Les prix des jeunes bovins restent dramatiquement bas alors que le marché s’est assaini ! La section bovine de la FDSEA ne décolère pas et son vice président Hervé Gauzin tempête « il n’y a toujours pas lieu de baisser les prix ! »

Pourquoi cette situation ?
Le contexte de marché est pourtant aujourd’hui équilibré, les exportations vers l’Italie sont stables, il n’y a pas de surstock et la demande du marché européen est là. La consommation est d’ailleurs satisfaisante. Alors pourquoi des prix aussi bas ? La section bovine voudrait comprendre et continue son travail de recherche en collaboration avec la FNB. Elle organise des rencontres avec les intermédiaires pour évaluer la situation et surtout retrouver des prix corrects.
Les cours des jeunes bovins français se stabilisent à des niveaux de prix bien inférieurs à ceux en vigueur en 2019 et 2018. Depuis le début de l’année 2020, le confinement et la fermeture des restaurants ont eu des effets marquants sur le marché du jeune bovin en Italie…. Malgré tout, les exportations de broutards français vers ce débouché majeur se sont maintenues. On constate donc que la crise sanitaire n’a pas affaibli les liens commerciaux. Elle les a peut être tendu mais la qualité très régulière des broutards expédiés vers l’Italie reste très appréciée. Fin décembre 2020, les faibles prix de vente des jeunes bovins sur le marché de Modène (Italie) ont pesé sur les cours des broutards exportés de France vers l’Italie. A la même période, les cours en classe U étaient inférieurs de 6 % à leurs niveaux de 2019 (- 5 % pour la classe R).
Enjeu fondamental
Rappelons que l’Italie est structurellement déficitaire en viande bovine, d’environ 2,5 milliards d’€ (Md€) par an. Car la viande bovine effectivement produite en Italie ne couvre que 53 % de sa consommation nationale en prenant en compte les jeunes bovins importés pour être engraissés. En 2019, la France a exporté en Italie plus des trois quarts de ses jeunes bovins (800 à 900 000 têtes par an) et 32 % de la viande (70 000 téc).  Avec 1,3 Md€, l’Italie représente donc 57 % des recettes à l’exportation de la filière Fançaise.
Surstock réduit
Sur notre pays, le marché du jeune bovin est assaini. Le surstock de 13 000 têtes encore constaté en novembre dernier est aujourd’hui réduit à 3 000 têtes. Moins concurrencée par les importations de carcasse (19 400 téc ; – 30 % en novembre 2020 par rapport à 2019), la filière de viande bovine française reconquiert progressivement le marché intérieur depuis la première période de confinement. Rien n’explique donc cette baisse persistante des cours, ce qui agace profondément les éleveurs Lotois.