• juin 14, 2023
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Coopérative Alliance Forêt Bois : Adapter nos forêts aux nouveaux enjeux

Coopérative Alliance Forêt Bois : Adapter nos forêts aux nouveaux enjeux

Les participants ont visité une parcelle labellisée bas carbone

Réunis en assemblée générale le 31 mai, les adhérents de la section Quercy-Pyrénées de la coopérative AFB ont débattu sur les moyens d’adapter nos forêts aux grands enjeux de la filière, le changement climatique, la souveraineté Française en produits issus du bois et les investissements à réaliser.

 

L’assemblée est revenue sur le bilan d’activité de l’année 2022, notamment la terrible sécheresse et le traumatisme causé par les nombreux et graves feux de forêt. 60 000 ha sont partis en fumée sur toute la France, particulièrement sur le Massif des Landes qui a subi de gigantesques incendies. Le directeur de la coopérative, Stéphane Vieban, notait que les orages de grêle ont également détruit 20 000 ha sur le pays. Un impact dramatique sur nos massifs forestiers qui marque concrètement le changement climatique à l’œuvre. Au niveau économique, la conjoncture a heureusement été porteuse sur 2022 avec des prix intéressants, permettant à la coopérative d’afficher d’excellents résultats financiers. Mais elle s’est retournée depuis le début de l’année 2023 avec le ralentissement de l’activité économique, la baisse des constructions, de la pâte à papier… Il y a donc moins de demande en douglas, peuplier ou autres essences. Seule la demande en bois énergie continue d’être forte. Les responsables forestiers espèrent maintenant un sursaut au dernier trimestre 2023. La coopérative met tous les moyens pour accompagner ses adhérents dans les nécessaires adaptations.

L’assemblée générale se tenait à Saint Vincent Lespinasse dans le Tarn et Garonne

Perspectives 2023

Alliance Forêt Bois entend répondre à ces nouveaux enjeux par diverses initiatives. Elle a ainsi mis en place une caisse de mutualisation et de gestion des risques. Dotée de 1,5 millions d’euros, elle va permettre le financement de nouveaux projets stratégiques et opérationnels avec pour objectif de valoriser le travail réalisé par et pour les sylviculteurs. La coopérative a également contracté une assurance avec Pacifica pour prévenir les risques d’incendie. Ses adhérents ont déjà assuré 100 000ha mais cela reste insuffisant et elle encourage tous les propriétaires à prendre cette assurance. Elle poursuit aussi ses investissements en rachetant une société forestière dans l’Ariège. Le principal défi reste l’adaptation au changement climatique. Cela passera par la dynamisation de la gestion forestière, en particulier en forêt privée, pour éviter les accumulations. Il faudra proposer des cycles de production plus courts et adapter les espèces, en introduire de nouvelles et miser sur la création variétale. Un challenge possible grâce aux nouveaux financements publics de France Relance et France 2030. Sur le plan pratique, il conviendra également de développer la mécanisation des opérations de sylviculture afin de diminuer la pénibilité du travail tout en augmentant la sécurité. Cela devrait permettre de rendre ces métiers plus attractifs. Il faut aussi resserrer les liens entre la recherche et les opérateurs forestiers.

 

Dialoguer

Mais préparer la forêt de demain, c’est aussi répondre aux attentes parfois contradictoires des uns et et des autres, propriétaires, élus, grand public, médias. La coopérative a donc fixé trois grands axes complémentaires pour atteindre ces objectifs. d’abord informer des réalités pour porter les messages de la sylviculture actuelle. Ensuite dialoguer de manière ouverte et sincère sur le terrain en particulier avec les élus locaux et les organisations non gouvernementales. C’est enfin incarner la sylviculture avec la prise de parole des femmes et des hommes qui y travaillent. La direction de la coopérative rappelait également qu’elle propose toute une série de services à ses adhérents, une offre globale permettant de gérer durablement leurs forêts. Elle appuie la constitution des dossiers de demande d’aide pour investir dans le renouvellement forestier ( plans France relance, aides régionales, des collectivités, label bas carbone, plantons pour l’avenir…). Elle évalue les dégâts des parcelles sinistrées par les incendies ou la grêle, accompagne dans les déclarations aux assurances et propose des offres adaptées de récolte.

 

Visite de parcelle

Après l’assemblée générale, les participants ont été invités à aller visiter une parcelle replantée grâce au dispositif du label bas carbone. Sur 18ha de terres agricoles, ce propriétaire a monté avec l’appui de la coopérative un dossier de demande pour bénéficier du dispositif. Il permet de financer le projet de reboisement. La coopérative a fait agréer un GIEEF (groupement d’intérêt écologique et économique forestier) pour regrouper tous les propriétaires. Elle s’occupe de l’ingénierie et du montage du dossier. Les projets éligibles doivent concerner au moins 0,5 ha avec des taillis simples de feuillus ou bien des terres non forestières depuis dix ans (friches, pâtures…) ou encore des peuplements forestiers dégradés depuis moins de cinq ans (incendies, tempêtes, dépérissements…). Le financement est demandé à des investisseurs privés qui compensent leurs émissions de carbone par l’achat du carbone séquestré pendant trente ans sur ces parcelles reboisées. La coopérative possède des références chiffrées pour évaluer ces tonnes de carbone qui vont être séquestrées en fonction du lieu, des essences, du climat à venir… Il faut savoir que ce dispositif peut être très intéressant en finançant jusqu’à 80 % des travaux. Les essences sont choisies en concertation avec les propriétaires pour maximiser la résistance et la résilience du peuplement face aux risques sanitaires et climatiques. Le propriétaire bénéficie d’un document de gestion durable grâce au GIEEF. Ce dispositif complète donc les plans France relance et France2030. Les participants ont pu échanger avec les techniciens et comprendre le fonctionnement précis de cette formule.

Les arbres plantés vont séquestrer du carbone, le rachat par un investisseur privé finançant la plantation.