Un peu d’histoire
Avant de revenir sur cette visite, il convient de rappeler le contexte historique de la place des femmes dans l’agriculture.
En effet, le terme « agricultrice » n’est apparu dans le Larousse qu’en 1961. Après la seconde Guerre Mondiale, le Général De Gaulle a récompensé le travail des femmes dans les fermes en leur accordant le statut de cultivatrice sur leur carte d’identité. Elles ne pourront être associées d’exploitation qu’à partir de 1973, mais ce statut ne sera pas promu.
En 1985, avec l’apparition de l’EARL, les femmes obtiennent une reconnaissance de leur activité au sein des exploitations car ce type de société civile permet aux conjoints de s’associer en individualisant les tâches et responsabilités.
Nouvelle évolution en 1999, où la loi orientation et de modernisation de l’agriculture pose le statut de « conjoint collaborateur » et permet ainsi aux agricultrices un accès à une protection sociale et à la retraite !
Enfin dernière évolution en date, la loi de modernisation agricole de juillet 2010 permet la constitution de GAEC entre conjoints (époux, pacsés, concubins) pour donner un statut juridique au travail du conjoint dans une exploitation agricole.
Pour rappel, une femme sur quatre est cheffe d’exploitation en France ! Pour le Lot, on comptabilise 3 769 exploitations agricoles avec 1 086 cheffes d’exploitation (soit 28,8 %).
Il convient aujourd’hui de s’interroger sur la place des femmes dans cette agriculture moderne. « Les Glaneuses » de Millet, les « semeuses » d’hier, qui sont-elles aujourd’hui ? Que représentent-elles ?
Retour sur la visite au GAEC de Lagarouste
C’est le 10 Mars dernier que Mme Hélène HARGITAI, sous-préfète de l’arrondissement de Gourdon s’est rendue au GAEC de Lagarouste à Ginouillac pour y rencontrer Elizabeth CARRAL et Sarah BONNET.
Cette visite s’est tenue dans le cadre de la journée des droits des femmes où il était notamment question de la place des femmes dans l’agriculture.
Au GAEC Lagarouste, cette exploitation familiale de 3 membres avec le père, la mère et la fille, la place des femmes est toute trouvée et ce depuis bien longtemps. Entre l’élevage ovin dont une partie est valorisée sous le label agneau fermier du Quercy, l’élevage de bovins laitiers dont une partie du lait est transformé à la ferme, les membres de ce GAEC ont su se développer au fil des ans.
L’arrivée dans le GAEC de Sarah a justement permis de développer la partie transformation laitière, elle a amené son savoir-faire appris durant ces études.
A l’occasion d cette visite, Elisabeth et Sarah ont pu échanger avec Madame la sous-Préfète et Madame Mahieu, déléguée à l’égalité femmes-hommes pour le département, sur leur place dans l’agriculture à travers leurs parcours, leur travail aujourd’hui, les difficultés rencontrées.
Elles ont notamment évoqué la véritable volonté de faire ce travail, de s’installer. La reconnaissance des femmes au sein des exploitations a aussi été abordée.
Les échanges ont également souligné la complémentarité entre les femmes et les hommes quant au travail physique sur les exploitations.
Au delà de tout cela, les femmes du GAEC de Lagarouste sont épanouies dans leur métier, elles le font avec envie, passion et cette autonomie et indépendance leur a permis aussi d’avoir un équilibre vie professionnelle vie personnelle précieux.
Les femmes agricultrices du Lot gagnent à être connues et reconnues !