• octobre 17, 2022
  • Aucun Commentaire
  • 148

Jachère faune sauvage dans le Lot : Un partenariat agriculteur – chasseur depuis 20 ans

Jachère faune sauvage dans le Lot : Un partenariat agriculteur – chasseur depuis 20 ans

Favorables à la biodiversité, la faune sauvage, les petits gibiers et les pollinisateurs, ces jachères sont implantées avec succès depuis vingt ans sur le Lot.

 

Un impact significatif sur les oiseaux nichant au sol et sur les pollinisateurs.

 

De 2002 à 2021, afin d’évaluer l’intérêt des Jachères Faune Sauvage pour les oiseaux, le service technique de la Fédération des chasseurs a effectué un suivi avifaune, basé sur le protocole IPA (Indice Ponctuel d’Abondance). Un échantillon de 30 points (20 points représentatifs des milieux du Quercy Blanc et 10 points aménagés avec des JFS – secteurs bénéficiant d’un taux de recouvrement en JFS supérieur à 20%) a été défini.

Tous les oiseaux sont notés (observation et écoute au chant) et enregistrés lors des deux passages annuels (du 01 avril au 30 avril et 15 mai au 15 juin). Synthèse des données sur 20 ans de suivi sur les secteurs aménagés, en nombre de contacts :

  • 2,5 fois plus pour les espèces nichant au sol
  • 3,3 fois plus pour la perdrix rouge (voir photo 2)
  • 3 fois plus pour la caille des blés 2,2 fois plus pour l’alouette des champs

Le cahier des charges « jachère faune sauvage » était assez innovant en 2000 avec un couvert pérenne, mélange de graminées et de légumineuses, non gyrobroyé au printemps et en été. Au bout d’une dizaine d’années, la majorité des jachères faune sauvage présentent l’aspect de prairies naturelles très diversifiées. La valorisation de parcelles à faible rendement céréalier, un cahier des charges peu contraignant, des mélanges pérennes favorables à la petite faune et aux pollinisateurs, la possibilité de déclarer les parcelles à la PAC, en couvert mellifère et/ou en surface d’intérêt écologique ou de les inscrire dans des contrats spécifiques, sont les arguments qui reviennent le plus souvent chez les agriculteurs. Un ensemble d’éléments qui ont permis d’inscrire l’action dans la durée, et de pouvoir la positionner pour l’avenir dans les politiques d’aménagement du territoire telles que la trame verte , ou dans le contrat de restauration de biodiversité du Parc Naturel Régional des Causses du Quercy.

Perdrix rouge

Afin de valoriser ce travail de terrain, un grand nombre d’action de communication ont été réalisées. Cette action partenariale, favorable à l’environnement, à la biodiversité, à la petite faune sauvage et aux pollinisateurs, a permis aussi de garder un lien social positif entre agriculteurs et chasseurs, à l’opposé des tensions potentielles liées aux dégâts de gibiers.

Source : Fédération Départementale des Chasseurs du Lot – service technique – Eric PUJOLC et article a été rédigé dans le cadre de l’action« perdrix rouge » co-financée par l’Office Français de la Biodiversité et la Fédération Nationale des Chasseurs

 

Isabelle SALVADOR

« Exploitante en agriculture biologique,25 ha sur la commune de Le Roc »

« J’ai adhéré aux propositions portées conjointement par la Fédération des Chasseurs et la Chambre d’agriculture, car elles s’inscrivent dans une bonne démarche agronomique et favorisent la biodiversité, indispensable à l’activité agricole et apicole. Depuis 2016, sur l’exploitation, 3 parcelles de couverts mellifères (1,6 ha) ont été semées, une haie basse mellifère, à floraison étalée pour favoriser les pollinisateurs, a été plantée, et nous avons expérimenté la gestion différenciée de la luzerne en laissant 3 bandes de 1000m2 non récoltées lors de la dernière pousse, afin de favoriser la floraison et laisser ainsi un apport de nourriture aux abeilles avant l’hivernage des colonies. L’exploitation est également engagée dans l’Observatoire Agricole de la Biodiversité (OAB suivi des abeilles solitaires) sous coordination de la Chambre d’agriculture. Ces différentes actions apportent des zones favorables à la petite faune sauvage, une source d’alimentation pour les pollinisateurs et favorisent les auxiliaires aux cultures. Elles sont à développer car elles sont aussi très favorables aux passereaux. Elles ont également permis de valider un label et une certification Haute Valeur Environnementale de niveau 3 ».

agrifaune