha. En 2004,la mesure est intégrée aux Contrats Territoriaux d’Exploitation (CTE, contrat individuel issu de la loi d’orientation agricole de 1999) et 108 agriculteurs contractualisent pour 674 ha. En 2008, alors que les CTE sont terminés et que les agriculteurs remettent en culture leurs parcelles, la Fédération des chasseurs décide de poursuivre l’action, en incitant les agriculteurs à préserver l’existant: 59 agriculteurs pour 262 ha reconduisent leur contrat. En 2012, les deux partenaires initiaux, Chambre d’agriculture et Fédération des chasseurs, décident d’élargir leur gamme de mélanges, en intégrant des plantes mellifères (sainfoin, lotier, phacélie…). 60 agriculteurs contractualisent pour 275 ha (voir photo). Aujourd’hui alors que le territoire initial a peu évolué (30 communes,53 000 ha, 40% en surface agricole utilisée), que les règles PAC ont souvent été modifiées, la mesure est toujours d’actualité, avec un cahier des charges quasi identique. En 2020, 44agriculteurs ont contractualisé pour 121 ha sur 109 parcelles.

 

Des programmes co-financés

 

L’agriculteur signataire du contrat bénéficie d’une indemnité apportée par la Fédération des chasseurs, soit l’équivalent de la prise en charge des graines spécifiques à semer. A compter de la 3e année, la Fédération octroie à l’agriculteur 50 € par hectare pour un entretien de la parcelle en « fauche tardive » (période de non-fauche 20 avril au 31 août). Cette mesure a été inscrite dans plusieurs programmes menés en partenariat avec la Chambre d’agriculture (Probior, Agrifaune), ou avec des mairies et des propriétaires fonciers (CIFF). Aujourd’hui, elle bénéficie de co-financements de l’Office Français de la Biodiversité, du Conseil Régional Occitanie, et de la Fédération Nationale des Chasseurs.

 

Source : Fédération Départementale des Chasseurs du Lot – service technique – Eric PUJOL Cet article a été rédigé dans le cadre de l’action« perdrix rouge » co-financée par l’Office Français de la Biodiversité et la Fédération Nationale des Chasseurs.