A 80 ans, bon pied bon œil, Hubert Coste continue de fabriquer des paniers, corbeilles et autres objets en osier tressé. Un savoir-faire acquis dès son enfance, mis entre parenthèses durant sa carrière professionnelle puis repris de plus belle à sa retraite. Un passe-temps qui force l’admiration des connaisseurs.
Ancien agriculteur, éleveur de bovins lait et viande sur sa ferme familiale du haut Ségala, Hubert Coste y a passé toute sa vie avec son épouse et élevé trois enfants. Engagé dans sa commune où il fut conseiller municipal pendant vingt quatre ans, et militant syndical à la FDSEA dont il fut longtemps président communal et même cantonal, il est aujourd’hui membre de la section des anciens « je participe encore aux réunions et aux moments festifs comme le repas de fin d’année.
Je continue à suivre l’actualité de la profession, ses combats et ses avancées. Je me prépare d’ailleurs à voter pour nos représentants à la Chambre d’Agriculture car nous, les anciens exploitants, avons encore notre place dans cette institution. »
SAVOIR FAIRE FAMILIAL
Quand on lui demande d’où vient ce savoir-faire, il répond immédiatement « quand j’étais tout jeune, mon père tressait des paniers en osier et il m’a montré comment faire. Lorsque j’ai été agriculteur, je n’avais plus beaucoup de temps, mettant cette activité en sommeil mais je m’y suis vraiment remis en 1999 pour ma retraite. Certains s’ennuient, moi je m’occupe… »
Cette passion pour l’osier et la fabrication débouche alors très vite sur les compliments de son entourage qui admire la finition de ses réalisations. Cela le pousse à aller sur les marchés locaux vendre quelques paniers, mais aussi exposer dans différents lieux ou tresser dans les maisons de retraite du coin pour animer les après-midi des résidents « je me déplace sur demande et en fonction de mes disponibilités. Pendant longtemps, j’ai exposé à la fameuse foire aux paniers de Monsalvy dans la Cantal, une belle manifestation où l’on retrouve tous les amateurs du Massif Central… »
CONNAISSANCE ET APPLICATION
Mais cette activité n’est pas si simple qu’il n’y paraît et exige une connaissance des matériaux de base. Hubert Coste livre quelques secrets « cette fabrication nécessite trois matériaux : des tiges de châtaigniers pour former l’armature des paniers, des tiges d’osier pour les tresser et des tiges de noisetiers dont j’extraie l’écorce qui sert de lien. Il est très important de les choisir avec minutie pour avoir une bonne souplesse et éviter qu’elles cassent… ». Fin connaisseur de la nature, il sait où et quand prélever ces matériaux végétaux « il faut par exemple couper les tiges des noisetiers qui poussent sur les versants ombragés sur sols maigres afin de pouvoir décoller leur écorce après trempage dans l’eau. Pour les tiges de châtaigniers et d’osier, je les taille toujours en lune descendante, ce qui favorise leur souplesse… »
Mais il constate de plus en plus les effets délétères du réchauffement climatique « nous avons en été des coups de chaleur caniculaires qui crament l’écorce et la rend inutilisable ! J’essaie de planter des osiers dans les coins humides pour renouveler le matériau mais il faut trouver les bons endroits et ça devient difficile… »
Fier de son savoir-faire, témoignage vivant d’une région et d’une culture rurale ancestrale, il le met gracieusement à disposition de la section des anciens exploitants qui emporte un de ses paniers, garni des produits lotois, à chaque voyage de découverte afin de l’offrir à leurs hôtes locaux. Un geste apprécié pour son authenticité.