La coopérative Lipequ attend une récolte de noix moyenne. Malgré le gel du printemps, le volume global devrait être supérieur à l’an dernier avec des noix de meilleure qualité, notamment de beaux calibres.

Les adhérents de la coopérative Lipequ étaient réunis en assemblée générale le 27 août à Saint Aulaire, l’occasion de faire le bilan de la récolte 2020. La coopérative présidée par Charly Labrousse a vécu une saison difficile avec l’une des récoltes les plus mauvaises des quarante dernières années en qualité. Les taux de déchets ont été considérables, en moyenne 20 % en Marbot, 14% en Lara et 11 % en Franquette. Elle a dû casser 300 tonnes de noix, constituant un important manque à gagner pour les producteurs. Au final, elle a commercialisé 2600 tonnes de noix dont 265 tonnes en bio, un volume assez faible. Parallèlement, l’excellente récolte sur Grenoble ou en Californie ont généré une très forte pression à la baisse sur les prix. Un contexte contrarié qui a tiré les prix vers le bas. La coopérative a tenté de vendre sur les marchés les plus rémunérateurs, en France qui est redevenu son premier marché, puis à l’export vers l’Espagne, le Portugal et l’Italie. Elle n’a que peu de stock de report à la veille de cette nouvelle récolte.
Nouveau contexte
Pour 2021, la coopérative attend une récolte moyenne malgré le gel qui a surtout affecté la vallée de la Dordogne et alentours. L’été pluvieux et tempéré a favorisé les calibres, la qualité devant donc être meilleure que l’an dernier. La récolte sera tardive, pas avant mi septembre pour la noix fraîche et mi octobre pour la noix sèche. Les responsables voient cependant des signes positifs côté marché. La flambée des prix du fret pour la noix Californienne ou Chilienne (+ 300%), et la pénurie de containers suite à la crise sanitaire devraient renchérir les prix des noix Américaines. Et la demande mondiale ne faiblit pas. Ils espèrent donc une meilleure commercialisation de la récolte à venir.
S’adapter aux changements
Charly Labrousse, co-gérant de la Station expérimentale de Creysse, avait invité le personnel à venir présenter les travaux de recherche qui y sont menés. Il engageait la profession à soutenir cette station au rôle indispensable pour préparer l’adaptation de notre noyeraie au changement climatique et aux nouveaux ravageurs. Il se disait convaincu que les bouleversements à venir vont être majeurs et exigent une vraie solidarité de toute la filière noix pour trouver les bonnes solutions. De l’adaptation des variétés aux techniques de culture, c’est toute la panoplie des modes de production qui va évoluer. Et cela nécessite l’engagement de tous les producteurs pour assurer la pérennité de cette production emblématique de notre terroir.