• novembre 24, 2022
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La Quercynoise : Maintenir la dynamique malgré la grippe aviaire

La Quercynoise : Maintenir la dynamique malgré la grippe aviaire

Les dirigeants de la Quercynoise veulent maintenir la dynamique du groupement

Après une excellente année 2021, la Quercynoise a été touchée de plein fouet au printemps 2022 par l’épidémie d’influenza aviaire. Cette année est donc marquée par un ralentissement de l’activité, mais le groupement entend se projeter vers l’avenir grâce à la mobilisation de ses producteurs et de ses équipes.

 

Le choc de la grippe aviaire a percuté la production avec 28 sites dépeuplés principalement sur le Lot. 12500 canards en gavage et 156 000 canards en élevage ont du être euthanasiés ! 43 % des éleveurs et 62 % des gaveurs se sont retrouvés en zone de protection avec des mesures très contraignantes à respecter impérativement.

Au mois d’avril, deux semaines entières ont vu l’arrêt total des mouvements d’animaux avec la suspension des livraisons et des rentrées de canetons. L’abattoir de Gramat a du être mis à l’arrêt du 19 avril au 3 mai. Toute l’entreprise a été plongée en situation de crise aiguë et a du se mobiliser très fortement pour répondre à l’urgence des impératifs sanitaires et accompagner au mieux les producteurs.

Le président Gérard Lavinal a souligné le traumatisme profond vécu par les producteurs touchés par l’épidémie. Une rude épreuve partagée par l’équipe technique qui n’a pas ménagé sa peine et son investissement pour limiter les dégâts et répondre aux angoisses des éleveurs. Gérard Lavinal et tout son conseil d’administration ont remercié les uns et les autres en saluant leur réactivité et leur agilité qui ont permis de juguler l’épidémie en limitant ses effets.

Invité en visioconférence, le professeur de l’école vétérinaire de Toulouse, Jean Luc Guerin, a fait le point sur l’épidémie en soulignant que ce virus aviaire mute très souvent et est extrêmement virulent. Les oiseaux sauvages constituent son réservoir, tous les couloirs de migration étant impactés. Il touche désormais beaucoup d’espèces nouvelles dans le monde entier (oiseaux marins, vautours…), inquiétant vraiment les épidémiologistes ! Il soulignait la nécessité de maintenir toutes les mesures de biosécurité mais craignait leur insuffisance.

Il informait que les premiers essais des vaccins sur palmipèdes s’avèrent positifs mais que leur commercialisation n’arrivera au mieux que pour l’hiver 2023/2024.

 

De très nombreux adhérents, dont une forte proportion de jeunes, assistaient à cette assemblée générale

Adapter la production

L’année 2022 va donc être marquée par un net recul de la production, conséquence à la fois du dépeuplement et du manque de canetons suite à l’arrêt d’activité des accouveurs touchés par l’épidémie. En France, 80 % de la production de canetons a été détruite, ce qui entraîne une grave déstabilisation générale de toute le filière gras.

Pour faire face à ce contexte inédit, la Quercynoise a travaillé le vieillissement des mâles mais celui-ci génère d’importants surcoûts, notamment en aliments. Elle a également lancé l’engraissement des femelles qui représente 90 % des animaux au second semestre 2022.

Leurs foies sont certes un peu plus petits mais les résultats techniques sont bons. Elle prévoit aussi de produire 270 000 pékins sur l’année. Consciente qu’il faut absolument sécuriser l’approvisionnement en canetons, la Quercynoise a constitué un GIE avec les Canards d’Auzan et Terres du sud afin de construire un nouveau format d’approvisionnement.

Enfin, le groupement prévoit de faire agréer la totalité de ses adhérents dans la démarche PalmiGconfiance afin de justifier d’un haut niveau de biosécurité. Parallèlement, il continue sa diversification dans plusieurs directions, la production de miscanthus pour l’élevage, l’équipement des parcours en ombrières photovoltaïques, les bâtiments de poules pondeuses et l’élevage de pékins avec Axereal.

Sur le plan commercial, il entend rester présent sur tous les segments de vente pour maintenir le lien avec sa clientèle et montrer le sérieux de l’entreprise. Une volonté de se projeter vers l’avenir malgré le contexte difficile avec la flambée des charges et la menace de la grippe aviaire.