Les fortes pluies de fin janvier ont provoqué la crue exceptionnelle des cours d’eau qui sont sortis de leurs lits. Si de nombreuses cultures ont été noyées, c’est principalement sur les berges des rivières Lot et Dordogne qu’on constate les dégâts les plus importants, berges emportées, chemins détruits et équipements noyés.

Les années se suivent mais ne se ressemblent pas. Après un hiver 2019/2020 particulièrement sec, la météo a basculé dans l’excès inverse. La pluviométrie de cet hiver 2020/2021 reste d’une ampleur exceptionnelle avec des chutes d’eau représentant déjà le double d’une année moyenne. Conséquence immédiate, les sols gorgés d’eau ne peuvent plus absorber ce surplus et les inondations se multiplient.
Des dégâts aux cultures
Au niveau des cultures, ce sont surtout certains champs de céréales qui souffrent. Sur les terres les plus plates avec de forts taux d’argile, l’eau ne pénètre plus et ne s’écoule plus, stagnant en surface. Dès lors, l’asphyxie des plantes peut engendrer d’importants dégâts sur les rendements à venir. Leur niveau va dépendre directement du temps passé sous l’eau. Plus les cultures restent immergées, plus les plantes vont dépérir. Malheureusement, la météo de ce mois de février continue à être orientée à la pluie. Côté cultures pérennes, arbres fruitiers ou vigne, les dégâts sont moins visibles dans l’immédiat mais les parcelles noyées peuvent également en subir les conséquences. En arrêt végétatif au moment de la période hivernale, leurs racines sont au repos mais vont bientôt commencer à se réveiller à l’aube du printemps. Car les sols sont vivants et c’est toute la faune et la microfaune qui souffrent en silence. Saturés d’eau et asphyxiés par le manque d’oxygénation, ces sols peuvent se dégrader et générer des déséquilibres microbiologiques propices au développement de futures maladies. C’est donc la saison végétative 2021 qui pourrait en souffrir. Des conséquences et des dégâts qui ne se révéleront que l’été prochain.


Dégâts au foncier
Dans l’immédiat, les dégâts les plus visibles concernent les atteintes au foncier et aux équipements qui ont été touchés par ces crues. Ils se concentrent principalement sur les grandes vallées des rivières Lot et Dordogne. Ce sont des morceaux de berges qui ont été emportés, des champs grignotés par les eaux, d’autres noyés ou ravinés, des chemins d’accès détruits… Quelques équipements ont aussi souffert sur ces parcelles les plus exposées, serres, matériel de pompage pour l’irrigation, matériels agricoles… Bien que riverains des rivières et habitués aux crues, les agriculteurs concernés sont surpris par l’ampleur de cette montée des eaux 2021. Elle est l’une des plus importantes de ces vingt dernières années, juste après celle de 2003, qui reste dans toutes les mémoires comme un très mauvais souvenir. La décrue est maintenant l’occasion de constater les dégâts et chiffrer les réparations et investissements à renouveler. Le temps presse car le printemps va arriver et la nouvelle saison culturale également. Tous espèrent maintenant une météo plus clémente afin de faciliter la réparation de cette catastrophe.