La récolte des noix et des châtaignes touche à sa fin, bénéficiant cette année d’une météo favorable sur le mois d’octobre. Certains arbres ont souffert du gel de printemps puis de la météo très froide et humide préjudiciable à la fécondation. Les rendements s’avèrent donc très disparates allant du bon au catastrophique.

Noix
On aurait pu penser que la météo estivale 2021, tempérée et très arrosée, retarde la maturation des fruits à coque. Il n’en est rien puisque les noyers respectent finalement les dates moyennes de maturation. La récolte des noix bat son plein depuis début octobre et touche à sa fin. On peut l’expliquer par l’absence d’arrêt végétatif car il n’y a pas eu cet été de températures caniculaires susceptibles de bloquer l’activité des végétaux. Un été 2021 favorable tant au niveau des températures que de la pluviométrie qui a influencé la qualité des fruits. La saison commerciale a commencé mi septembre avec les noix fraîches. Mais les acheteurs traditionnels n’ont pas commandé les quantités habituelles, limitant considérablement leurs achats ! Les raisons restent à préciser. Le marché de la noix fraîche s’est donc avéré très compliqué cette année. Les ramassages de noix sèches ont ensuite montré toute l’hétérogénéité des rendements selon les terroirs. Rappelons que le potentiel de départ était particulièrement bon mais n’a pas pu s’exprimer à cause du terrible gel d’avril suivi par une météo froide et humide qui a provoqué beaucoup de coulure. On constate logiquement que certaines noyeraies donnent de bons rendements mais d’autres de très mauvais, notamment en vallée de la Dordogne particulièrement touchée par le gel. Entre ces deux extrêmes, il existe toutes les strates selon l’exposition, l’altitude ou la situation des parcelles qui ont plus ou moins subi la morsure du gel. Côté qualité, la météo estivale a favorisé le grossissement des noix et le calibre s’avère donc intéressant. Il y a nettement moins de petits calibres et de déchets que l’an dernier, ce qui constitue un point positif pour cette récolte 2021.
Marché favorable
Au niveau des prix, les producteurs sortent déçus de la saison 2020 qui a connu des tarifs vraiment faibles à cause des noix Américaines qui ont cassé les cours. Mais la conjoncture mondiale a beaucoup changé depuis un an. D’une part, la Californie annonce une récolte 2021 en nette baisse de l’ordre de 15 %. D’autre part, après 18 mois de crise sanitaire, la reprise économique mondiale a généré une énorme pénurie de matières premières et une flambée des prix du transport international. En conséquence, les opérateurs commerciaux Européens s’attendent à avoir moins de noix Américaines et à des prix rendus en Europe bien supérieurs à l’an dernier. Ceci devrait jouer mécaniquement en surenchérissant notre noix. Les prix des noix Françaises devraient donc logiquement être tirés à la hausse. Les producteurs attendent donc avec impatience les premières estimations en espérant pouvoir compter sur cette opportunité conjoncturelle.
Châtaignes
En châtaignes, le gel et le froid printanier ont également eu des conséquences très préjudiciables à la fécondation des fruits. On retrouve donc toutes les situations du bon au franchement catastrophique. Sur les vergers sinistrés, beaucoup de bogues sont à moitié pleines voire vides, occasionnant de faibles rendements. Certains vergers de la vallée de la Dordogne particulièrement touchés par ce sinistre ne récoltent quasiment rien ! A l’inverse, d’autres châtaigneraies peu affectées donnent des rendements exceptionnels. On retrouve donc le pire et le meilleur selon les terroirs et les expositions. Globalement, le volume total récolté sur le bassin de production devrait avoisiner une année moyenne. Côté prix, le marché est là mais il convient d’attendre l’installation de la consommation à partir du mois de novembre pour bien évaluer la situation. La qualité des fruits semble un peu meilleure que l’an dernier. Les professionnels ne sont donc pas pessimistes sur l’écoulement de cette récolte 2021.
Conservation des châtaignes un palox vraiment novateur
Récoltée en octobre, la châtaigne se consomme principalement à partir de novembre et décembre lors de l’arrivée de l’hiver. Les producteurs doivent donc les conserver au frais et éviter toute dégradation du fruit. A Molières, Jérôme Maury utilise ce nouveau palox mis au point par la société Française, Janny MT « notre GAEC de l’horizon cultive en bio 16 ha de châtaigniers et plusieurs autres productions, légumes, bourrache, canards, bovin, agneaux. Depuis 2009, nous avons planté des Marigoule et récoltons 10 à 15 tonnes par an. Nous les lavons, trions puis les mettons dans ces nouveaux palox hermétiques équipés de couvercles avec membranes spéciales. C’est un système d’aération contrôlée qui régule le pourcentage d’oxygène et de gaz carbonique. Cette concentration en gaz carbonique permet de les conserver fraîches et d’éviter toute moisissure. C’est très efficace et nous en sommes particulièrement satisfaits. Nos châtaignes restent intactes jusqu’à noël de façon totalement naturelle, sans aucun produit, ce qui est indispensable pour notre labellisation en bio. A noël, les prix de vente sont bien meilleurs. Nous réfléchissons maintenant à utiliser également ces palox pour conserver nos légumes ou autres fruits… »